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LA FRANGE ET GUILLAUME II

If. Victor Bérard est un esprit très distin irieux, très meublé et aourri, rempli de faits, empli aussi d'imagination et doué d'une singui ivacité el promptitude à la pe énérale.

fès( M. Bérard qui a écrit ce bel ouvrage en deux Élûmes : les Phéniciens et VOdy duisant,

i précieux, si entraînant et qui était d'une érudiion à la fois fui idée et aventureus

II. Victor Bérard doit être du Midi. Il est plein I fougue ; il est plein d'esprit, il i et de

empa en temps il est moins sensé ; il est charmant i inquiétant. Tout compte rait, il est bieo quel-

|n'iiu.

Il vient il<i taire, avec un certain nombre d'aricles qui avaient paru dans la Hevw d< Pari$} an

volume de diplomatie et de politique générale intitulé : La France et Guillaume II.

La majeure partie de ce volume est un éloge continu de la politique de M. Delcassé, de cette politique qui consistait à attirera la France, par des concessions et largesses plus ou moins grandes, plus ou moins graves, autant d'alliés que possible, sûrs ou peu sûrs, et à isoler ainsi l'Allemagne.

Cette politique, qui est certainement en son fond la vraie politique de la France, mais qui est bonne ou mauvaise et périlleuse, selon le plus ou moins de prudence, d'adresse et d'intelligence avec quoi on la fait, semble avoir été abandonnée ; mais il se peut qu'elle soit reprise un jour ou l'autre et qu'elle nous amène, selon le génie de celui qui la pratiquera, soit à nous faire très forts en face de l'Allemagne, soit à nous dépouiller de beaucoup d'avantages au profit de faux amis en nous laissant unpeu plus faibles que devant, en face d'une Allemagne irritée.

En général, je suis plutôt pour la politique qui consiste simplement à être fort ; fort par le patriotisme ; fort par la concorde intérieure et l'élimination de tout ce qui irrite les différentes parties de la nation les unes contre les autres ; fort par une administration économique et serrée, éliminant tout favoritisme et tout gaspillage; fort par une

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armée considérable et disciplinée à qui l'on ne demande rien que de faire hnémentson mé-

tier etqui soit toujours prête. Et j'estime que, dans ces conditions : 4° on n'aurait pas besoin d'aile 2° les alliés viendraient tout seuls.

Mais, du reste, je n'ai rien à dire contre la politique générale de M. Victor Bérard. Elle vaudra ce que vaudront ceux qui se chargeront de la ta

Pour entrer dans le détail, — et c'est par le détail et les menus faits significatifs el caractéristiques que vaut infiniment le travail de M. Bérard, — je relève, de-ci et de-la, des choses que l'on sait peu et qu'il faut savoir gré à M. Bérard de nous (aire connaître.

Opinion d'un consul de France en Angleterre et opinion d'un Anglais sur le travail traînais en de luxe. Le consul français :

i Comme notre agriculture, notre industrie doit plus fructueuses affaires à dos femmes, à l'art de nos ouvrières. Vêtement, lingerie, chapeaux... Le temps n'est plus où Taine remarquait le peu de temps el de soins que l'Anglaise accordait parure. Nos grands couturiers onl des succursales à Londres. Les catalogues en anglais du B V/,-ehé circulent dans tout le Royaume-1 ni. C'est à l'incomparable ouvrière française que va et qu'ira de plus en plus la dtme des bénéfices anglais dans

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le monde ; les pays anglo-saxons deviennent nos meilleurs clients pour le vêtement féminin. Plus l'Angleterre s'enrichit et plus elle recourt au travail de nos femmes, parce que les siennes grandissent en nonchalance et snobisme. Alors que la vaillante et industrieuse Française est presque toujours la collaboratrice de son mari dans les affaires et souvent l'âme de la maison, l'Anglaise n'est jamais qu'un poids mort ou un conseiller fâcheux. — « Si nous avions vos femmes, me disait un Anglais très versé dans notre commerce, nous serions en affaires le premier peuple du monde. » Et il ajoutait, sans même sourire : « Nous le sommes malgré tout, parce que vos femmes ont leurs maris. Rien ne paralyse autant l'expansion de vos affaires que ce mari de votre petite bourgeoise, paresseux par vanité, rapace par ignorance, féroce par sottise... »

Ceci est d'un Anglais. Ni M. Bérard ni moine sommes responsables.

Très bonne observation encore, malgré telle réserve que je pourrai faire à son propos, sur la discordance persistante qui règne en France entre l'instruction publique et le but de toute instruction :

« Les efforts heureux de notre enseignement pi i maire et de notre enseignement supérieur trans-

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