‹ Discussion sur l'usureChapitre 31 sur 102 · Ainsi ceux qui pour justifier ou pour blâ · texte numérisé non relu

Ainsi ceux qui pour justifier ou pour blâ

mer le prix de l'usage de l'argent ont recouru géuéralement à la notion du contrat de société, sont sortis de la vraie route. Tous les raisonnemens qu'ils ont faits n'ont pu les conduire à aucune conclusion légitime.

Par exemple , on a dit que tout prix de l'usage de la monnaie est injuste, parce que ce prix fai»t partie des profits, et que celui quia part aux profits doit aussi avoir part aux pertes; que cependant celui qui donne l'argent n'est pas exposé aux pertes, puisque si l'argent vient à périr, il ne périt pas pour lui ; et s'il ne produit rien, cet inconvénient est pour celui qui l'a reçu, et non pour celui qui l'a donné.

Il est manifeste que celte objection provient de la notion du contrat de société, qui réellement n'a point lieu dans l'usage de l'argent cédé pour un prix convenable et proportionnel.

Secondement, le prix de l'usage se reçoit pour l'usage, pour l'usage que l'on applique de main en main et que nous pouvons appliquer dans le temps déterminé; ce prix n'est pas reçu pour ce qui résulte de l'usage, ou qui nous reste après l'usage, comme nous l'avons expliqué ailleurs (§ 251 ). Ainsi comme on ne reçoit rien qui fasse partie des profits proprement dits de l'usage , ou des profits qui résultent de l'usage et restent après l'usage, on voit disparaître la nécessité d'avoir part aux pertes, et par conséquent toutes les accusations d'injustice fondées sur cette prétendue nécessité.

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