I.i cela vaut bien mieux ; car, au lieu du citoyen
, chaudronnier el refusant toute compétence en
taudronnerie au citoyen r.. mais forcé de recon-
ittre aveuglément et tête basse la compétence du
i B en législation, vous avez le citoyen A
examine et se ju ■■ lui même tant comme
laudronnier que comme législateur et qui ne
•ut pas craind ; re trompé p ir celui à qui,
ut l'hérédité, soit les circonstances, ont confié
s fonctions de législateur; <d en même temps
ne la différenciation nécessaire est parfaitement
conservée, en môme temps il y a, dans la façon dont elle l'est, gage et même condition d'harmonie et de concorde sociale.
D'un autre côté, remarquez encore que ce n'est pas la Démocratie qui est un obstacle à la différenciation, même d'homme à homme ; c'est l'aristocratie. L'aristocratie parque les individus dans des classes et par conséquent dans des fonctions toujours les mêmes. Elle fait des manières de « pétrification » sociales. De la sorte elle différencie les hommes en tant qu'organes sociaux : oui; mais elle les empêche de se différencier eux-mêmes, et par conséquent elle est une forte entrave à la différenciation vraie, à celle qui met chaque homme en sa droite place, comme disent les Anglais ; et c'est précisément l'égalité, l'absence de toute caste ou classe, cadre rigide, qui permet aux hommes de se différencier selon leurs aptitudes et par conséquent dune façon utile. Elle ne force pas, pour reprendre un instant la métaphore des naturalistes, celui qui est né pour être cellule du cerveau à être cellule du foie, et réciproquement. « De ce point di vue, dit spirituellement M. Bougie, l'opposition prétendue se résoudraiten adaptation, et, bien loin de s'avouer antiphysique, le mouvement démocratique se pourrait présenter comme une sorte de retour à la nature, délivré enlin du poids de tanl
'institutions isolatrices et prohibitives qui arrêtent le libre développement de ses puissances. »
- 1 1 ùs jolie volte.
Enfin, pour ce qui est de la concurrence vitale. oilàceque le sociologue peut répondre au naturiste. Il ne faut pas croire que la survivance lu< aptes, ce grand fort du darwinisme, d'al >it une loi parfaitement et irrésistiblement établie, isuite et surtout il ne Tant pas croire que la survimeedes plus aptes soit nécessairement la surviiniv ibs plus Torts. La survie a toutes sortes < le anin s'accomplir; elle est multiforme. Vous
oye/. les loups plus forts que les veaux. G . n'est pas une erreur. Cependant cela •ici encore des conditions de vie, des circons- Mettez les loups dans un enclos I'
che en pâturages, ils y périront ; mettez-y des
\m\, ils y prospéreront à merveille. Pouvait-on
Iffoirqueles COCbons noirs axaient m. [iu-
le merveilleuse .-m' les cochons blancs î i •aient une ; Ms avaient celle-ci que, transportés
iiii*. Ils devaient être presque insensible iction vénéneuse de tel végétal. Pouvait-on savoir ie les chevaux <l<" Sibérie, moins vigoureux que
- nôtres, axaient mit m\ im.- supériorité 1
aable, une garantie '!<' Bun ie i n - préi ieu lan axaient une. ils supportent la famine mi
que les occidentaux. Les animaux ont des moyens de survie les plus divers. Tels poissons se garantissent de leurs ennemis parce qu'ils peuvent nager très près du bord, et tels autres parce qu'ils peuvent plonger très profondément dans les mers. Ce n'est pas question de force, c'est question de manière. Des animaux se sauvent par leur faiblesse môme. Cuminfwmus tum potens sum. Certains carnassiers se sauvent en temps de disette en redevenant végétariens. Certains animaux obtiennent leur survivance par des régressions manifestes dans l'échelle des êtres. Les parasitaires perdent leurs pattes, leurs oreilles, leurs yeux. Ils rebroussent, cela est certain ; mais ils survivent.
Survie sera-t-il donc signe de supériorité et évolution sera-t-il synonyme de perfectionnement ? Non, évidemment. La survie, c'est la survie, simplement, obtenue par un moyen ou par un autre, sur quoi il n'y a ni règle générale à établir, ni surtout, sans doute, exemple à prendre. « Il est impossible, dans le système darwinien, de dire a priori et d'une manière universelle que telle forme est supérieure à une autre. » Plus précisément encore « le succès dans la lutte pour la vie n'est pas critérium de progrès, et les transformations provoquées par la concurrence ne sont pas toutes également heureuses ».
LA DÉMOCRATIE DEVANT LA SClEfl 127
larwinisme, que n i L-tu et qu'est-
c que de loi je puis tirer pour nous? Rien. Si je te suis pas sûr que la loi de concurrence appliquée l'humanité ou aune société rend plus forte ou 'humanité ou cette société, qu'ai-je affaire de la ,\ de concurrence ? Rien. Je la la armes si diverses, et dont je ne puis savoir lauelle je devrais imiter, là où elle est.
tcequeM. Bougie appelle « la limitation du Irwinisme ». Il le limite en ce in'il lui in-
tordit, comme à une loi confuse et indécise encore, urtout comme à une loi multiforme et partant ■applicable à nos errements, l'empire qu'il voulait ou pourrait vouloir usurper sur l'humanité n état social.
Il le limite encore d'une autre façon ou plutôt
en limite ou corrige la loi principale d'une autre
h-on. n tait remarquer que si la concurrence, la
itte pour la vie est une condition de progrès —
dmettons-le - l'association, et c'est-à-dire la fra-
irnité, et c'est-à-dire le contraire de la concur-
■ une ani re condition de pi
animal'', les plus sociables Bont celles qui
eni le plus, ou tout au moins ne - >nt p ia
Biles qui survivent le moins. Favorisant la Burvi-
.iiiiv il- et des faibles, la i eint
élimination et semaintient par le aombreau lieu
128 DISCUSSIONS POLTTIQl ES
de se maintenir par la force, le nombre étant une force lui aussi. Pour l'appeler de son vrai nom, la sociabilité est une civilisation. Fourmis, abeilles, castors, sont des animaux civilisés par opposition aux fauves, qui sont des sauvages. Voit-on qu'ils n'aient pas survécu ? Ils ont survécu plus que d'autres. La civilisation, contraire même de la concurrence vitale, est une garantie de survie.
N'en concluons rien de trop, tant il est vrai que la nature reste surtout le théâtre et le champ de la concurrence vitale et de la victoire de la force brutale ; mais concluons au moins que si la nature nous donne des exemples, elle nous en donne de très différents et que nous pouvons choisir ; et surtout que nous pouvons, en présence de la diversité de ses leçons, nous abstenir d'être ses disciples.
Ne serait-il pas temps de nous dérober un peu à ce maître qui nous a imposé, qui nous a éblouis, mais dont les préceptes ne sont ni très clairs, ni très coordonnés, ni invariables, ni très légitimement ni très facilement applicables à nous ? « Ce qui se dégage de plus net de notre recherche sur les leçons de la biologie, c'est l'extrême difficulté où est l'homme de laisser parler la nature pour enregistrer son conseil, la conseillère parlant plusieurs langues et variant ses réponses suivant les idées préconçues des enquêteurs ».
Et c'est ainsi que M. Bougie établit la faillite de ice, relativementàl'application de la science à la sociologie.
A privés à ce point, sous laconduite de M. 1 Jonglé, i|u»' dirons-nous, s'il vous plaît, qu'a fait M Bouius «liions qu'il n'a rien fait du tout, Car enfin, à travers toute cette enquête poursuivie par l'auteur avec tant de soins, une pensée nous revient sans i i l'esprit : « Que prouve M. l'.ou- Que la science ne condamne pas absolument la Démocratie. Soit. Mais prouve-t-il qu'elle la fonde ou seulement qu'elle l'approuve? Pas le moins du monde. Ce que dit M. Bougie continuellement peut se résumer ainsi: (( La Science n'esl ; antidémocratique qu'on pourrait le croire.» Fort bien; niais est-elle démocratique? Non. Mais alors, si la Science n'est pas démocratique, la Démocratie n'est pas scientifique.
Tour que la Démocratie fût SCientiqUO, il faml non seulement qu'elle ne lut pas contredite par la
Bcience, mais qu'elle tut fondée par elle.
Voilà l'objection continue, l'objection qui joue lo rôle de • titre courant • à la lecture du livre de M. Bougie.
ici que M. Bougie ôle le plus loyal
hommes. Cette objection, il dous laisse, en
riant SOUS e.ipe, l'numeent plaisir «le la faire peu-
Dll 11 hniiiv 9
130 DISCUSSIONS POLITIQUIÏS
dant deux cent cinquante pages, et puis après il la fait lui-même, tant il est sincère, et un peu aussi pour jouir de notre déconvenne. Parfaitement, nous dit-il, la Démocratie n'est point précisément contredite parla Science; mais elle n'est point du tout appuyée par elle. Non seulement je le reconnais, mais je le proclame. Rien dans la nature, absolument rien, n'enseigne aux hommes la Démocratie.
Oh ! mais alors, si la Démocratie n'est pas scientifique, qu'est-ce qu'elle est ? Elle est idéaliste ou elle est passionnelle. En tant qu'idéaliste, nous hésitons à la suivre, et en tant que passionnelle nous nous en défions. Le « beau rêve » ou la vilaine passion ne sont pas des titres à la créance des hommes. Beau rêve ou vilaine passion ont peu d'autorité ou devraient ne pas en avoir.
— Pardon vous répondra M. Bougie, la science naturelle n'est pas toute la Science, et de ce que les professeurs d'histoire naturelle ne nous enseignent pas la Démocratie, ce n'est pas une raison pour que d'autres ne nous l'enseignent pas et très scientifiquement. Rien ne dit que la sociologie doive nécessairement avoir ses racines ailleurs qu'en ellemême. Il peut y avoir une science à l'usage des hommes, qui soit humaine et non bestiale. « La méthode est sujette à caution qui consiste à transposer
I .ries appliquera notre histoire les lois dégagées de l'évolution animale. »
Ici M. liouglé est hardi. Il rompt avec Auguste Comte et toute son école. Il se refuse à réintégrer l'homme dans la nature ; il rehrousse jusqu'à la philosophie spiritualiste, qui jetait un abîme entre les hommes et les animaux et qui mettait
la nature » d'un côté et « l'homme » de haut i si tant est qu'elle ne les mit pas en opposition et antagonisme. Il rétahlit, distinct du régne minéral, du règne végétal et du règne animal, le « règne humain ». D'aucuns diront que c'est une régression et que M. liouglé rétrograde comme ces animaux qui fontleur évolution à rebours.
B n'est pas moi qui dirai cela, Dieu m'en -aide : Je reconnais là ce que j'ai relevé si souvent la
;essité, quand on veut sauver unedoctrine noble, d'envoyer promener l'histoire naturelle et i l'inté-
:i ion de l'homme dans la nature » ; je reconnais là la ai té du i séparatisme ». la nécessité de considère!- l'homme comme étant à part, tout à l'ail a part et ayant sa loi à lui.
D'autres ont refusé de réintégrer l'homme dans la nature, pour sauver la religion. Descartes reconnaît naïvement que s'il l'ail dv< animaux des automates , c'est qu'il y va de la religion, et «pie celle-ci est perdue si l'on croit que les animaux
ont une âme : « ... Car après l'erreur de ceux qui nient Dieu, laquelle je pense avoir ci-dessus assez réfutée, il n'y en a point qui éloigne plutôt les esprits faibles du droit chemin de la vertu que d'imaginer que les âmes des bêtes sont de même nature que la nôtre et que par conséquent nous n'avons rien à craindre ni à espérer après cette vie, non plus que les mouches et les fourmis : au lieu que lorsqu'on sait combien elles diffèrent, on comprend beaucoup mieux les raisons qui prouvent que la nôtre est d'une nature entièrement indépendante du corps et par conséquent qu'elle n'est point sujette à mourir avec lui ; puis, d'autant qu'on ne voit pas d'autres causes qui la détruisent, on est porté naturellement à juger de là qu'elle est immortelle. »
D'autres encore ont refusé de réintégrer l'homme dans la nature, pour sauver la morale, n'y ayant rien de plus difficile, ni même, si l'on me permet de parler ainsi, de plus impossible que de tirer une morale de la contemplation de la nature, qui est magistralement immorale, qui ne contient pas un atome de moralité et qui n'est qu'un champ de carnage où triomphe la force. Et donc disons franchement que la morale est chose tout humaine et que l'homme, non pas tire sa loi de la nature, mais tire de lui-même une loi qui est absolument anti-
naturelle, antiphysique, et au défi et en mépris de la nature ; et que la définition même de l'homme est d'être un animal surnaturel.
Kt enfin, venant à son tour. M liouglé, pour sauver la Démocratie, s'oppose à la réintégration de l'homme dans la nature et dit à son tour rl'hommo
-t -i prodigieusement différent des animaux qu'il peut se permettre d'avoir sa loi à lui et sa manière à lui d'organisation sociale et un aménagement national dont les animaux ne lui auront pas donné leçon et exemple.
Je ne suis pas, dira M. Houglé, pour le « splendide isolement » où le spiritualisme risquait de confiner l'humanité ; non ; mais cependant, « à quelles confusions aussi de pareilles réintégrations
>sent, c'est ce qu'on peut (1rs maintenant pn sentir, età voir les conséquences que quelques-uns en dégagent, il est permis de craindre que l'humanité, après avoir péché par excès d'orgueil, ne pèche aujourd'hui par excès de modestie, et qu'aoir oublié les ressemblances qui l'unissent
au inonde animal, elle ne méconnaisse maintenant
lissemblances non moins constantes qui l'en
trent. »
<>r ces différences eomtantet (certain) ïu-
sont énormes. L'homme esl un animal m< •
nicien [toolmaking^ Franklin). C'est un animal qui
se fait des organes infiniment plus forts que ceux • qu'il possède naturellement, en se servant des choses de la nature et des forces de la nature comme l'animal se sert de ses griffes et de ses dents. Par cela seul l'homme est un animal surnaturel, qui domine la nature au lieu de dépendre d'elle.
L'homme, remarquez encore ceci, est un animal qui ne lutte pas pour la vie — en voilà, je pense, une différence essentielle et incomparable ! — non, il ne lutte pas pour la vie ; ou, du moins, il ne lutte pas pour la vie seule ; il lutte pour ce qui fait à ses yeux le prix de la vie; en d'autres termes, il lutte pour la civilisation ; en d'autres termes, il lutte, et toujours de plus en plus, pour se séparer de la nature et pour la dépasser, et pour ne plus tenir à elle que par le lien le plus faible (indestructible du reste) et par le rapport le moins étroit.
Voilà un animal bien étrange! Eh bien, soit, n'allons pas plus loin, c'est un animal étrange. Il suffit, pour qu'on puisse dire qu'étant si particulier, il doit avoir et il est naturel qu'il ait une loi particulière et un modus vivendi particulier. Il est naturel que l'homme ne soit pas naturel. Le « conformément à la nature » ne peut s'entendre, quand il s'agit de lui, que de la façon suivante : « conformément à sa nature. »
< »n peut donc admettre que les dill'érences qui distinguent L'homme du reste de la nature l'emportant et devant de plus en plus l'emporter sur les ressemblances ou plutôt les analogies qu'il a avec elle, l'homme peut et pourra de plus en plus avoir une règle de vie individuelle et une règle de vie sociale plus différente de la loi naturelle que lui ressemblant; et qu'il dise ores et déjà: «Je vis selon ma loi et je fais mes excuses au reste de la nature de ne lui point ressembler, » il semble que ce soit de sa part une parole parfaitement légitime.
Fort bien ; mais dès lors cette loi sociale toute particulière, cette loi sociale tout humaine et exclusivement humaine, où l'homme la puisera-t-il bien? Où la prendra-t-il ? Dans l'étude de sa nature propre, évidemment. « Conformément à sa nature. » Eh bien! alors, pour la question particulière qui nous occupe, il ne nous reste plus qu'à nous demander si la Démocratie est conformée la nature
humaine.
Mais qui pourra nous dire cela? L'histoire, l'histoire seule. Car c'est l'histoire qui est l'enquête sur l'homme considéré comme vivant en société. Je ne crois pas qu'il y ait d'autre enquête possible que celle-ci. Interrogeons donc l'histoire pour savoir si l'homme est destiné par sa nature i vivre eo démocrate. Nous voilà sur le vrai terrain, sur le terrain
terme.
Oui ; mais il y a ceci à considérer, qui n'est pas sans une certaine importance relative, que sur la Démocratie l'histoire ne nous apprend littéralement rien du tout. La Démocratie est un fait nouveau. Tout le moyen âge et tous les temps modernes ont été soit monarchiques, soit aristocratiques, et quant aux républiques antiques, nous ne tomberons pas dans l'erreur des hommes de 1793, qui consistait à prendre les républiques antiques pour des démocraties. Les républiques anciennes : d'une part, ou étaient des aristocraties comme la République romaine; ou étaient, comme les républiques grecques, de toutes petites républiques municipales dont nous ne pouvons tirer aucune leçon ni aucun document; — d'autre part, étant toutes fondées sur l'esclavage, elles étaient, même les plus démocratiques en apparence, de pures et simples oligarchies dans la proportion de dix commandants pour cent sujets. La grande Démocratie moderne est donc un fait tout nouveau, qui n'a pas d'antécédents et qui, par conséquent, n'a pas d'exemple.
Donc, la Démocratie ne peut pas se fonder sur la Science ; — ne pouvant pas se fonder sur la Science, elle ne peut se fonder que sur l'histoire; — et l'histoire ne la fonde pas ;— donc elle n'est autorisée absolument par rien.
M. Bougie ne se dissimule pas qu'il est ainsi irriv»' à des conclusions négatives, ou sinon à des :onclusions négatives, du moins à des conclusions
rien de positif ne peut appuyer-. Il reste démorate, bien entendu, mais il reste tel parce qu'il lui liait de rester tel. Avec sa loyauté ordinaire et qui vrtimentquelquechose de généreuxet de magnalime, il l'avoue, ou, pour mieux dire, il le déclare
nettement : « Conclusions négatives encore, ira-t-on?/J est vrai que nous ri avons pas démontré
'tentent que les ià îalitaires sont justes, ni
'iv succès est certain.
Alors, dira-t-on à M. Bougie, pourquoi restezous démocrate ? Il ne peut répondre que deux hoses, dont il passe sous silence la première parce u'elle n'est pas assez scientifique, et dont il expose ommairement la seconde à la dernière page de on livre. Il ne peut répondre que : 1° « parce «pie ela me l'ait plaisir » ; '2" i parce que la Démocratie -t un fait, quoique nouveau, et un ! ut universel, h «pu a bien l'air de devenir- universel, el en tin un ut nécessaire, et j'ai prouvé ces trois punit- dans I6fl / ■- ■ ' jalitaires. i
El en effet, de ce qu'un t'ait est nouveau, H ne mi pas pour cela l'éliminer de l'histoire, n en tait
e, quoique nouveau en elle, et il n'y a pas lieu e lui opposer toute l'histoire parce qu'il y esl
dernier venu. Qu'illa contrarie, qu'elle le contrarie, tant pis pour elle; il existe, et un fait a sa légitimité en lui-même. Que toute l'histoire ait été aristocratique et que l'histoire contemporaine soit démocratique, cela ne prouve rien si ce n'est que nous vivons à une époque intéressante de l'histoire. La Démocratie existe ; c'est un fait ; j'adhère à ce fait ; il n'y a rien de déraisonnable à agir comme j'agis.
Sans doute ; mais s'il est vrai et parfaitement incontestable que la Démocratie soit un fait et d'autant plus frappant qu'il est un fait tout nouveau, ce qu'il faudrait démontrer ce sont les deux autres propositions, à savoir qu'il est un fait universel et qu'il est un fait nécessaire. Or c'est ce que M. Bougie croit avoir démontré dans les Idées égalitaires et ce qu'il n'a pas démontré, à mon avis, d'une manière irréfragable. La Démocratie n'est nullement un fait universel sur la planète à l'heure où nous écrivons, et qu'elle soit un fait nécessaire c'est non seulement ce qui n'est pas démontré, mais ce qui me parait indémontrable. M. Bougie parle d'une « nécessité interne des idées égalitaires qui les impose aux esprits dans notre civilisation ». Je ne sais pas du tout, même après avoir relu les Idées égalitaires de M. Bougie, ce que c'est qu'une nécessité interne. Ce ne peut être qu'une suggestion;