Celui qui reçoit l'argent en l'hypothéquant
sur des fonds d'un produit inférieur à celui do l'argent, doit réfléchir que l'iiypothèque n'est pas un achat, mais une garantie ; que l'on peut placer cet argent sur des fonds d'un produit beaucoup plus élevé, et que par conséquent il n'y a pas de raison qui nous oblige à mettre de niveau le produit de l'usage de l'argent et celui des fonds hypothéqués. J'ajoute que plus le prix de l'usage de l'argent s'élève, plus cet usage est recherché , plus il y a de facihté à l'employer et à en tirer profit, et dans ce cas les recherches de tel ou tel fonds diminuent, c'est-à-dire qu'on en voit baisser l'estime ou le prix.
383. Néanmoins le comte Carli, dans sa réponse au marquis Scipion Maffei, sur Y Emploi de V argent, penche vers l'opinion contraire, puisqu'il conclut ainsi dans un endroit de son ouvrage : « Je crois donc pouvoir assurer sans crainte de « me tromper qu'il ne faut jamais se régler d'après « l'intérêt de l'argent pour connaître la valeur des a fonds ou des terres, mais qu'au contraire il faut « se régler sur la valeur des fonds pour détermi- (.(. ner les limites de l'intérêt du prêt. »
384. Au reste, je répéterai que le prix de l'usage de l'argent parcourant aussi une certaine échelle de variations, les prix moyens ou les plus modérés seront toujours les plus convenables et les plus dignes de l'homme qui aime ses semblables. Cette modération facilite l'agriculture, les arts, le commerce, et par-là toutes les espèces d'industrie, et finalement la prospérité des peuples.