‹ Discussion sur l'usureChapitre 4 sur 102 · Cependant comme on él^ve des disputes sur · texte numérisé non relu

Cependant comme on él^ve des disputes sur

celle question, plutôt par habitude, ce me semble, que par une connaissance approfondie de la matière j comme on soutient ces disputes avec les textes de l'ancien et du nouveau Testament, et même avec des fantômes de droits naturels par le préjuge où l'on est que tout ce qui s'appelle usure provient d'une source empoisonnée, et renferme toujours un manque de charité , entraine toujours avec soi des torts, des injustices, des violences, sans qu'il y ait aucun moyen de faire disparaître ces inconvéniens , il sera à propos de traiter ce sujet avec étendue , de l'examiner attentivement avec le secours de l'ancien et du nouveau Testament , ce que nous ferons dans le premier livre ; ensuite avec les lumières du droit naturel , ce que nous ferons dans les deux livres suivans; dans le second, en écartant tous les termes de l'école, qui . ont embarrassé et obscurci cette question , et en considérant la chose en elle-même ; dans le troisième, en examinant la question avec les termes mêmes de l'école , afin qu'il ne reste aucune difficulté sur cette matière.

9. Nous aurons à parcourir une route longue et pénible; mais nous verrons, je l'espère, clairement sur combien de preuves diverses et solides est fondée la maxime établie ci-dessus que les usures prohibées sont les usures oppressives et lésives,et non les autres; ou, ce qui revient au même, que les usures sont prohibées, quand elles violent la charité ou la justice sous un rapport quelconque , et qu'ainsi toutes ne sont pas défendues , parce qu'elles ne violent pas toutes ces

deux vertus. Nous verrons aussi en son lieu^, si je ne me trompe , les difficultés tomber d'ellesmêmes, et laisser la vérilç dans la possession paisible de son domaine.

10. Des trois livres que j'écris, le second est proprement mon traité sur les usures. Le premier lui prépare la route, en démontrant qu'il n'y a aucune difficulté du coté des Ecritures, ni de la tradition. Le troisième est comme un nouveau traité écrit pour satisfaire ceux qui sont accoutumés à la méthode de l'école, et qui ne sauraient s'en passer, et pour faire connaître ce que les scolastiques ont produit sur cette matière; comment on y parvient à la même vérité, par un plus grand circuit, il est vrai, mais d'une manière toute aussi lumineuse, et avec l'avantage de faire voir d'où sont nées les illusions, et comment on peut s'en préserver pour toujours. C'est ainsi que les trois livres préparent , développent , complètent notre travail, en le présentant comme un tout, je dirais, de deux ouvrages en un seul.

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