‹ Discussions politiquesChapitre 23 sur 49 · JEAN-JACQUES ROUSSEAU SCOLAIRE · texte numérisé non relu

JEAN-JACQUES ROUSSEAU SCOLAIRE

liberté, c'est l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite. C'est absolument vrai de l'individu, n'est- ' La liberté n'est pas dans le caprice et d. intaisie suivie en aveugle. Cette liberté-là ;elled'un fou. La liberté vraie consiste à ne recevoir sa loi de personne, à se faire sa loi à soi-même ît ensuite à obéira la loi que l'on s'est faite, et iniquement à la loi que l'on s'est faite. Vous m'accordez cela, n'est-ce pas?

— Certes 1

— Eli bien, il en va de même — oh ! comme c'est simple ! — d'un individu et d'une société. La li- )erté pour une nation consistera à obéira la volonté le la majorité, mais seulement à la volonté de la Majorité, et à lui obéir servilement, mais à n'obéir pi'a cela. La loi que l'on s'est laite, lui obéir, C

a liberté.

— Mai- ce que la majorité a commandé, ce n moi qui me le sms commandé et par corn

nient je n'obéis pas à la loi que je rm suis faite, et loue je n.- suis pas libre.

— Pardon! Sur cette loi d'au jnurd hui vous

>as d'accord avec la majorité, sansdoul

ivez toujours voulu et voua voulez en-

que la majorité fasse loi. Eh bien, la majorité

■n Faisant une loi contraire à votre volonté exécute

ocore votre volonté générale qui est que la majo-

rite fasse loi. Donc, tout en contrariant votre volonté particulière, elle réalise votre volonté générale. Donc cette loi, dont vous ne voulez pas, est encore fondamentalement une loi que vous voulez. Donc vous n'obéissez qu'à une loi que vous avez faite vous-même. Donc vous êtes libre ! Ce qu'il fallait démontrer. — Le libéralisme, tout le libéralisme est sauf; il est intact, comme il est intangible, et il se porte le mieux du monde.

Une supposition, tirée du Contrat social, du reste. Parce que vous avez juré de croire en Dieu et parce que, après avoir juré de croire en Dieu, vous montrez par vos actes que vous n'y croyez pas du tout, je vous « punis de mort ». Évidemment vous n'avez pas voté votre décapitation ; vous n'avez jamais voulu être tué. Non, peut-être, vous ne l'avez pas voulu particulièrement; mais vous lavez voulu généralement; c'est absolument incontestable. Vous avez voulu que la majorité fit la loi ; cette majorité a fait une loi qui vous tue ; donc, en principe, vous avez voulu être tué. Et en vous tuant, remarquez, je vous obéis ; j'accomplis votre volonté. Distinguez la volonté et le désir. En vous tuant je vais peut-être contre votre désir ; mais j'exécute votre volonté. En dernière analyse et en logique rigoureuse, vous êtes tué parce que vous

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