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PSYCHOLOGIE M SOCIALISME

d'un égout voisin. Faire venir un ouvrier et ré] rer l'accident était une idée trop peu latine pour qu'elle s'imposât au conseil municipal. Évidemment, i! fallait s'adresser au gouvernement. Quatre grandes colonnes de journal ont à peine suffi pour résumer les démarches qui lurent laites. Grâce à l'intervention d'un nombre considérable de ministres, sénateurs, députés, préfets, Ingénieurs, le dossier ne lit «pif vingt stations dan- d administrations, et la décision finale ne mit que deux ans a parvenir à la commune. » — En attendant, les habitants continuèrent à boire la fièvre typhoïde dans leur eau d'égout.

i C'est ainsi — rendons la parole à M I.eroyiulieu —que la France est en retard sur tontes les autres nations riches au point de vue du confort et de la ; i<m el de l'usage de- instrument- d'usage collectif. Le gaz y coûte plus cher que partout ailleurs. L'électricité commence peine à éclairer quelques rues dans quelques

villes; les transports urbains y -ont à l'étal :

tramway - a'j existent guère que dans le premier ordre ; le téléphone coût Paris trois t«>is plus cher qu'à Londres, Berlin, Bruxelles, Amsterdam et New-York... I que l'État n'inten ient p I 'es! |u'il

intervient trop, i es municipalités, «pu le repré-

ï2!H> DISCUSSIONS POLITIQUES

sentent, usent à l'excès de leurs pouvoirs de contrainte; contrainte réglementaire qui multiplie les injonctions, prohibitions, charges en nature, et qui, parfois, soumet les compagnies, sans aucune restriction, à l'arbitraire variable des conseillers municipaux ; contrainte fiscale, qui de chaque société de capitalistes veut faire pour la municipalité une vache à lait inépuisable. Ajoutez ce sentiment d'envie qui considère comme un attentat aux pouvoirs publics toute prospérité des compagnies particulières. »

On n'insistera jamais assez sur ce point douloureux. Parce que la France a dû son haut rang à son admirable centralisation politique, ou sous ce prétexte, elle tient à la centralisation administrative qui la paralyse et qui l'épuisé, sans aucun profit, même pour l'État, môme pour le gouvernement, qu'elle encombre. Tout est à refaire, avec précaution et avec transitions ; mais tout est à refaire de ce côté-là.

J'ai dit que le livre de M. Le Bon est instructif encore pour ce qui est de l'inaptitude des races latines au commerce et à l'industrie. Là encore il

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gère; mais il a raison. Ne parlons gui Anglais, routiniers parce qu'ils sont orgueilleux et De croient jamais qu'ils puissent être dépassés l'avoir été; et ici M. Demolins reçoit quelques milliers de démentis par- jour. Mais les Latins sont certainement dépassés par les Allemands pour ce Ljui est de l'industrie et du commerce et doivent fan.' l i-d( ssus de très sérieuses réflexions

Ce n'est pas aller beaucoup trop loin de dur que la France se désintéresse de l'industrie et du commerce. Le Français ne place plus son argenl :pie sur l'État, comme il ne veut plus se plat pie dans l'État. En France l'argent aussi est fonctionnaire et ne veut pas être autre chose. Les capitaux el les capacit< retirent des a fiai n

M. Le Bon cite des exemples curieux et indiscutables, puisqu'ils lui sont personnels, de la nonchalance de l'industriel Tramais. M. Le Bon a in d'une certaine lampe électrique. Avant de

acquérir, il écrit au vendeur pour lui demander

l'il consentirait à la taire fonctionner devant lui.

de réponse. C'est déjà magnifique de hauteur

iristocratique. M. Le Bon fait demander par un de

unis au marchand la cause de son silen< i Oh ! répond le grand seigneur, il faudrait trop le déranger pour vendre dans des conditions pa reilles ' »

Et voyez dans quel pays nous vivons ! M. Le lion ne se permet pas d'imprimer le nom de ce marchand, qui méritait de passer à la postérité et, d'abord, d'être signalé au public.

M. Le Bon désire faire ajoutera un appareil dont il se sert un niveau d'eau. Le marchand, directeur d'une des premières maisons de Paris, déclara qu'il « n'avait pas d'ouvrier capable d'exécuter ce travail ».

M. Le Bon veut faire ajouter deux bornes supplémentaires à un galvanomètre. Le travail pouvait demander un quart d'heure. Le fabricant avait les ouvriers nécessaires, mais, dit-il, « mon associé ne serait pas content si je dérangeais le personnel pour une commande dont le prix n'atteint pas deux cents francs. »

Ils sont admirables! Ils sont tout comme des fonctionnaires; ils sont comme des employés d'administration : ils sont persuadés que le public est fait pour eux.

Les Allemands, au contraire... M. Le Bon a besoin d'une très petite quantité de cobalt laminé. Il écrit aux premières maisons de produits chimiques de Paris. Vu le peu d'importance de la commande, on ne lui répond pas. Jamais on ne répond. C'est un principe. G'estcomme cela en France qu'on fait du commerce. Une seule maison finit par ré-

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pondiv qu'elle fournira le produit demandé dans quelques semaines. M . Le Bon attend trois mois. Il le d< écrire en Allemagne. Unes sait que

B"u ne affaire de quelques francs. Il reçoil répoi par retour du courrier et fourniture au bout dehuit fours, i lieu est toujours ainsi, dît M Le Bon, quand on s'adresse aux maisons allemandes. La plus petite commande est reçue avec reconnaislance, et toutes les modifications demandées par l'acheteur sont exécutées rapidement. » Que nos

rieurs les industriels français s'étonnent résultats qu'ils connaissent bien : ûr l'in va-

bon des maisons allemandes à Paris.

Une jolie anecdoti propi s. Tue société

étrangère avait établi à ses irais en France une ligne de tramways. L'affaire marchait bien. Recettes: onze cent mille par au : frais 17 0/0. Les autorités locales ayant manifesté leur méconti tement de ce que le directeur fût un étranger, la Compagnie consentit à prendre pour directeur un ingénieur français. Aussitôt règlements minutieux et bureaucratie triplée. En un an, les frais d ploitation • 82 0/0. La Compagnie, I

énieuse, offrit a la municipalité de l'ingénieur avec son titi ppointemenl

ondition qu'il n<' mil jamais les pieds dans

bureaux Ainsi fut fait. La Compagnie fut

sauvée. L'école lui avait coûté 500.000 francs.

La supériorité de l'Allemand comme commerçant n'est pas dans son intelligence ; elle est dans son activité et dans son sérieux, dans le âge quod agis. Ils ne s'occupent que de leur all'aire. Un commis voyageur allemand s'applique minutieusement à la psychologie des peuples, observe tous leurs goûts, toutes leurs habitudes, tous leurs travers, et tout cela est consigné dans des livres spéciaux qui indiquent quels objets ont chance d'être bien vendus ici, là et ailleurs. Faire cette remarque, par exemple : « les Chinois cuisent leur riz dans des casseroles à parois très minces qu'il faut qu'ils renouvellent très souvent; les Anglais ont eu l'idée de leur en vendre de très solides; ils n'ont eu aucun succès. Pourquoi? Parce que, s'il fallait moins souvent renouveler la casserole, l'aliment, aussi, mettait beaucoup plus de temps à cuire. Or, le combustible en Chine est très cher. Donc, si le Chinois économisait sur la casserole, il perdait par le combustible. Ne vendre au Chinois que de mauvaises casseroles » ; — faire cette remarque, c'est faire œuvre d'homme qui a l'esprit du commerce.

C'est ainsi qu'une prédiction orgueilleuse d'un écrivain allemand risque de se réaliser, celle qui assure que la France deviendra une colonie aile-

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lande administrée par mctionnaires fran-

ii j ise en valeur par des commerçants, «les ndustriels et des agriculteurs allemands. Nous [ en sommes pas I ï; mai- il tant prendre g i

■-t que le gros défaut, très répandu, de l'inlustriel et du commerçant francs si de n -

►riser son métier. Reste de préjugé de pays a!

itique. Le commerçant français tient ;< bien lire entendre qu'il esl commerçant par le basard

circonstances, mais qu'il était né pour être ont autre chose. Il expé com mer-

lu 1 au plus vite mairement ; et puis il « lit

les livres amu . comme dit Poirier à Ver-

lelet . i .-in- M

nr Jaurès et sur Wagner, et il vous les exp<

lement. Il applique son intelligence, qui •iw. à tout ce qui n esl ( métier, sans

louter ou .-ans vouloir convenu- que son met

e infiniment d'intelligence et qu'y réussir

ive qu'on en a infiniment. Mais il sait aussi ju'ou ne le croit énéralement en France,

ion -me, fort par lui-même, est confin

entretenu et développé par le nôtr milieu »

nauvais en France pour l'industrie et le comqu'ils se méprisent et qu'on néprise. et qu'ils veulenl - rer, en Be renou-

ant, du mépris qu'on leur montre et qu il- s'i

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pirent. Le type, élémentaire et grossier, mais le type significatif du commerçant français est le commis voyageur, qui ne parle que littérature et politique, et qu'il n'est pas possible de faire parler de son métier. « Fi donc ! Je fais cela pour gagner ma vie; mais je suis bien au-dessus de cela! » Sauf les métiers purement manuels, il n'y a pas de métier où l'homme soit au-dessus de son métier; il n'y a pas de métier où l'homme ne soit au-dessous de son métier et où il n'ait pas besoin de toute son intelligence et de toute son activité pour le tout entier remplir. Mais il faudra longtemps pour que les industriels et les commerçants français, en ce pays où ont trop régné l'orgueil nobiliaire, l'orgueil militaire, l'orgueil sacerdotal, l'orgueil judiciaire et l'orgueil ploutocratique, arrivent à se convaincre de ces vérités de La Palisse. Le commerçant français est toujours un, peu un bourgeois gentilhomme.

On voit que le livre de M. Le Bon abonde en critiques, dont beaucoup, dont laplupart, contiennent beaucoup de vérité. A vrai dire, c'est surtout \m livre de critique, un livre où sont signalés « les

PSYCHOLOGIE in SOCIALISME

uts du sujet » ou plutôt (le l'objet. Comme Mtrtie didactique, comme a donnés et

■emèdes prescrits, il i st un peu faible, ou. si vous Foulez, un peu d . rout compte fait, de con-

teil, M. Le Bon n'en donne qu'un : changer - I atim p une meilleure éducation. J'en suis

s, mais il faudrait préciser un peu plu i*a fait l'auteur, si m tvenirs sont <

faut-il, par exemple, comme le veulent M. ! nolins.M. Bonvalot, M. Jules L< laitre, supprin

.cation littéraire et la remp par uneédu-

•ation scientifique, industriel phique et

; lai. ?Je ut- crois pas ml son

même au punit de vue purement utilitai lotre littérature est une industrii

pie nous vendons ti r, qu'on \ i

lier : grands frais chez nous et qui m

oaintient ;'i un rang assez haut encore en Euro 1 ne faudrait pas risquer de tarir cette là.

qu'il faut restreindre d ication i:

aire, n n la supprimer. Il Tant I ire

t la renforcer. Elle esl trop i spandue et li aibl< - il faut s'arranger de

l'un vaste gnement i : et pratiqu

i'ii\, au COnl ,i>re. :

qui monlreronl iplitude aux h

i l'étude itions antiques qui r( stenl notre

base et notre racine, aux spéculations philosophiques elles-mêmes, malgré le peuple goût que j'éprouve pour ce genre de divertissement.

Cette sélection faite, et en continuant de la faire toujours, et avec le plus grand soin, il faut un « enseignement général » qui vise principalement trois choses : l'éducation de la volonté, la connaissance du monde moderne, la connaissance des langues modernes.

L'éducation de la volonté, c'est-à-dire une morale où seraient toujours et en première place le culte de l'énergie individuelle, de l'initiative individuelle, de la liberté individuelle, et en même temps celui de l'association volontaire ; où compter sur soi, ne compter que sur soi, ne pas compter sur l'État, ne pas admettre qu'il prétende agir pour vous et penser pour vous, et d'autre part s'associer entre êtres libres pour une œuvre ou pour une autre, seraient enseignés comme des devoirs ; et où compter sur l'État, s'en remettre à l'État, demander à l'État, donner à l'État autre chose que ce dont il a besoin strictement pour vivre et pour être fort contre l'étranger, céder et obéir à l'État quand il dépasse manifestement cette limite, seraient considérés comme des vices.

La connaissance du monde moderne, c'est-àdire la géographie avant tout, approfondie, dé-

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