L \ FRANGE ET GUILLAUME II
forment, ont transforme déjà, dans notre an du travail, la masse <l"s soldats et le? du
grand état-major. Reste L'enseignement second qui devrait fournir au travail national ses officiers lires et qui malheureusement ne les fournit pas encore. Faute de eus officiers, toute l'organisation périclite Le contact n'exisl entre l'état- major et les troupes. Entre le peuple qui travaille et L'élite qui travaille encore plus L'enseignement secondaire forme la boi ie à
tre-pied du rôle qu'elle devrait tenir... Au cours de l'enquête de notre parlement sur cet en-
uement secondaire, chaque fois qu'un témoin intern lyail de parler chiffres et intérêts
matériels, il fallait, dans celle réunion d'avocats,
entendre le- cris de la majorité : l Kt la culture
. Monsieur, qu'est-ce que vous en
faiti La culture désintéi i toujours
de comprendre cette étrange alliance de
mots. .. Je n'ai vu cultiver la vigne que pour avoir
raisins et les parterres que pour avoir Heurs .. Je dois reconnaître une f&chei ité,
i que notre enseignement secondaire et la bourqu'il prétend cultiver, se désintéressent, en t, de notre travail national, et que toute là nation en souffre grandement. Les effets directs en treu\ et le indirects pires encore :
212 DISCUSSIONS POLITTOrES
en bien des rencontres, rien ne contribue autant que cette instruction déplorable à doter les Françaises de ces maris dont mon Anglais nous parlait tout à l'heure. »
Ai-je besoin de dire que je reconnais qu'il y a beaucoup de vérité, et beaucoup trop, dans cette page satirique de M. Bérard ? C'est toujours le mot si vrai de Dionys Ordinaire, alors professeur d'enseignement secondaire et s'écriant :
Expliquer les Métels, les Pauls et les Fabrices A d honnêtes garçons qui vendront des épices I
...et qui, à cause de cela, les vendront mal.
Seulement, il faut s'entendre. Il n'y a pas, en raison il ne doit pas y avoir, d'enseignement secondaire. Il n'y a qu'un enseignement primaire et un enseignement supérieur.
L'enseignement primaire est à deux degrés : l'enseignement primaire proprement dit enseigne à lire, à écrire, à compter ; il forme les soldats de l'armée du travail dont parle M . Bérard ; — l'enseignement primaire supérieur apprend de l'histoire, des mathématiques, de ia géométrie, de la mécanique, etc., et il forme les officiers intermédiaires (contremaîtres, chefs d'ateliers, commerçants intelligents) dont parle M. Bérard ; c'est lui qui les forme.
LA I RANCE l.i «.I ILLAUME 11 -l'1
V ieur (École polytechniqi
e normale, École centra im)
forme les ofiiciers supérieurs. Bien.
Et I lent dit secondaire ? L'enseigne-
ment dit secondaire est un enseignement d supérieur ; il fait partie d
ir, en tant qu'il y prépare et qu'il ne doit fon
i.v qui t qui sont de taille
parvenir. C'est un :iement supérieur
premier d> première inst
titre d'enseignement supérieur
•. il doit exister. Il faut n'y ment que ceux qui doivent i ement
supérieur : le faire très r treint et ti
t le /'. (]. .V. de tout l'enseignement supérieur, ioit être rien de moii Dès lors l'objection relative à la fameuse culture : i tomtx L'enseignement donné dai gnement supérieur prép irae devrait être son nom) n'est nullement Il cultive la treille pour a? :
n- ; il est tout a fait rationnel et ;
Même quand il est littéraire ' Même quand il 1 1 1 1 • ii de un fui <>u
un futur homme de lettres, n'oul tion littéraire est une p ut:
du travail national. Et même encore s'il s'agit de former un futur polytechnicien ; car c'est une chose reconnue par les maîtres « scientifiques » que les meilleurs « scientifiques » sont ceux qui ont été débrouillés d'abord par la culture littéraire.
Voilà ce que c'est que l'enseignement secondaire, très mal nommé du reste.
— Mais il faudrait, à ce compte, que, numériquement, il t'ùt énormément réduit !
— C'est ce que j'ai accordé et c'est même ce que je demande !
Je reprocherai à M. Bérard quelques contradictions que je ne relèverais nullement, certes, si elles n'étaient révélatrices de quelques incertitudes de pensée. Il ne sait guère, ce me semble, ce qu'il faut augurer du peuple allemand, puisqu'il le peint tantôt comme pénétré du plus complet servilisme et tantôt comme capable de révoltes énormes et destructrices de l'Empire.
Page 179 : « On ne saurait assez compter sur la discipline foncière qui fait de tout Allemand un soldat de l'Empereur. Croire que du Rhin à la Vistule, il se trouve aujourd'hui ou il se trouvera demain un seul opposant aux décisions de Guillaume II (j 'entends un opposant véritable, capable de passer à l'acte), serait une illusion dangereuse.
I 1 I H kNCB l.i '.i [LLAI ME H - 1 •'
Quoi que décide l'Empereur, l'Allemagne admire et ratifie. »
Page 273 : « Ce n'est pas au dehors seulement
que la politique bismarkienne sent fléchir son
ouvrage : il semble qu'en Allemagne aussi la
faillite de l'absolutisme prussien soit possible. Il
y a six mois écrit en 1906 , M. Bebel prononçait
au Reicfa rave parole qu'après tout
l'unité de l'Allemagne ni la grandeur de l'Empire
allemand n'est liée à la dynastie des lloben/.ollern.
Nous savons aussi bien que M. de l'mlow qu'une
hirondelle ne fait pas le printemps. Mais depuis
mois combien d'autres hirondelles semblent
er le renouveau d'une Allemagne que nos
es ont connue, moins idolâtre de la force, moins
courtisane des puissants . irrespectueuse et rétive
aux caprices de ses malt] vmpatbnpie aux
idées el aux souffrances d'autruil La presse la plus bourgeoise... reprend un lac [ue depuis
trente ans elle semblait avoir oublié. Des mots, des
mots sans dont»' ; mais on Bail le penchant qu'eut
toujours l'Allemagne à l'imitation du voisin el la brusque contagion de nos journéei révolutionnaires mit ce peuple aSSOUpi dans le culte du
Voyons I moi qui ne demande qu'à m'instruira, me voilà bien r< i si ce la page 1 79 que
je dois croire ou la page 273 ? Je pense bien que c'est la 179 qui a raison, et il me semble bien que les dernières élections allemandes l'estampillent magistralement et donnent un cruel démenti à la 273 ; mais enfin, surtout, je voudrais être renseigné précisément, et je le suis trop de deux façons un peu divergentes.
Je ne puis me tenir aussi de faire quelque chicane à M. Bérard sur l'emploi de clichés oratoires et déclamatoires que je m'étonne qu'un homme si informé et si averti que M. Bérard accueille, comme par une sorte de nonchalance. M. Bérard nous dit tranquillement que « tôt ou tard, par le jeu des lois et des forces naturelles, une Allemagne démocratique remplacera le despotisme d'aujourd'hui ». Non 1 mais vraiment qu'en sait-il, et quel est ce jeu des lois et des forces naturelles? Pourquoi est-il si certain que la démocratie attend tous les peuples ?Et même à accepter ceci comme une loi, pourquoi une démocratie allemande, contrairement à ce que sont d'ordinaire les démocraties, serait-elle antidespotique et libérale ! Cliché, le « jeu des lois et des forces ». Un homme sérieux ne s'en sert plus.
Un autre cliché trop cher à M. Bérard est celui delà « force du droit ». Si M. Bérard, avec raison du reste, ne sait pas ce que c'est que « culture