SUR LES IDÉES MAITRESSES DE LA RÉVOLUTION Î
quelques droits acquis, non point qu'ils violassent, et la Déclaration ne se sert pas de ce mot, mais auxquels ils « nuisaient », et c'est de ce mot que la Déclaration se sert. Mot si faible qu'il est terrible contre ceux qui usent du pouvoir de la liberté. S il suffit que, sans les opprimer, sans les attaquer même, je nuise aux droits d'autrui pour que mon exercice de la liberté devienne abusif, je suis libre dans des limites un peu étroites, et je vois se des- Biner les « droits de l'Etat» auxquels on me prouvera que je nuis, quelque usage que je fa de ma liberté. — Il n'était vraiment pas inutile, après ce brillant et inquiétant article VT, de faire li petite énumération des libertés nécessaires qui est contenue dans l'article VII. Kt cette énumération, très utile, est louable aussi; mais on pourra estimer qu'elle est un peu courte. Il n'y est question que de la liberté de la presse, de la liberté de réunion et de la liberté des cultes. Il n'y est qu tion ni de la liberté d'association ni de la liberté d'enseignement. Cette lacune n'est peut-être pas un
oubli, il semble que les rédacteurs, qui detini>>ent la liberté un pouvoir, se détient d'elle dès qu'elle
devient un pouvoir en effet, réellement, décidément, c'eet-à-dire dit qu'elle devient collecti <pie dea libertés individuelle roupent pour
oiiuiie pOUVOir en effet et pour iv-
d'être des droits nus et abstraits. Puis-je, d'après la Déclaration des Droits, exprimer librement mes opinions par la voie de la presse ? Oui. Puis-je m'associera un certain nombre de coreligionnaires politiques pour fonder un journal ? C'est douteux ; car la liberté d'association n'est pas dans la Déclaration. Puis-je m'associer à un certain nombre d'amis pour faire une propagande dans tel ou tel sens ou pour enseigner ? C'est peu probable; car la Déclaration ne déclare ni la liberté d'association ni la liberté d'enseignement. Il semble que, quand la Déclaration songe à la liberté, elle songe surtout à la liberté individuelle. Un journaliste isolé faisant tout seul son journal, comme cela était fréquent alors, voilà ce qu'elle estime inattaquable. Un professeur libre instruisant quelques enfants, voilà ce qu'elle respecterait sans doute. Les libertés associées, voilà ou à quoi elle ne pense point,ou à quoi elle pense trop pour en déclarer la légitimité. C'est si bien à la seule liberté individuelle qu'elle pense toujours ou qu'elle pense surtout, qu'Ole est très explicite pour tout ce qui concerne ce qu'elle appelle la « sûreté» et que nous appelons plutôt la liberté individuelle. Ici détail. X, XI, XII, XIII, XIV, XV, XVIII : « Nul ne doit être accusé, arrêté, ni détenu, que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites...