PRÉAMBULE
150. La loi de l'ancien Testament, comme nous l'avons vu dans le livre premier, défend toutes les usures qui sont oppressives, mais non les autres; c'est-à-dire qu'elle proscrit toute usure à l'égard des pauvres, mais à l'égard des riches elle défend seulement celle qui est entachée de fraude ou d'excès. Au reste cette défense n'obhge les chrétiens qu'autant qu'elle est intimée par la loi naturelle ou renouvelée par la loi évangélique. Après un examen attentif, nous avons trouvé que ni les livres du nouveau Testament, ni la tradition primitive, ne renferment aucune loi spéciale sur l'usure. D'où il résulte que sur cette matière nous sommes réduits à consulter la loi naturelle , qui est dans son entier confirmée par l'Evangile ; puisque l'Evangile a été donné pour perfectionner la nature , et non pour la détruire ou la corrompre. Déjà dans le premier chapitre de cet ouvrage nous avons indiqué ce que la loi naturelle prescrit relativement à l'usure. Il nous reste maintenant à l'exposer d'une manière complète, en con-
sidérant le sujet dans toute son étendue, afin de mettre la vëritë dans tout son jour, et de faire disparaître toutes les difficultés.
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