‹ Discussion sur l'usureChapitre 37 sur 102 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

COWSID^RATION SUR LA MANIERE DE FIXER LE PRIX DE l'uSAGE DE LA MONNAIE.

381. Le prix commun de l'usage de l'argent ne marche pas de la même manière que le produit que l'on retire en or et en argent des biens fonds. Cela étant connu, on pourrait faire cette question : Quand on donne de l'argent avec hypothèque sur les terres, sur les maisons, comment faut-il taxer le produit de cet argent? Faut-il pro-

portionner ce produit à celui de la maison ou des terres sur lesquelles on place l'hypothèque ,• ou peut-on le fixer selon le prix que l'opinion publique donne à l'usage de l'argent?

Je répondrai que ce serait une conduite belle , louable, charitable, de proportionner le prix de l'usage de l'argent aux produits nets des maisons ou des terres hypothéquées. Car celui qui reçoit l'argent se trouvant grevé , ou moins riche à proportion de la somme reçue, verrait son revenu diminuer proportionnellement, et non au-delà. Par exemple, celui qui possédant des champs ou des maisons de la valeur de 10,000 avec un revenu de 300 prendrait de l'argent pour 5,000 , ce qui est la moitié du capital, verrait son revenu réduit à la moitié, ou à 150, et non au-dessous; ce qui ferait de la peine au débiteur ou du moins diminuerait son contentement.

Avec tout cela, l'argent comme signe universel de toutes les valeurs, représente en général les fonds d'un produit faible, ceux d'un produit moyen ou d'un produit élevé, comme aussi les objets des arts et du commerce. D'où il suit que le prix de l'usage de l'argent, par son caractère propre, acquiert selon les temps et les lieux un degré ou un taux moyen de valeur. Et il me paraît que l'on doit, ou du moins que l'on peut suivre ce taux ou celui qui en est le plus rapproché, quand on donne ou quand on reçoit de l'argent en l'hypothéquant sur des maisons ou sur des terres.

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