SUR LES IDÉES MAITRESSES DE LA REVOLUTION
« engendre haine », et ensuite la vie internationale, la vie d'échanges et de relations devient exti vu un nent difficile entre peuples si radicalement et si essentiellementdifïérents. Les alliances deviennent difficiles entre peuple démocratique et peuple d'arist-Hiatie. Ce n'estquemomentanémentque Louis \ I V peut être allié de Cromwel, et je ne crois pas que telle alliance actuelle entre une démocratie et uni' autocratie (qui du reste a très peu le caractère aristocratique) me donne un très violent démenti. ! • gai i té est plus qu'une forme de gouvernement, elle est une manière tfètn que les autres main d'être gênent et contrarient et qui ne se sent sûre d'elle-même et de sa durée que si le monde entier ou du moins les peuples environnants se modèlent sensiblement sur elle. Nous qui en sommes, historiquement, aux conséquences, sinon dernières, du moins déjà très éloignées, de ce qui, sous la Révolution,était commencement et principe, nous apercevons cela très distinctement. Nous voyons que le
socialisme, suite logique et naturelle de I égalita« risnie révolutionnaire, nepeuts'établirquelquepaii
que s'il s'établitpartout, que, par conséquence et pai nécessité, il est international et le sérail ne m m lut- il point l'être, qu'il l'est en effet, de plus en plus, et que s'il s'établissait quelque part a l'état de gouvernement, il serait contraint de faire la lierre de
propagande, la guerre pour l'idée, seulement à l'effet de se maintenir et de ne pas être détruit, même sans guerre, par la concurrence étrangère. Quelque chose de cela s'imposait déjà aux esprits des égalitaires français de 1792, et l'idée d'égalité avait eu, dans sa première forme incomplète, cet instinct international que, sous sa forme plus déve loppée, elle devait avoir pleinement et qui n'est au fond qu'une nécessité intime et comme une loi d'existence. « Il faut qu'il n'y ait que des égaux sur la terre, » cela veut dire au fond : «Tant qu'il y aura des inégalités sur la terre, notre liberté pourra être en assurance ; mais notre égalité sera précaire ; parce que les aristocraties sont des forces et non des formes, et dépassent les frontières par leurs influences, leur prestige et leurs clientèles. »
Les conséquences de ces idées, ou plutôt de cette idée unique et des formes multiples qu'elle a prises, ont été, sont et seront très diverses, quelquefois contradictoires, difficiles à saisir avec précision et à bien circonscrire dans leurs définitions exactes, d'autant plus intéressantes à étudier et, qui pourrait, L éclaircir.
BOB LES [DÉES MAii R] SSI - DE ! . \ RÉVOL1 HON
Remarquez qu'il y eu a de très bonnes, et qui, à leurtour, pourraient être singulièrement fécondes. D'abord, et c'est la plus manifeste, cet état d'esprit nous a donné un sentiment, je ne dis pas plus profond, mais comme plus permanent de la justice.
ilité et justice sont extrêmement loin, à mon avis, d'être synonymes, ni môme équivalents ; mais llesl bien certain qu'ils sont du même ordre d'idées et que l'une mène à l'autre assez facilement. Et que ce soit l'idée d'égalité qui soit née de l'idée de jus-
, ou que ce soit l'idée d'égalité qui soit initiale et qui achemine en se généralisant et en .-'élevant à l'idée de justice, il n'importe ici aucunement.
ssentiel et le vrai et le réel, c'est que. de croire que les hommes sont égaux et doivent l'être, cela rend comme chatouilleux et ti nsible à toute
Iniquité, même à celles qui ne nous atteignent i
Ce sentiment s'établit peu a peu dans les COSUrS,
sentiment que les rédacteurs de la Déclaration rattachaient à l'idée de liberté, et qui ressortit bien plus à l'idée d égalité, qu'il ne faut pas faire aux autn ce qu'on ne voudrait pas qui nous fut fait, puisque -•ni Qoa égaux el nous lea leur- et qu'il n'y a i se targuer d'aucune supériorité à leur endroit, comme ils seraient mal venu- i se piquer d'aucune supériorité à no1 n Cel homme,
quel qu'il soit, est mou égal, i idée fau
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sentiment juste ; chose qui n'est pasvraie, mais qui est telle qu'on ne fait qu'être sage en agissant comme si elle était vraie. Il en est ainsi de beaucoup d'idées et de sentiments et, sans aller plus loin, il nous est impossible de nous prouver que nous jouissons du libre arbitre, et il faut toujours agir comme s'il existait et ne point nous laisser dominer par cette pensée qu'il n'existe point.
L'idée d'égalité n'est donc point mauvaise dans le retentissement et la répercussion qu'elle a en notre conscience morale et au domaine de nos sentiments. Certes elle ne crée pas le sentiment de justice, sauf quand elle en vient, auquel cas et elle en vient et elle l'enfante à son tour, ou plutôt elle confond perpétuellement ses forces à elle avec ses forces à lui ; mais, sauf ce cas, elle ne crée pas le sentiment de justice ; seulement elle l'entretient et l'aide à vivre ; elle lui donne une forme précise et consacrée et délicate ; elle. en fait une manière de scrupule. Elle persuade qu'il ne suffît pas d'être juste, qu'il faut l'être strictement. Elle n'admet pas les conclusions ni l'esprit de la parabole des ouvriers de l'onzième heure. Elle dit que le maître, en cette affaire, fut juste, sans doute, puisqu'il exécuta fidèlement le contrat, mais qu'il ne le fut pas minutieusement, superstitieusement, qu'il le fut en maître et seigneur, qui, tout en étant très