‹ Discussions politiquesChapitre 40 sur 49 · I.A BEI'ÀUAÎION )»k L'i.i.i.hk l.l DE (.'ÉTAT StGo · texte numérisé non relu

I.A BEI'ÀUAÎION )»k L'i.i.i.hk l.l DE (.'ÉTAT StGo

(ion ingénue ? Cela veui dire: s personne ne inquiété pour ses opinions, donc liberté delà parole et de la presse : mais je vais plus loin, et je sais bien qu'il n'est pas dans les idées de la France que cette liberté s'applique aux opinions religieuses ; et je dis formellement que la liberté des opinions même religieuses est comprise dans la liberté dépensée. » C'est extrêmement libéral.

Et enfin, « pourvu que la manifestation de c opinions ne trouble pas l'ordre établi par la loi . Pur ces mois. M. Champion, entraîné par son i dirigeante qui esl que les Constituants n'ont pas pu longer à la liberté de conscience el à la liberté des Cultes, fait remarquer que par- celle rédaction la f)éclaration soumettail la liberté i\*-> cultes à toutes les restrictions que la loi voudrait y mettre it que, par conséquent, l'article X, comme bien l'autres articles et bien d'autres lois, reprenant dans la seconde phrase ce qu'il avait donné d

la première, n'est nul leuient une proclamation de

la liberté de conscience et des culti eci,

mon cher et ancien ami, c'est un sophisme. Tout homme qui lira sans prévention, de bonne foi, et êl re aveuglé ou sollicite par une idée d de, ce! article \. comprendra qu'il veut dire que la liberté des cultes sera entière, el que les manifestations de cette liberté des cultes seront

libres aussi, en tant qu'elles ne troubleront pas Tordre établi par la loi relative à l'ordre public en général. La dernière phrase de l'article X ne veut pas dire : une loi particulière, relative aux cultes, établira un ordre particulier, relatif aux cultes, qui pourra en interdire les manifestations, ce qui serait odieux, et ce qui, surtout, ne ressort aucunement du texte ; la dernière phrase de l'article X veut dire : « les cultes, proclamés libres par le présent article, se manifesteront; il leur sera loisible de se manifester ; en se manifestant ils rencontreront les nécessités de l'ordre public; ces nécessités auront été prévues et définies par une loi générale d'ordre public qui n'aura aucun caractère ni religieux, ni antireligieux ; et ce sont ces nécessités, ainsi prévues et définies, qui seront la limite, toute naturelle, des manifestations des cultes. » Cela, en pratique, revient à dire qu'il n'y aura pas de processions entravant la circulation dans une ville populeuse, qu'il n'y en aura pas, après expérience faite, dans une ville où elles provoquent des agitations et des troubles : car voilà ce qui est « d'ordre public ». Mais cela, très évidemment, ne veut pas dire autre chose et, par conséquent, l'article X est très libéral, aussi libéral que, pour mon compte, je veux que le soit un article sur la liberté religieuse.

LA SÉPARATION DE L'ÉGLISE l.l DE I.'kiai 2G"

Il l'est moins, je le reconnais, que l'article VU Je la Déclaration de 17'.»:; : a ... I.e libre exerc les cultes ne peut être interdit. » un point, c'est tout ; mais il est plus sage ; car l'article Vil de 1793 peut se trouver en face d'un culte qui dira: i L'exercice qu'on fait de moi consiste à promener nue armée de 100.000 fidèles pendant toute la semaine saint»* du Père-Lachaise à l'Arc de l'Étoile, par Notre-Dame», et que répondrez- vous à ce culte. puisque i le libre exercice » ne peut être interdit L't qu'un point c'est tout ? — L'article de 1789 est lussi libéral que celui de 17'.»;! ; seulement il prévoit l'abus, ou plutôt il prévoit la limite où l'exerbice de toute liberté est arrêté par l'exercice d'une pitre, et en cela il est sage.

Mais que la liberté de l'exercice du culte soit limitée par les nécessités d'ordre public, cela va lans dire, et, par conséquent, l'article X de 178

lu vouloir dire aut iv chose.

— Mais non, mais non ; il a voulu dire cela :

ans dire, cela va -ans dire I I Somme •lisait Talleyrand au < '• de Vienne, i ça va

encore mieux ru le disant. * • L'article \ de la Déclaration de I789est prudemment libéral, mais Il est très libéral ; il contient très bien tout.' la liberté de conscience et la liberté Intégrale demite-. Je ne dis pas qu'il ait été r p ir un

paratiste, je n'en sais rien ; mais qu'il ait été rédigé par un libéral, je le sais.

Mais M. Champion voulait qu'il fût établi que jusqu'en 1790 personne n'avait songea la liberté des cultes ; voilà pourquoi il a diminué l'article X de la Déclaration de 1789. Il a eu tort. Moi j'aurais tout bonnement mis : « En 1789 presque personne ne songeait à la liberté des cuites. Les Cahiers n'en disent mot. Ils ne songent qu'à un plus ou moins grand degré de tolérance à l'égard des non-catholiques. Personne dans la Constituante n'a parlé de liberté de conscience. Il y a l'article X de la Déclaration, sans doute, mais c'est une déclaration platonique et tout à fait isolée, à laquelle on ne semble pas avoir fait attention. » — Et l'argumentation de M. Champion en faveur de la Constitution civile du Clergé en 1790 lût demeurée, et très légitimement, la même.

Cette argumentation, j'y arrive et, tout compte fait, je l'approuve. M. Champion, étant séparatiste, n'a point, bien entendu, acclamé les Constituants pour leur Constitution civile du clergé; niais il plaide pour eux les circonstances atténuantes et surtout il se fâche contre les historiens qui leur ont reproché cette mesure comme une bêtise. .Mon Dieu, il a raison. « Ca n'a pas réussi, donc c'est une bêtise. » Il n'y a, hélas ! pas grand'chose

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i répondre à ce terrible argument; mais encore aut-il, pour être juste, se remettre un peu da e temps où une <'ho.se a été faite et bien connaître it comprendre l'esprit de ce temps. Il faut se dire ' Que pouvaient faire les Constituants?

Pouvaient-ils, comme l'a infatigablement et urieusement répété Quinet, faire une révolution ieuse, faire la France protestante? < m sait que ,ouL' la philosophie de l'histoire de la Révolution lançai se estlà pour If doux Edgar. La Révolution trompée : ce qu'elle avait à faire, c'était la France protestante. El cela par le fer et par le feu, îomme au \\ i La i erreur esl condamnable,

nais mi tanl qu'elle a été politique; si elle avait \tê religieuse et exclusivement religieuse, protesante et exclusivement protestante, elle serait a lis digne de toutes les bénédictions des hommes. Tout homme qui a lu la Révoluti ■> de juinct sait très bien que je n'exagère point, que 'atténue, et que les trente citations que je pou ri foire de Quinet sont beaucoup plus sau [ue

mon texte.

M. Champion n'est pointdel'avis d'EdgarQuinet it il est parfaitement d'avis, comme moi, que cette « lution eût été une politique de fous furieux qui tt'était nullement dans le tempérament d tituaiits ; qui, tlu reste, n'était aucunement «1

leurs idées, la majorité des Constituants étant parfaitement catholique.

Pouvaient-ils opérer la séparation de l'Église et de l'État ? La séparation de l'Eglise et de l'État était-elle possible en 1790 ? M. Champion répond : non, étant donné l'état des esprits. Je ne suis pas éloigné d'être de son avis. Encore une fois, qui songeait à séparer l'Eglise de l'État en 1790 ? Qui songeait à faire de l'Église une association privée? Fort de ses Cahiers, M. Champion répond : personne, et dans le fait vous ne lui direz pas qu'il a tort. Il est bien certain que faire une chose à quoi personne ne songe, cela ne vient à l'idée de personne. Ce truisme rencontrera sans doute peu de contradicteurs.

Et cette idée, que n'avait personne, était-elle au moins préparée ? Pas du tout. Par qui ? Par Montesquieu ? Non. Par Tiousseau ? Non, et au contraire ; il veut une religion d'État. Par Voltaire? Non, et au contraire ; il veut une religion d'État, des officiers de religion soldés par le prince et lui obéissant au doigt et à l'œil. Par les Encyclopédistes ? Non. Eux, ce qu'ils veulent, c'est l'abolition de toute religion (et que M. de Jaucourt. qui faisait des articles littéraires dans l'Encyclopédie fût un très bon catholique, cela n'entre pas en ligne de compte, et je m'étonne que M. Champion en

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