Pour dire nettement ce que je pense, je uc
37G trouve aucune injustice clans les trois contrats sépares ou rcunis (1). Et s'il s'agit de convaincre l'école, j'admets l'usage de cette preuve. Mais comme le domaine ne se transfère point dans le prêt, ainsi que nous l'avons démontré tant de fois ( §§ 288 , 289 , 300, 407 ) , la preuve tirée des trois contrats parce qu'ils ne transfèrent pas le domaine, est tout entière dans le prêt, sans qu'il soit besoin d'aller la chercher ailleurs, et par un si grand détour. C'est-à-dire que les trois contrats nous fournissent l'exemple d'un argument ad hominem^ ou d'un argument tiré des principes de l'adversaire : ils ne fournissent pas une autre preuve. Mais, quant au procédé logique, on fait ici avec le plus ce que l'on peut faire avec le moins; on décide avec eux la question , tandis qu'on peut la décider sans eux. 578. Et pour revenir à notre but : dans les trois contrats le premier de société suppose l'usage précieux de la monnaie, ou les substitutions à faire de la monnaie aux choses représentées et réciproquement, dont nous avons parlé tant de fois. Le second contrat suppose aussi cet usage précieux en supposant le premier contrat; et le troisième le suppose également conime il suppose les deux premiers contrats. Ainsi à quoi bon passer par ces trois contrats si toute la question se réduit au prix de l'usage, et si ce prix est supposé jusque
(1) Rossignol dit, dans son Traité de l'usure, p. 55 de l'édition de Turin 1 803 : La légitimité des trois contrats a pour elle le suffrage presque unanime de tous les doctei^^s du monde, selon le témoignage de l'auteur du dialogue de Bail et Pontas.
dans le premier contrat? Que l'on fasse voir ce prix comme nous l'avons fait voir dans le livre précédent; et nous conclurons la justice de l'intérêt de l'argent, et ces trois contrats, avec leur inutilité rentreront dans le néant où ils ont été ensevelis pendant tant de siècles.
579. Ici nous sommes astreints à la méthode de l'école, et nous raisonnons selon que le comporte cette méthode. Au reste dans le livre précédent , où la discussion procédait dans toute sa simplicité et d'une manière plus approfondie, on a vu que la dispute des trois contrats est toujours hors de saison ( § 417 ) , soit qu'on les admette, soit qu'on les rejette : tant est grande la vanité de nos raisonn€mens!