‹ Discussions politiquesChapitre 7 sur 49 · R LES IDÉES MAITRESSES DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

R LES IDÉES MAITRESSES DE LA RÉVOLUTION

icé contre un homme, hors de sans les formes que la loi détermine, est arbitr et tyrannique. Celui contre lequel on voudrait l'exécuter par la violence a le droit de le repousser P tr la force. Ceux qui solliciteraient, expédieraient,

leraient, exécuteraient ou feraient exécuter des irbitraires sont coupables et doivent être punis. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ae

it pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement punie parla loi. Nul ne doit être jugé ni puni qu'après avoir été entendu ou tient appelé et qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement au délit. La loi qui punirait les délits avant qu'elle existai serait une tyrannie.

et rétroactif de la loi serait un crime. La loi ne doit décerner que des peines strictement et évidemment i lires. Les peines doivent être proportionnées au délit et utiles à ii . Tout homme peut rvices, son temps ; mais H ne peut se vendre ai être vendu Sa i Bonne o'esl pas une propriété aliénable. La loi oe

>tmait pas de domesticité; il oe peut exister qu un ment de Boins et de reconn tissance

entre l'homme qui travaille et celui qui l'emploi» Voilà qui e t parler, très bien parler et parler

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explicitement. La liberté individuelle est protégée nettement par la Déclaration. La Déclaration est notre Habeas corpus. Mais voyez bien que c'est sur la liberté individuelle qu'elle insiste et de la liberté individuelle qu'elle s'inquiète comme maternellement. Ce qu'elle veut surtout, c'est que le citoyen isolé, le citoyen en soi, ne soit pas molesté, arrêté arbitrairement, inquiété, opprimé, domestiqué. Ce qu'elle protège, et de la façon la plus louable, c'est la liberté à l'état de faiblesse, et ce qu'elle semble moins aimer, c'est la liberté à l'état de «pouvoir ». Et cela revient précisément à l'idée d'égalité. Ce qu'elle veut, c'est que l'individu ne soit pas inférieur à un autre, parce qu'il est pauvre et parce qu'il est faible. Dans la liberté, ce que la Déclaration a vu surtout et voulu voir surtout, c'est l'égalité.

Cela éclate bien davantage aux articles où la Déclaration s'occupe de la « souveraineté ». La souveraineté, c'est ce que nous appelons plutôt la « liberté politique ». C'est le droit qui appartient à tout citoyen de coopérer à l'établissement de la loi età la formation du gouvernement. Cette liberté, qui est une liberté en effet, et garantie de toutes les autres, mais, avouons-le, la plus illusoire de toutes, est celle que la Déclaration chérit davantage et proclame avec le plus d'énergie, jusque-là

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que c'est la seule partie de la Déclaration où il y ait des intempérances et des excès de langage : X X V, XXVI, XXVII, XXIX, XXXIV, XXXV : « La souveraineté réside dans le peuple. Elle est une, indivisible, imprescriptible et inaliénable. Aucune portion de peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier... Que tout individu qui usurperait lu souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres. Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formationde la loi et à la nomination de ses mandataires et de ses juges. Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social estopprimé. Quand gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple, le plus sacré des droits etle plus indispensable des devoirs. »

( )T ce droit, qui est le plus sacrédetous, ce droit de coopérer à l'établissement de la loi et à la formation du gouvernement, cette i liberté politique », •''gale pour tons, c'est proprement l'égalité ; t proprement la démocratie ; proprement

L'élimination el la proscription de toute aristocratie réelle ou apparente, C'est conta l'aristocratie que sont dirigi mots : i aucune portion du peuple

ne peut exercer la puissance du peupleentier contre l'aristocratie quesont du

quoiqueplus vagues : « La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une, indivisible et inaliénable ; » à ce point que l'illégitimité du gouvernement parlementaire et ce jugement que le gouvernement parlementaire est encore une aristocratie, et cette conclusion que le gouvernement plébiscitaire est le seul légitime, peuvent être tirés de ce texte-là. C'est contre cette aristocratie bien bénigne, qui est le suffrage à deux degrés, que sont dirigés cesmots: « Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires. »

On voit assez que presque toujours quand elle parle de la liberté, qu'elle la considère comme un pouvoir, ou qu'elle laconsidèrecommeunefaiblesse àprotéger, ou qu'elle laconsidère comme droitélectoral, c'est surtout à l'égalité que songe la Déclaration, et que la liberté n'est guère pour elle qu'une forme ou un aspect de l'égalité, et c'est ce qu'il était d'une certaine importance de mettre une fois en lumière. Il faut savoir que la Révolution a surtout visé l'égalité, même dans le manifeste solennel qui est resté et qui a mérité de rester les Tables de la loi du libéralisme.

Et je n'ai pas besoin de dire que le troisième mot de la devise révolutionnaire n'est pas autre chose que la formule sentimentale de l'égalitarisme et que

SUR I I il: i S M MTR ESSES DE LA RÉV0L1 I

le mot égalité prononcé avec plus d'onction et que l'idée d'égalité pénétrée de tendresse, comme Mattew Arnold disait que la religion n'était qu'une morale attendrie de sensibilité. La fraternité, c'est l'égalité considérée connue un sentiment et connu'* une passion, ce qui, du reste, est une excellente façon de la considérer ; niais ce n'est pas autre chose que l'égalité. C'est, si l'on veut, la nation considérée comme une famille sans droitd'aînesse (1). De cette idée d'égalité enfin il n'est pas téméraire de dire que les révolutionnaires ont tiré partiellement, si Ton veut, cet instinct de propagande révolutionnaire qui a distingué notre révolution de la révolution anglaise et de la révolution américaine. Que les chefs de la Révolution, et ceuxci et non ceux-là, aient voulu ou aient su ni la guerre européenne, la question restera peut-être obscure; mais ce qui est incontestable, c'est que Cette ^uerrea pris très vite et même tout d'al du; (es esprit des hommes de la Révolution le

Caractère d'une guerre pour l'idée, d'une guerre

pour la diffusion d'une doctrine ou d'un dogme, d'une guerre de conquête intellectuelle, et d'une guerre de conquête murale. C'est le peuple qui

r La rentable égalité, c'est lu fraternité. » [Rabaott- Etieouo.)

DISCUSSIONS POLITIQl'KS

combat pour l'égalité et non le peuple qui combat pour la liberté qui a de ces idées-là. Le peuple qui combat pour la liberté a tendance naturelle à ne voir que lui et à ne songer qu'à lui. Il ne veut pas de gouvernement arbitraire ; il détruit le gouvernement arbitraire qui est chez lui, et peu lui importe que les autres peuples gardent le leur. Il veut des lois et n'être gouverné que par elles ; il fait des lois et établit, s'il le peut, des garanties de l'omnipotence de la loi ; et peu lui importe que l'arbitraire règne ailleurs. Il veut le gouvernement du pays par le pays ; il organise un système parlementaire, et peu lui importe que le gouvernement, ailleurs, soit personnel ou oligarchique. — Quand il s'agit d'égalité, il n'en va pas tout à fait de même, surtout lorsque le peuple dont il s'agit est non seulement partisan de l'égalité, mais passionné pour elle. Il songe alors, confusément, mais il songe et non sans raison, que la liberté peut être nationale; mais que l'égalité doit être universelle, sous peine de risquer de ne pas être. Qu'un peuple ait renversé toute aristocratie et qu'il soit environné de nations restées aristocratiques, il se produit ceci, c'est qu'il est différent des nations qui l'entourent, non seulement pour ce qui estdes lois, mais pourcequi est des mœurs ;et, d'abord, comme dit Stendhal, « différence », différence profonde,

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