‹ Discussion sur l'usureChapitre 6 sur 102 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RÌFLEXIONS SUR LA LOI MOSAÏQUE C.ONCE»WATîT l'uSURE.

45. La loi que Dieu a donnée par l'organe de Moïse concernant l'usure, regarde toutes les usures en général, et défend sans exception toutes celles

(1) Ils allèrent jusqu'à appeler cette opinion errorem apertum etmerum comme ntum , Nicol. Broedersen, De usiiris licitis atque illicitis , pag. 376.

qui sont oppressives, tant à l'égard du pauvre que v du riche, soit juif, soit étranger, laissant les autres \ hors de la sphère de la prohibition. Or c'est là j précisément la doctrine de la loi naturelle sUr l'usure, comme nous l'avons observé dans le premier chapitre de ce livre , et comme nous le démontrerons dans le livre suivant. L'unique différence que l'on peut noter sur ce point entre ces deux lois est relative au pauvre. Car la loi naturelle proscrit absolument à l'égard du pauvre toute usure, qui, tout pesé et tout examiné, l'épuisé et l'accable; mais elle ne défend point l'usure dans le cas où le pauvre peut profiter de ce qu'il a reçu pour accroître son bien-être et faire un gain , même après avoir donné un intérêt léger à l'auteur de ses pro^ fits. Cette vérité entre d'elle-même dans l'esprit , s'y fixe et le persuade; il n'y a pas une ombre de raison pour la rejeter : la nature nous ayant réunis en société, pour procurer l'avantage les uns des autres avec une bienfaisance mutuelle, et non pour que l'un épuise et ruine l'autre par ses opérations, opérations dont la pensée seule révolte l'ame, et par conséquent opérations contraires à l'ordre et aux intentions de la nature. La loi mosaïque donne une plus grande extension à la bienveillance, et défend toute usure à l'égard du pauvre. Nous en sommes convenus (§ 15), non cependant sans quelque crainte de nous tromper, comme nous l'avons observé plusieurs fois : nous continuerons à accorder cet article avec la même réserve.

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