‹ Discussions politiquesChapitre 39 sur 49 · i m a à nouveau de faire une religion · texte numérisé non relu

i m a à nouveau de faire une religion

catholique d it.it ; on a essayé de nouveau de p

sécuter, soit l'Église qui s'est constituée en dehors de l'Etat, soit même l'Église d'État quand elle n'était pas assez gouvernementale ; on enarrivera, si l'on a le sens commun, si l'on est aussi sensé que le vénérable Cambon et que les Conventionnels de 1794 (un peu lassés, il faut bien le dire, mais une certaine lassitude entre dans la composition du bon sens lorsqu'elle estime forme de l'expérience), on en arrivera à accepter de part et d'autre la séparation des Églises d'avec l'État.

Toujours est-il que comme vue d'ensemble sur la période 4789-4794, la dissertation de M. Champion me paraît presque inattaquable. Il insiste d'abord très fortement, parce qu'il a lu les Cahiers de 4789, sur ce fait incontestable, que la France de 1789 était profondément catholique et ne voulait pas autre chose que le maintien de la religion catholique comme religion d'État (avec, seulement, quelques mesures de tolérance à l'égard des noncatholiques). Là-dessus, quoi qu'en ait dit Quinet, qui invoquait les Cahiers, mais qui ne les avait pas lus, parce qu'il était peu lecteur et éminemment invocateur, là-dessus, cahiers du clergé, cahiers de la noblesse, cahiers du tiers sont parfaitement d'accord. Surla mesure dans laquelle on accordera aux non-catholiques l'exercice paisible de leur religion, il y a divergences; « mais lorsqu'il

LA SÉPAHATIOn DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT 2<>3

s'agit de la religion nationale, de sa dignité exclûmes privilèges, nous ne voyons plus trace de dissentiment. Toutlem ndeveut que le catholicisme soit seul professé ouvertement, demeure uni un lien indissoluble aux destinées du royaume, toit inflexiblement protégé contre toute espèce d* attaques et d? in ju En d'autres terme?, la France est avec ceux qui ont condamné La Barre. Nulle part, en tout cas, nulle part la liberté de conscience n'est réclamée.

Un détail bien amusant à ce propos, l'n seul cahier de 1789, un seul réclame la liberté de conscience: «... Article 29: La tolérance est une des

tua les plus essentielles : il n'appartient pas l'homme de décider ce qui n'a nul rapport à l'homme. ? — l'n peu confuse, la rédaction. Toute- les religions sont permises. Elles jouiront de leur libre cull eul cahier où il y ait

une proclamation ou une réclamation de la liberté oce. — Or... ce cahier n'est pas vrai ; t un Évangile apocryphe. Vprèa coup, M Champion d'une part et m. Brette de l'autre sont arrivés à en reconnaître la pleine Inauthenticité. i i probablement un projet de cahier, œuvre d'un particulier, c<> n est pas un cahier. Vinsi donc

en 178Î1 la nation frança ! unanime, mettons

quasi unanime, puisipnm ces choses il y a ton-

"-'" Discussions tOLiriQuËd

jours quelque exception, à vouloir maintenir la religion catholique comme religion d'État et à ne pas admettre \a. liberté de conscience.

Il va bien l'article de la Déclaration des droits de V homme d'août 1789 : « Art. X : Nul ne doitêtr inquiété pour ses opinions, même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'or dre public établi par la loi. » Mais, avec beaucoup déraison, M. Champion fait remarquer que ceci n'est qu'une déclaration de tolérance et non pas de liberté, et là-dessus je lui donne les mains. Cependant je trouve qu'il va trop loin. D'abord je retire quelque chose de ce que je viens de dire: encore que ce texte soit certainement une simple déclaration de tolérance, cependant par sa forme affirmative énergique il équivaut bien à très peu près à une déclaration de liberté pure et simple.

« Nul ne sera inquiété... » Mon Dieu, quand il est décidé que nul ne sera inquiété, cela veut bien dire en définitive que tout le monde sera libre. Il ne faut pas être trop exigeant.

« ... pour ses opinions même religieuses... » Je me suis un peu égayé dans un de mes livres sur cette rédaction un peu naïve et je l'ai rapprochée du mot de déranger : « Qu'on puisse aller même à la messe : ainsi le veut la liberté » ; mais, gaité à part, voyez-vous bien l'intention de cette rédac-

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