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PSYCHOLOGIE M S04 LAL

les opinions de leurs intérêts. Et ce n'est pis une si mauvaise chose. C'est ainsi que les forces sociales trouvent leur équilibre.

Les ouvriers sont un peu socialistes. C'est qu'ils n'ont rien et qu'il leur est d< ible, non

d'avoir rien, mais, ce qui est bien plus humain, que quelqu'un ait quelque chose. Les bourgeois et les paysans sont antisocialistes. Ce n'est inintelligence ; c'est très intelligenl à leur point ue.

liien ne dérive moins de la passion que les opinions politiques et sociales des Français El ce n'est point un mal.

Mais les instituteurs ? nous dit M. Le lion : mais

les professeui it parmi les instituteurs

surtout les professeurs de l'Université «pie le

cialisme compte le plus de recrues, i Rien déplus

t. Presque en majorité, peut-être en majorité,

instituteurs et tes pr ] niversité

tcialistes de dn nuances, depuis

alisme d'État jusqu'au collectivisme et à l'an tipatriotisme. Maia ils sont très intelligents» à leur point d< en étant tout cela. Ce n'est pas

ce n'est pas généreux ; cela doit êtn

i ter de la part du pays une certaine méfias mais ce n'est pas béte. Un instituteur, un pn ; r, d'abord a. naturel Iem< ni à l égard d<

grandes forces conservatrices, le clergé et l'armée, une animosité ou au moins un éloignement assez fort. Ce sont concurrents. Sans eux sa corporation serait la première de l'État. Sans le clergé, c'est l'Universisté qui serait le clergé, qui serait directrice des esprits et des âmes. Le rêve de Cousin, l'Université sacerdotale, l'Université clergé des temps modernes, est au fond de l'esprit de la plupart des universitaires.

Pour l'armée, elle ne peut pas plaire aux professeurs. Elle est pauvre, comme eux, mais elle est brillante ; elle a un passé glorieux : elle est historique, et en cela elle est une espèce de noblesse ; elle contient encore dans son sein les représentants les plus énergiques et les plus honorables de l'ancienne aristocratie ; elle fait encore de « beaux mariages ». L'universitaire ne peut pas ne la point envier.

Sentiments peu sympathiques à l'égard des deux grandes forces conservatrices, c'est déjà un acheminement vers la forme la plus aiguë du démocratisme.

De plus, le professeur et l'instituteur n'ont rien à perdre et peuvent croire avoir à gagner à l'abolition de la propriété personnelle. Ils ne sont pas propriétaires , le deviennent difficilement ; ils rêvent assez complaisamment d'une société où il

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n'\ aurait d'autre différence entre les hommes que celle « des vertus et des talents -.sachant bien que, dans une telle société, la vertu étant race et du te ue devant jamais compter que pour la forme et pour la cérémonie, le talent, c'est-à-dire savoirun peu plu- de français que le paysau et un peu plus de trigonométrie que l'épicier, serait la seule distinction. Tout cela n'est point sot, et que l'universitaire soit très avancé, internationaliste, collectiviste, socialiste ou au moins radical, cela me tit la chose du momie la plus naturelle. Il faudrait qu'il fût désintéressé, ou décidément d'une Intelligence supérieure, puni- n'être pas quelque le tout cela.

M. Le Bon me parait donc, jusqu'à un certain point, dans l'erreur, quand il attribue à I inintelligence dr> Français ce qui n'est c\\*>/ eux que t de leurs intérêts, il mettra : mal entendu-. Bt je lui dirai : bien entendus, classe par clas corporation par corporation, groupe pai

Il y a quelque chose de plus intelligent que tout cela, c'est d'être patriote et de comprendrede quels sacrifice proques, et d'autre part, de

quels sacrifices universels faits à la hiérarchie

st-à dire ù l'organisât ion sociale, fait ei se conseï ve un gra nd paj a qui ne \ eut i mourir et qui veul re. t m : d

nous en sommes à nous demander si le Français, si le Latin est un imbécile. Non, certes, il ne l'est pas. C'est plutôt une certaine générosité et une certaine chaleur de cœur qui lui manque parfois, qui. plutôt, a quelque tendance à s'affaiblir en lui. A quoi il faut prendre garde. Certes, et j'y prends garde autant que M. Le Bon, et, du reste, je le félicite d'ôL-e noblement et généreusement inquiet à cet égard.

D'autres considérations de M. Le Bon sont beaucoup plus justes, par exemple sur la nervosité des peuples latins, — sur la manie latine de tout rapporter à l'État, — sur l'inaptitude relative du Latin à l'industrie et au commerce.

Les Français, pour nous en tenir à eux, n'ont pas de sang-froid. Comme ils n'ont plus de ces grands principes fixes, religieux ou traditionnels, qui forment comme une conscience stable, ils sont « dirigés » par des sursauts de sensibilité. « Un village perdu dans un coin de l'Europe est ravagé par une inondation ; explosion d'attendrissement national qui s'épanche en souscriptions, fêtes de charité, etc., et qui nous fait envoyer au

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loin des sommes dont nous aurions tant besoin puiir soulager nos propres mis i — Quelq

soldats français sont surpria à Langson par les Chinois : explosion de fureur qui jette par terre en trois heures le gouvernement. Comparez à cela snacité criminelle, mais enfin la ténacité excellente en soi el admirable, <l*'s Anglais dans la lutte qu'ils ont soutenue au Transvaal.

i L'opinion publique, dit M. Le Hun, ne semble plus connaître que les sentiments extrêmes ou l'indifférence. La France semble menée par des mouvements réflexes. • Je lui opposerai un peu quelque chose qui m'a toujours frappé. Le peu de différence qu'il y a d'une élection & l'autre entre )e nombre dr> voix de chaque parti. On sait d'avance qu'à Fonte nay-le-Duc le parti conservateur a 3.000 voix, le parti modéré 2.000 el le parti radical I 000. On espère des déplacements de trois à quatre cents voix. Il s"en produit de deux ci à deux cent cinquante. C'est tout. Pai :ille

plus fortement, non pas beaucoup plus. Taras. d'autre part, exerce une influence sur- la province, mais faible, et la province Buil Paris, toujours, mais très lentement. Ceci est hou et indique une nervosité beaucoup moins grande que M. Le Bon ne croit .

Il \ a pourtant du vrai incontestablement, dans

son observation. M. Le lion s'amuse d'un petit fait qui, certainement, lui donne raison, mais dont il tire trop de conséquences. Le docteur Laporte, appelé au chevet d'une femme en travail, la trouvant en danger de mort, se sert, pour la délivrer, d'un oul'l emprunté à un ouvrier du voisinage et différant très peu, du reste, de l'instrument chirurgical en usage dans ces circonstances. Mais, comme l'instrument ne sort pas d'une trousse de chirurgie, chose mystérieuse possédant un prestige sacré, et comme la femme meurt, indignation, rumeur populaire, presse saisie, reporters (qui sont les plus ignorants des hommes) affairés et émus, procès, condamnation, toute la lyre. La magistrature avait subi la contagion de l'émotion populaire. Quelques mois après, les maîtres de la science ayant pu se faire entendre, l'opinion est retournée, et les magistrats, en subissant l'influence comme la première fois, acquittent, et le bourreau devient un martyr.

Voilà qui est d'une juste observation. Cependant il n'y a au fond, dans l'affaire, qu'un homme mal défendu une première fois. Les « maîtres de la science » auraient dû se remuer un peu plus lot. Les magistrats ne sont pas tenus, cependant, de s'éclairer tout seuls sur des questions qui sont loin d'être limpides par elles-mêmes. Ils ont jugé

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i en bon sens •, plutôt que sous la pressioo des tricoteuses ; et puis, éclairés scientifiquement :

compétents qui sont venus dire : « J'en aurais fait autant et je le ferai toujours dans des circonstances pareilles si elles se présentent ils se sont inclii ins entêtement d'amour-

p/op rporatif, ce qui, après tout, esl i

honorable.

M. Le Bon n'en a pas moins raison, en général, et l'histoire des trois peuples latins les plus considérables est pleine, en ce siècle surtout, d'exemd'emballements i qui sont très significatifs et qui doivent nous faire réfléchir très sérieu

ment. Les révolutions espagnoles, dont la suite

iste n'a été interrompue, depuis dix-huit ans, que par le sentiment chevaleresque, infiniment honorable pour l'Espagne, de loyalisme à l'endroit d'une femme et d'une veuve, les brusque luts

d'opinion en Italie et la violence avec laquelle le : nie parlementaire \ est pratiqué; l'affaire . - en France «-t la véritable folie qu'elle a

eloppée, pendant quatre mus les deux

partis pour et contre, B tel point qu'on avait

d'une brute quand on en parlait avec tranquillité oinnie d'une question de quatrième ordre, tant il est vrai que celui là esl ion qui n'es! fou avec les fous; tout cela ne lai—.' pas d'être

vraiment grave, et M. Le Bon n'a pas tort de le signaler.

Je n'ai pas besoin de dire à quel point je suis avec lui pour tout ce qui est de la monomanie française qui consiste à avoir toujours les yeux fixés ur l'Etat et à tout lui demander et à tout lui donner. M. Le Don a trouvé une bonne formule sur cette affaire. C'est une erreur, nous fait-il entendre, que de croire qu'il y a plusieurs partis politiques en France. Il n'y en a qu'un : « l'étatisme ». L'idéal commun à tous les partis, des plus révolutionnaires aux plus conservateurs, est toujours l'absolutisme de l'État. « L'étatisrne est l'unique parti politique des peuples latins. »

Excellent, un peu exagéré, mais excellent. Il faut dire cela avec un peu d'outrance, pour tâcher de persuader aux Latins, et particulièrement aux Français, que tous leurs partis ne sont que des syndicats d'intérêts ou de passions, qui se disputent le pouvoir avec l'intention, quelquefois inconsciente, le plus souvent très arrêtée, de l'exercer, dès qu'ils l'auront, aussi despotiquement que le parti qu'ils auront renversé et aussi exclusivement à leur profit que l'aura pu faire le parti auquel ils succéderont.

De là vient qu'en France le mot « liberté » n'est jamais qu'un mot de combat. Qui est libéral en

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