Parmi les philosophes, pour faire dispa
{{)■ Ibidem. Ea cnim nobis et sempcr fuit et adhnc mens est, ut sententiam nostrani proponentes, hanc catenùs tueamur, quatenùs illî ex rationibus et auctoritatibus qnœ nos ad eam aniplectendam impulerant , satis roboris et firniitari. adesso dignoscatur.
raîlre la cause de toutes les dissidences, le remède iiiiman(|nable est de laissçr pour toujours de coté les mois de prêt et d'usure dans la discus. sion de la matière que nous Iraitons, et de chercher ce (ju'exigent les concessions de l'usage de choses données pour les besoins de la vie pendant un certain temps, et qui doivent être restituées par un équivalent de la même espèce, et ce qu'exigent les concessions de choses semblables quand il s'agit de procurer aux autres les aises et les agrémens de la vie. Par là nous éviterons tout l'inconvénient attaché à ces mots, qui plus on en fait usage, plus ils réveillent de doutes, et plus ils jettent le trouble et le dégoût dans tous les partis. Les premières concessions n'admettent aucun fruit, aucun intérêt, aucune compensation, aucun prix; les secondes admettent tout cela, pourvu qu'il n'y ait ni fraude, ni excès. Ce serait un trait extraordinaire de générosité de faire condonation de tout prix de l'usage. Mais cette conduite serait-elle utile ou nuisible à la société? Il est certain que l'opinion qui lui sert de fondement est propre à refroidir la bonne volonté de ceux qui sont dans le cas de prêter, à éteindre l'industriede ceux qui empruntent y si même elle ne tend pas à fomenter les mauvaises dispositions de ceux qui empruntent pour dissiper.
531. Après tonicela nous ferons observer que dans les concessions que l'on fait pour un certain temps pour les besoins de la vie, ou pour les aises et les agrémens, on considère surtout l'état des personnes, tandis que dans le système de l'é-
jcole on envisage plutôt les choses et leur nature, !c'est-à-dire qu'on examine si elles se consument ou ne se consument pas par l'usage. On en est venu à considérer la chose plus que la personne , sans faire attention que le prêt a été établi primitivement en faveur des personnes et pour les besoins de la vie. Et quand une fois on a eu abandonné la règle, on s'est nécessairement jeté dans les doutes et les incertitudes, on a disputé beaucoup sans aucun profit pour la vérité.
532. Telle étant la situation de la science, j'ai disposé jusqu'ici ce que j'ai dit dans ce livre de manière que si l'on considère les choses plus que Jes personnes, on trouve dans le chapitre pré- ; cèdent ce qu'il faut penser sur cette matière, et de manière qu'on trouve la même doctrine dans celui-ci si l'on envisage les personnes plutôt que les choses. Néanmoins chacun des deux chapitres, principalement le premier, renferme d'une manière suffisante ce qu'il y a de fondamental dans l'autre; tellement que, si nous ne voulons lire qu'un chapitre, la lecture d'un seul chapitre pourra nous satisfaire.