‹ Dissertation médico-légale sur l'infanticideChapitre 2 sur 6 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

S.VVVVVVVAIVV\IVVVVVV\AJVVVVVVV

Examen de Venfant.

Déterminer si Venjant es^ né viable:

Il y a deux cas dans lesquels on peut être appelé à constater la Yiabilité d’un enfant. Dans le premier, l’enfant est vivant. Il faut établir son aptitude à prolonger sa vie, et à devenir membre de la société. Dans le second, l’enfant est mort. Il faut recbercher s’il était conformé de manière à vivre. Ces deux cas sont extrêmement différens, puisque > dans le premier, l’enfant a respiré et vit ; dans le second, au contraire, il s’agit de savoir s’il aurait pu respirer et vivre. Les détails relatifs à l’éclaircissement du premier étant hors de mon sujet, je ne m’y arrêterai pas. Lorsqu’il y a une accusation^d’infanticide, et c’est dans cette hypothèse que j’écris, Penfant dont il fauf examiner la viabilité est toujours mort.

Comment déterminer la viabilité ? Sera-ce d’après l’âge du fœtus ? Mais ,pour en être certain, il faudrait connaître l’instant précis de la conception. Cette coni^issance est presque toujours impossible à acquérir pour le médecin. La femme elle-même n’est pas plus savante , quoique quelques-unes aient de grandes prétentions dans cette matière. La cessation des menstrues, d’après laquelle on juge souvent, n’est qu’un renseignement vague, et dont les accoucheurs recon-

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naissent souvent la fausseté. D’ailleurs n y a-t-il pas des femmes qui sont réglées malgré la grossesse ? Presque toujours, en outre, dans les accusations d’infanticide, on est obligé de se déterminer par l’inspection du fœtus seul. Mais je suppose que, par des renseignemens que je veux croire authentiques., on soit parvenu à découvrir lage du fœtus , la question serait encore loin d’être résolue ; il resterait une difficulté tout aussi grande à vaincre : car à quel âge établira-t-on la viabilité ? Il paraît prouvé que le fœtus n’est point capable de vivre avant la fin du cinquième mois. On cite pourtant deux exemples du contraire; Forlunio Liceti, qui naquit à quatre mois et demi, et qui vécut jusqu’à quatre-vingts ans ; le maréchal de Richelieu, que le parlement de Paris déclara viable à cinq mois. Mais ces faits ont pu être mal observés, et n’infirment pas sans doute la loi générale. Cependant, depuis le cinquième jusqu’au neuvième mois, quel terme invariable choisira-t-on pour y fixer le commencement de la viabilité? Sera-ce six mois? Brouzetj BelloCf Paul Amman j MontanuSp Valésius , Schenkius y Adrien Spigèle rapportent des exemples d’enfans nés à six mois, et qui ont vécu. Si compare leur nombre à celui des enfans qîii ont succombé à une pareille époque, le doute sera loin d’étre éclairci. Faudra-t-il, d’après l’autorité des anciens, guidés par Hippocrale , croire que les termes de la viabilité sont le septième et le neuvième mois, et que le huitième est plus funeste aux enfans que le septième? Mais Hippocrate\m-mQm& et Galien assurent que les enfans qui naissent dans le cours du septième mois succombent ordinairement, à cause de l’imperfection de leur organisation. On pourrait ajouter que Mauriceau, Lamotte^ Baudelocque yM.. Fodéré, sont de cette opinion. On ne peut donc admettre ce terme. Or comment admettre que les fœtus de sept mois soient plus viabfes que ceux de huit? On cherche en vain ce qui a pu donner naissance à cette erreur, et la propager si long-temps. Quelque plausible que puisse paraître l’explication de M. Fodéré, je ne crois pas qu elle soit juste, puisque la seule base sur laquelle on puisse raisonnablement s’appuyer pour déterminer la viabilité du fœtus est sa plus ou moins

grande maturité, c’est-à-dire le développement plus ou moins complet de son organisation.

En examinant un grand nombre de fœtus à terme et bien conformés , on a pu établir dune manière précise quel est, au plus haut degré de maturité, la longueur du corps, son poids, l’état du développement des organes. A ce type, connu d’avance , on comparera l’enfant sur lequel on est chargé de prononcer. Le plus ou le moins de conformité déterminera la plus ou moins grande aptitude à la vie. Pour donner plus de poids à cette manière d’agir, et pour faire voir quelle est la seule rationnelle, je vais tracer la marche que suit le fœtus dans son accroissement depuis l’instant de la conception ; j arriverai ainsi au terme de neuf mois, qui est celui de la plus haute maturité, et par conséquent de la plus grande viabilité. En jugeant du développement du fœtus, on pourra alors évaluer facilement les degrés subséquens de sa capacité pour la vie.

D’après les recherches et les observations Aristote, Hippocrate, Riolan , Haller, Rhœderer, Meckel, Burton , Baudelocque , de MM. les professeurs Chaussier et Béclard , il paraît constant qu on ne trouve dans la matrice, à la fin de la première selnaine après la conception, qu’une petite vésicule remplie de liquide transparent.

Vers le quinzième jour on aperçoit un léger nuage ou^ flocon mucilagineux, grisâtre, un peu opaque, cylindrique, gros comme un petit pois. L’œil nu ou armé de verres grossissans n y peut rien distinguer. Quelques observateurs ont pourtant affirmé y avoir démêlé d’assez nombreuses traces d’organisation, et des rudimens d organes, au nombre desquels ils placent le cœur et quelques vaisseaux, le cerveau et la moelle épinière. Mais ces observations paraissent difficiles à croire. Si elles ont été faites, elles pouvaient appartenir à des individus plus âgés.

A un mois, l’embryon est comparable, pour le volume, à une grosse fourmi selon Aristote, à un grain d’orge selon Burton, et selon B au, delocque, pour la forme et la grosseur, à l’osselet de l’ouïe, connu sous le nom de marteau. 11 est long de trois, quatre ou six lignes. Des

anatomistes ont évalué sa pesanteur à quelques grains, d’autres à quelques gros.

A six ou sept semaines , l’embryon est gros comme une abeille , long de dix à onze lignes. Il pèse de six gros à une once. Les traces de l’organisation y sont très-manifestes. On y distingue l’emplacement et l’origine des membres. On aperçoit deux points osseux à la place de 1 os frontal, un seul à celle de l’iléon. Le chorion semble velouté à sa surface externe, et reçoit les vaisseaux ombilicaux.

A deux mois, l’embryon prend le nom àe fœtus. Il est long de près de deux pouces et demi. Il pèse près de deux onces. La peau, encore gluante et diaphane, ne présente point de traces de fibres. Des points dossification se font remarquer a la tête, au tronc et aux membres. Quelquefois le sexe male est r^econnaissable. Les orteils et lés doigts sont distincts , les pieds presque attachés aux hanches, les mains aux épaules, les oreilles et le nez fermés, la tête très-grosse, les viscères dessinés.

A trois mois, la longueur du fœtus est de près de trois pouces et demi J sa pesanteur de près de trois onces. La peau devient plus douce; la bouehe s’ouvre ; le nez, les yeux et les oreilles restent fermés. La tête est plus pesante et plus grosse que le reste du corps j presque tous les os du crâne, du tronc, des membres, et même de l’oreille, sont distincts. L’os ischion cesse d’être cartilagineux ; le foie remplit les deux hypochondres^ ; le cordon ombijical est bien formé ; les poumons sont blancs, fermes; le ventricule et l’oreillette gauches plus grands que les droits ; la langue achevée, le cerveau gélatineux, le cristallin liquide. ,

A quatre mois, le fœtus a cinq ou six pouces de longueur, et pèse depuis quatre onces oU quatre onces et demie jusqu’à cinq onces et demie ou six onces. Depuis cette époque, toutes ses parties se développent promptement. Sa texture se fortifie; ses dimensions et sa pesanteur augmentent avec une rapidité, sensible. La peau présente quelques traces de tissu graisseux; on commence à y distinguer les poils elles cheveux; les cornets inférieurs du nez s’ossifient.

A cinq mois, la longueur totale du corps est de neuf pouces et demi; sa pesanteur de neuf à dix ou douze onces. Los pubis n’est plus cartilagineux. Le cerveau: est blanc, uni, lisse, mou, diffluant ; sa surface n’offre ni sillons ni circonvolutions : quand on le coupe, on ne distingue ni substance grise, ni points rouges à l’intérieur ; on en sépare la méningine ou pie-mère avec facilité. Les poumons ont trèspeu de volume; le cœur est très-apparent ; mais on y distingue à peine les ventricules d’avec les oreillettes. Le foie est peu éloigné du nombril, très-volumineux, et composé de deux lobes égaux ; la rate, peu développéeest accolée à l’estomac. Il n’y a qu’un peu de sérosité incolore dans la vésicule du fiel; le méconium est encore contenu dans l’intestin grêle. Les testicules, chez les mâles, avoisinent les reins vers les lombes ; les ovaires, chez les femelles, sont petits, mous, allongés, très-relevés, situés dans la même région abdominale.

A six mois, toutes les parties extérieures sont bien prononcées ; la bouche fendue; les narines ouvertes , les oreilles formées, mais non percées ; les paupières collées ; les sourcils et les cils peu épais ; les yeux formés ; la pupille ordinairement fermée par une membrane ; la tête encore très-grosse , molle; les fontanelles très-évasées; la peau commence à présenter des fibres ; elle est fine, mince, lisse, rouge, même pourprée, surtout aux mains, aux pieds, au visage, aux lèvres, aux oreilles, aux mamelles, aux plis des aines, des cuisses, des fesses. Le foie est très-étendü; l’estomac rempli de mucosité, une partie du gros intestin de méconium ; les poumons sont blancs et fermes ; les testicules encore dans le ventre sous le péritoine ; la vessie, dure, pyriforme, hors du bassin, ne présente qu’une petite cavité; le scrotum est peu développé, d’un rouge vif; la vulve proéminente entrouverte par la saillie du clitoris; les ongles sont nuis ou minces, mous, rougeâtres; les cheveux encore rares, courts, blancs, argentins. La longueur du corps, du sommet de la tête aux talons, est de douze pouces, dont la moitié répond vers l’extrémité abdominale du sternum; la pesanteur totale est d’une livre a deux livres.

A sept mois, tous les organes, tant externes qu'internes du fœtus.

sont encore plus formés. La peau est moins rouge, plus rosée , plus dense et plus fibreuse ; elle se couvre 'd’un enduit gras, sébacé ^ blanchâtre , onctueiixinégalement épais et adhérent dans les divers endroits du corps ; la membrane pupillaire disparaît ; les paupières ne sont plus collées, les cheveux ont plus de longueur, les ongles plus de consistance. La pulpe cérébrale est moins diffluante ; sa substance médullaire ou interne plus arrosée de vaisseaux,et partant,plus rouge j sa surface externe toujours blanche, mais inégale, un peu sillonnée, plus adhérente à la méningine. Les poumons sont rougeâtres ; les ventricules et les oreillettes du cœur bien distincts ; le foie est plus éloigné du nombril, la bile plus jaune, plus amère • le méconium, plus abondant, occupele cæcum et presque tout le gros intestin ; les testicules et les ovaires sont plus rapprochés du bassin. La longueur totale du corps est de quatorze pouces ; le milieu est plus voisin du sternum que du nombril; la pesanteur est de deux à trois livres.

A huit mois le fœtus est encore plus développé, et approche plus de sa maturité; la peau, plus ferme, plus fibreuse et plus blanche, est couverte de petits poils courts et très-fins. La matière onctueuse dont elle est enduite a plus de consistance ; les ongles sont plus solides; les cheveux plus longs, plus colorés, nuancés de blond, de brun'; les vaisseaux du cerveau assez fortement injectés. Les testicules s’engagent dans l’anneau suspubien ou inguinal ; la longueur du corps est de seize pouces, dont la moitié répond plus près du nombril que du sternum ; la pesanteur est de trois à quatre livres.

A neuf mois révolus , terme ordinaire de la grossesse, l’ossification est plus avancée et plus complète ; la branche ascendante de l’ischion et la branche descendante du pubis se solidifient. La clavicule a seize lignes de longueur , le cubitus vingt-six lignes, le fémur deux pouces huit lignes. Le fœtus a la tête fort grosse, mais assez ferme; elle est à peu près la dixième partie du volume total ; le crâne est large, grand ; le visage étroit, petit ; les os du sommet se touchent par leurs bords membraneux, et ont encore de la mobilité ; les fontanelles sont moins évasées, les sutures moins larges; les cheveux plus forts, plus

longs, plus foncés; les ongles plus solides. La surface externe du cerveau présente des sillons plus nombreux, plus profonds ; elle commence à prendre une teinte grisâtre , cendrée; les lobes dont cette masse est composée conservent de la mollesse, tandis que le cervelet le mésocéphale, le prolongement rachidien, et surtout les endroits qui correspondent aux cordons nerveux, ont acquis beaucoup de consistance. Les dimensions de la tête sont alors de-cinq pouces et un quart de l’occiput au menton, de quatre pouces et un quart de 1 occiput au front, de trois pouces et demi d’une bosse pariétale à 1 autre, et du sommet à la base.

A cette époque le thorax est court, cylindrique, relevé ; l’ahdomen ample, très étendu, arrondi, saillant vers le nombril; le bassin étroit, peu développé;les membres abdominaux sont courts et pas beaucoup plus longs que les membres thoraciques; le canal artériel très-ample, et ses parois très-denses; le trou de Botal très-grand; la valvule qui doit le boucher est plus ferme et plus étendue que dans les premiers mois; tout le gros intestin rempli de méconium, et la vessie d’urine. En un mot, l’appareil digestif, les poumons et le cœur, sont en état de commencer et de continuer les fonctions de la vie extra-utérine. La longueur totale du corps est de dix-huit ou vingt pouces, dont la moitiérépondau nombril, ou très-peu au-dessus. Le fœtus pèse alors six à sept livres. Ces dernières évaluations admettent beaucoup de^va-

riétés. Il est des fœtus qui n’ont que seize pouces de long, et d autres qui en ont vingt-deux, vingt-trois, et davantage. De même on en a vu qui pesaient moins de quatre livres, quoiqu’à terme, tandisque d autres en pesaient neuf ou d^. 11 s’en est trouvé qui pesaient jusqu à douze et même treize livres. Leur volume était tellement considérable, qu’il est difficile de croire qu’il y en ait eu d’un poids encore plus fort.

Je viens d’exposer les caractères des divers âges du fœtus. 11 n y a aucun doute qu’au terme de neuf mois révolus , 1 enfant ne soit apte à vivre dans la plupart des cas. Il y a cependant une grande variété dans les dimensions et dans la conformation intérieure et extérieure

des enfans à ce terme. Je n’entreprendrai pas d'en assigner les causes, il faudrait faire l’histoire de la grossesse. Quoi quil en soit, un des signes les moins équivoques du développement suffisant du fœtus est une juste proportion entre les parties supérieures et les inférieures, de sorte que le milieu du corps tombe à peu près à l’ombilic.

M se termine ce que j’avais à dire sur îa viabilité. Au moyen des données précédentes , il sera toujours^ possible de fe^connaître si l’enfant est arrivé à un a^sez haut degré de maturité pour être viable.

Il pourrait cependant arriver que l’on eût à prononcer dans un cas dont je n’ai pas parlé , celui d’un enfant monstrueux. L’expert réglerait alors son rapport sur ce que l’on sait à ce sujet. Buffon^ rangé les monstres en trois classes: ih sont presque tous en

général susceptibles de vivre; 2 .® par défaut^ la plupart sont incapables de vivre: dans tous les cas, il faut établir son opinion d’après le nombre et l’importance des organes manquons; 5.“ renversement d'organes J le peu d’exemples qu’on en a. prouve que ce renversement

n’^rapêche nullement de vivre.

Quoi que l’on sache sur les monstres , ou plutôt à cause du peu qu’on en sait, la certitude qu’un enfant monstrueux aurait vécu ne pouvant souvent être mise hors de doute, d’une manière absolue, il serait facile alors d’en tirer^des argumens en faveur des accusés.

Déterminer si Venfant est né mort ou vivant y et, dans ce dernier cas y s’il a vécu après la naissance.

Ainsi que je l’ai fait observer plus haut, vivre et respirer sont ici synonymes; car, si l’enfant n’a pas respiré après sa naissance, il n’a pas joui de la vie extra-utérine, et réciproquement. J’ai déjà fait sentir l’importance de cette question. Pour qu’on n’en doute,pas, il suffit de faire attention que, si la preuve de la vie de l’enfant n’est pas acquise, l’accusation d’infanticide est nulle, puisqu’on ne peut être accusé de

lui avoir ravi ce qu’il n’a point possédé. Cette preuve s’obtient par l’examen anatomique du fœtus, et par la docimasie pulmonaire.

Examen anatomique du fœtus. Le thorax du fœtus qui n’a pas respiré est aplati’, comprimé. Les poumons sont fermes, denses, d’un rouge brun, affaissés. Ils n’occupent qu’un petit espace dans la poitrine. Ils laissent à découvert presqu’en entier le péricarde et le cœur, surtout du coté gauche. L’instrument tranchant éprouve en les divisant une résistance pareille à celle qu’offriraient les reins ou le foie, et mieux encore la rate. Les vaisseaux pulmonaires sont vides ou presque vides. Le trou de Botal est ouvert, le diaphragme considérablement refoulé vers la poitrine, la vessie ordinairement remplie d’urine, l’estomac de mucosités , l’intestin de méconium. La bouche est fermée, la langue appliquée contre le palais.

Si l’enfant a respiré, la poitrine est arrondie, voûtée , élevée, agrandie dans toutes ses dimensions; c’est ce qu’on nomme voussure du thorax. Les poumons sont dilatés, spongieux; moins foncés, d’un rouge clair ; la capacité^du thorax est plus remplie ; les parties latérales du péricarde sont'plus recouvertes, surtout à droite, à peu d’exceptions près. Les poumons crient alors sous l’instrument tranchant. Le sang qu’ils contiennent est plus écumeux et plus abondant. Le canal artériel, le canal veineux, n’en contiennent pas, tandis que les vaisseaux pulmonaires en sont pleins ; plus d’ouverture au trou de Bolal\ dépression du centre tendineux du diaphragme. L’intestin et la vessie contiennent peu de méconium et d’urine. La bouche est ouverte, et quelquefois la langue fait saillie. Le cordon ombilical est sec, près de se détacher , ou détaché.

Les signes que je viens d’exposer ont certainement de la valeur quand ils sont réunis ; pris isolément, ils n’en ont aucune, parce qu’ils sont chacun en particulier soumis à un trop grand nombre d’exceptions, Ainsi une mauvaise conformation pçut s’opposer au développement de la poitrine. Je ne parlerai point des moyens que Daniel et Plouquet ont donnés, l’un pour mesurer la voussure du

thorax l’autre la dépression du diaphragme. Ils sont tout-à-fait insuffisans, parce qu’il u’y a point, dans de pareilles expériences, de point fixe de départ. De plus, l'insufflation peut suffire pour distendre ies poumons, qui eux-mêmes ne sont pas toujours distendus cher les enfans qui ont respiré.Ces deux points ont été prouvés par Sehmitt. Chez des enfans qui ont respiré, la couleur des poumons est souvent très-diverse. et la strangulation, en les gorgeant de sang, altère cette couleur. Les signes tirés de la vacuité de la vessie et de l’intestin peuvent tenir à d’autres causes, comme aux contractions de la matrice méndanl l’accouchement. Enfin les changemens du trou de Botal, du canal artériel, du canal veineux et du cordon, sont à la vérité plus certains et plus stables, mais leur caractère n’est bien déterminé que

quelques jours après la naissance.

Docimasie pulmonaire. Le mot daeimasie est emprunté à la métal- . lurgie-, il vient du grec dozifca?® , j’essaie, j’éprome. En ajoutant le mot pulmonaire, on indique que les épreifves se font sur les organes de la respiration d’un nouveau-né. Leur but est de découvrir s’il a ou s’il n a pas respiré.

Ces épreuves sont au nombre de trois ; elles sont connues sous les ' noms de leurs auteurs, Plouquet, Daniel et Gaüen. Je vais successiveriiênt les décrire.

Épreme dePioUQiiET, ou statique des poumons. Le procédé de Plououet consiste à peser d'une part le fcétus entier, de l’autre les pounmns dégagés de leurs annexes. et à établir un rapport entre ces deux poids. Cet auteur fit connaître ce moyen ingénieux en 1,83. La respiration amenant dans les poumons une partie du sang qui avant la naissance retournait au placenta, après cet acte leur pesanteur absolue doit nécessairement augmenter. Flouquei, dapres ses lecherches, établit que le rapport dont je viens de parler est comme un a soixante-dix chez les enfans qui n’ont pas respiré, et comme deux a soixante-dix, ou comme un à trente-cinq chez ceux qui ont respiré.

Cette expérience est spécieuse ; elle est fondée sur un principe in-

contestable. Pour qu elle fût décisive ,11 faudrait que la respiration et la circulation pulmonaires s établissent avec la même facilité sur tous les enfans nouvellement nés. Or, c’est ce que l’expérience journalière dément. Il faudrait en outre que le rapport entre le poids du corps et celui des poumons fût constant. Une foule de causes le font varier : par exemple, le sexe, l’activité nutritive des organes, le degré d’obésité ou d’embonpoint des individus. Aussi Schmitt et M. le professeur ehaussier ayant répété ces expériences,l’un à Vienne, et le second à Paris, ont-ils trouvé un résultat absolument inverse. En conséquence, on ne peut s’en rapporter, à une épreuve dont les bases sont aussi incertaines. Cependant elle n’est pas inutile; et peut-être, lorsque l’enfant est à terme et bien conformé , pourrait-on s’en servir avec avantage pour déterminer si les poumons surnagent par suite de la respiration ou de l’insufflation. Garce dernier moyen de dilatation rend les poumons spéciûquement plus légers, mais n’augmente pas leur pesanteur absolue, comme levait la respiration par la circulation, qui en est la conséquence immédiate.

Epreuve de Daniel. On'^a conseillé de vérifier et de confirmer l’epreuve de Plouquet ^^v celle de Daniel Pour faire cette expérience, on pèse d’abord les poumons dans l’air ; on note^ le poids : on les pèse dans l’eau; on note encore lé poids, plus l’élévation de leau dans un tube gradué. Or, comme on sait qu’un corps pesé dans l’eau déplace un volume de liquide égal au sien propre , et qu’il perd en poids celui du volume d’eau qu’H a déplacé, on obtiendra des résultats comparables, et dont on pourra tirer parti dans la question qui nous occupe. .

Voici ces résultats :

Poumons pesés dans I air.

Après la respiration ..... • •

Après l’insufflation ou la putréfaction Poumons d’enfant mort né ....

100 gammes, 5o id.

5o id.

Poumons pesés dans Veau,

Après la respiration . . ... 8o grammes

Après l’insufflation ou la putréfaction. ... 5o id. Poumons d’enfant mort né . . . . . . . . l\o id.

Déplacement de Veau ^ et son élévation dans le vase.

Après la respiration . .. lo centimètres.

Après l’insufflation ou la putréfaction. . . . lo id. Poumons d’enfant mort né .. 5 id.

Il ne faut pas avoir des connaissances bien profondes en physique pour reconnaître que les principes sur lesquels reposent ces expériences sont vrais. Mais comme, dans l’épreuve de Plouquet^ les termes de comparaison étant fixés*invariablement et d’avance pour tous les cas , on est exposé à des erreurs , â cause de la grande variété des sujets sur lesquels il faut opérer. De plus, cette méthode exige tant de précautions, des instruméns si exacts , qu’on a cessé totalement d’y avoir recours. V

Epreuve de Galien, ou hydrostatique des poumons. Cette épreuve est certainement la plus ancienne. Galien, dont elle porte le nom , est le premier qui l’ait indiquée. Quoiqu’elle soit fort simple, et décisive dans un grand nombre de cas, elle tomba dans l’oubli. Ce ne fut qu’au milieu du dix-septième siècle que Thomas Bartholin et JeanSwammerdam la rappelèrent à l’attention des sa vans. Quelque temps après, Jean Schreger la consacra à la médecine légale, où elle est maintenant fort employée. On la pratique ainsi qu’il suit : on ouvre la poitrine, on coupe la trachée-artère et les*vaisseaux sanguins. Après les avoir liés, on enlève à la fois le cœur et les poumons. On les plonge dans un vase plein d’eau ; ce vase aura au moins un pied de profondeur ; l’eau doit être limpide, ne contenant pas de

sels en dissolution, et à la température ordinaire, c’est-a-dire de i5 à 20 degrés. On observe si le cœur et les poumons se précipitent dans l’eau avec lenteur ou brusquement. On y replace poumons sans le cœur. On examine si tous deux descendent à la même profondeur , ou si Vun des deux, et lequel des deux surnage. On répète l’expérience avec chacun des poumons, puis avec chaque poumon coupé en plusieurs morceaux. On distingue avec soin les morceaux du poumon droit de ceux du pouiqon gauche. Enfin on exprime entre les doigts , sous l’eau, chacun de ces morceaux. On observe s’il s’en dégage des bulles d’air, et si, après l’expression , ils surnagent encore, ou vont au fond de l’eau. En coupant les poumons, on examine également s’ils crépitent sous le scalpel, s’il en sort beaucoup de sang, si le parenchyme en est altéré, squirrheux , ou dans l’état naturel.

D’après tout ce qui précède , on voit quelle est la conclusion de cette expérience. Si les poumons entiers et divisés par morceaux se précipitent au fond du vase, leur pesanteur spécifique est plus grande que celle de l’eau : par conséquent point de respiration. S’ils surnagent en totalité , le contraire a lieu, et cette fonction a été complète. Surnagent-ils par fragmens , elle a été incomplète.

On a élevé contre cette méthode un grand nombre d’objections. Les principales sont au nombre de qyatre. II est nécessaire de les discuter ; car, dans une question de cette importance, il serait 4 désirer que l’on pût procéder en quelque sorte avec une exactitude mathématique.

1 .® JJenjant peut respirer avant d'être né. Cette objection peut donner lieu à deux questions, i.® N’est-il pas possible qu après la rupture des membranes et l’écoulement des eaux , 1 enfant , présentant la bouche au passage, commence à respirer avant de naître, et

meure ensuite pendant l’accouchement? Osiander et Sabatier m-

solvent cette question affirmativement. A la vérité, aucun fait jusqu’à présent n’est venu confirmer leur opinion ; mais des expériences

récentes semblent indiquer qu’il ne faut pas la regarder comme inadmissible En incisant avec précàuUon 1 utérus d une femelle p eme , Mde professeur .Becfarrf a aperçu très-distinctement à travers les lénrbranes de l’amnios des mouvemens respiratoires. Ils deviennent plus rapprochés à mesure que, par le resserrement progressif de rutérus la circulation entre la mère et le fœtus devient plus imparfaite 2 .» Le foetus dont la tête seulement a franchi la vulve ne peut-il pas respirer pendant que le reste du corps continue à être renfermé dans les parties sexuelles de la mère ? Cette question a été vivement débattnè. Camper, Meckel, Daniel, sont pour la négative ; Morgagm , WiUiam-Hunter, Ploiiquet, Haller , ont soutenu l’affirmative. Baudetocque émet la même opinion dans son Cours d’accouchemens, et des observations d’Oswmfer et de Schmitt ont, mis k vérité de cette opinion hors de doute : c’est à l’expert à en tenir compte.

2 .° Les poumons'peuvent surnager, quoique fenfant naît pas Les causes qui peuvent produire ce résultat sont, i. la putréfaction ; 2.*" l’insuilation artificielle, ou un état emphysémateux du poumon. i.° La putréfaction développe des gaz dans l’intérieur, des poumons, les rend effectivement plus légers et propres à surnager ; mai^il y a trois moyens principaux de distinguer ses effets de ceux delà respiration. Le premier consiste à plonger dans l’eau des viscères dont la putréfaction pgmente la légèreté spécifique à peu près dans la même proportion que celle des poumons ; tels sont, la vessie , le thymus, ou plutôt le foie. Si ces organes surnagent, on en ecnclura que la légèreté des poumons peut être reff|t de la putréfaction ; s’ils ne surnagent pas , on sera assuré que la légèreté des poumons est due à l’air que l’acte respiratoire a intrnduit dans leur tissu. Le second moyen est l’incision des poumons. S’il se produit pendant qu’on l’exécute une sorte de frémissement, un son particutieF, il paraît certain que le poumon provient d’un ’enfant qui a respiré ; ce son existe alors même lorsqu’il y a putréfaction.,Il ne faut

pas cependant avoir une confiance illimitée dans ce signe. Le troisième moyen consiste à esprimer d’un morceaü de poumon les gaz développés par la putréfaction. Si l’enfant a respiré, ce morceau surnagera encore, sinon il ira au fond du vase. La putréfaction n’atténue donc en rien la validité de l’épreuve hydrostatique , lorsqu’on ne néglige aucun des moyens diagnostiques dont je viens de parler. On conçoit que. lorsqu’elle est très-avancée, on ne peut plus tirer de preuves’ du corps du délit. 2." 'insufilation artificielle , ou état empyrémateus du poumon. Les effets.de l'emphysème sont assez faciles à reconnsitre. D’abord cet état est toujours le produit d’une contusion ; le sang s’épanche alors , se putréfie ; d’où développement de gaz. Mais ce sang donne aux poumons une teinte brune et violacée ; l’expression chasse facilement les gaz. Ces remarques sont dues a M le professeur Chaussier. L’insufflation est beaucoup plus difficile à reconnaître. On prétend que la'dilatation incomplète des poumons, l’absence de la crépitation, le défaut de voussure du thorax , la vacuité des vaisseaux sanguins pulmonaires sans hémorrhagie precedente, on prétend, dis-je, que ces signes sont propres a la taire

distinguer. L’expérience journalière démontre qu’il ne faut nullement ' compter sur leur invariabilité. a prouvé , entre autres , que ■

l’insufflation pouvait dilater complètement les poumons. On ne saurait donc apporter trop de réserve quand il s’agit de prononcer sur l’insufflation.

3. ° Lorsque l’épreuve hydrostatique constate que Lenfant n’a pas respiré , il né est-pas prouvé qué il d a point vécu. ZeX\.e objecttion es^éelle ; mais., comme il n’existe aucun moyen de constater-da vie lorsque son existence n’est point révélée par là respiration, les limites de l’art nous forcent à conclure que rien ne prouve que 1 en ant qui n’a pas res^ré a vécu , bien que toutefois il ait pu en être autrement.

4 . " Il arrive que les poumons ne surnagent pas quoique l enfant ait vécu. ScHMiTT a cité des faits de ce genre; ils ne peuvent guere se rencontrer que chez des foetus non à terme, ou d’une faiblesse ex-

trême Les cal de fcette espèce étant fort rares, et la méprise d’ailleurs ne pouvant avoir de suites funestes pour un accusé innocent, cette objection n’a point de valeur.

On voit qu’il y a plusieurs de ces objections qui sont fondées. Il faut alors, pour résoudre la question posée au commencement de cet article, s’aider des divers moyens que j’y ai présentés. 11 y a beaucoup de circonstances où l’on obtiendra un résultat positif. Si l’on n’arrive qu’au doute, j’ai déjà dit comment on doit l’interpréter.

^vant dé passer à l’examen des causes qui peuvent produire la mort de Fenfant, il se présente deux que qu’il serait avanta¬

geux de résoudre, et qui se rattachent à l’article que je viens de traiter : 1 .“ combien de temps l’enfant a-t-il vécu? 2 .° Depuis combien de temps est-il mort ?

- i.° Combien de, temps F enfant a-t-il vécu P Les données sur ce point ne sont pas précises, mais il est quelques sipes auxquels on doit faire attention. La peau est onctueuse, couverte d’un enduit gras, le cordon est mou, l’estomac vide, lorsque 1 enfant » a vécu que quelques heures. Si la peau est sèche , l’épiderme soulevé, s’il ÿ a de^ alimens dans l’estomac, si le cordon est cicatrisé, s’il n’y a .plus de méconium dans les intestins, on pourra affirmer qu’il a vécu plusieurs jours.

2 P Depuis combien de temps F enfant est-il mort P Si l’on pouvait

dire quelles sont les altérations successives que présente la putréfac- ■ tion , si elles n’étaient pas subordonnées à une foule de circonstances, on répondrait à .cette question; mais aucun auteur ne s’est encore dccupé de ce travail. Il faudra donc observer la rigidité du cadavre, examiner si elle a lieu ou si elle est i)assée; si le corps est froid ou chaud , si l’oeil est abaissé, les muqueuses rouges ou dpcolorees. Il faudra s’informer du lieu où lé cadavre a été trouvé. Le ventre est-il vert, selon M. Chaussier, ce phénomène n’a lieu que lorsque les intestins contiennent des alimens. Ce que l’on voit journellement dans les amphithéâtres de dissection donnerait à penser que cette

remarque n’est pas généralement Traie- Si le cadavre était entièrement rempli de gaz, on ne pourrait plus reconnaître depuis quel temps la mort a eu lieu. Comme on le voit au reste, cette question est loin d’être suffisamment éclaircie ; il y a encore beaucoup de recherches à faire à ce sujet.

L^enfant ayant vécu j déterminer si la mort a éle naturelle ou violente. ■

Pour ne rien omettre dans cet article essentiel, il faut le diviser en deux parties. La première contiendra les causes innocentes capables de produire la mort de l’enfant ; la seconde, les causes criminelles qui peuvent atteindre au même but. Ces dernières, ainsi que Je l’ai dit en commençant, seront examinées sous le nom à’infanticide par omission et par commission. Lorsqu’il est démontré qu’un enfant est né viable et qu’il a respiré, il faudra nécessairement rapporter sa mort aux-causes innocentes ou aux causes criminelles. De là dépendra évidemment le salut ou la condamnation de la personne accusée.

Causes innocentes de la mort de l'enfant.

L’enfant qui vient de naître peut périr naturellement, s’il est veüu avant terme, et qu’il soit en quelque sorte avorté; si, la mère ayant été malade pendant la grossesse, il est d une faiblesse extrême ; si luimême a été malade pendant sa vie intra-utérine, s il est acéphale, hydrocéphale, ou monstrueux; si le bassin de la femme était mal conformé ; s’il porte sur quelques parties du corps des tumeurs qui communiquent avec les grandes cavités. Il ne faut pas confondre ces tumeurs avec celles qui sont la suite d’un accouchement pénible ou trop lent ; on en trouve souvent de cette nature au cuir chevelu. Dans ce cas aussi, l’enfant peut présenter des contusions, des ecchymoses , des changemens de forme à la tête , surtout s ü était volumineux, s’ü a été comprimé fortement par la matrice, ou soumis

aux efforts des gens de l’art ; c’est ce qui arrive encore lorsque l’enfant est mal situé, le bassin trop resserré, la matr.ce trop obhque, la femme trop vieille , et par suite la rigidité des parties de la génération trop grande. On a dit qu’il y avait des cas ou la matrice pouvait, en se contractant, briser les os des membres, et déprimer ceux de la tête; ces cas doivent être assez rares.

Si les contractions de i’uîérus sont fortes et rapides, le fœtus peu volumineux, le bassin très-large, les parties de la générât,on trèssouples et élargies par un certain nombre d’accoucliemens anterieurs, il peut arriver que le fœtus sorte en bloc, enveloppe de ses membranes ; alors, si on ne lui porte un prompt secours, il périt par asphyxie , ou par hémorrhagie. Pour que la femme soit excusable, il faut quelle soit accouchée seule et pour la première fois, ou quelle ait perdu connaissance.. Cette dernière circonstance existant, il pourrait arriver que l’enfant, privé de secours , pérît à cause de l’entortillement du cordon autour du cou; alors il mourrait apoplectique. On le reconnaîtrait à rengorgemént des vaisseaux cérébraux. Ici l’occlusion du trou de Bolal ne prouverait rien contre la mère.

On regarde Comme possible que, par une contraction brusque, l’enfant s’échappe de la matrice, tombe sur des corps durs, et se fasse ainsi différentes lésions plus ou moins mortelles. Des expériences ont été faites à ce sujet par Ml le professeur Chausser', elles ne paraissent pas tout-à-fait concluantes , parce qu elles ont été faites sur des en fans morts, et par conséquent ne poütant opposer au choc qu’une force d’inertie. En second lieu , lorsque 1 enfant tombe ainsi de la matrice, il est presque toujours soutenu, ou du moins la cliUte

est amortie par la résistance du cordon ombilical.

Si le placenta est implanté sur l’orifice de la matiice, ou qui! soit détaché et se présente à l’orifice en meme temps que len ant, i est possible que celui-ci périsse d’hémorrhagie, et que la mère ne puisse le secourir, épuisée aussi par la perte de son sang. Enfin, si la inere accouche seule et privée de secours; si, par une cause quelconque, elle tombe en syncope, en apoplexie, en convulsions, il se peut que

i'enfant, sortant de rutérus, subisse alors une nouvelle espèce d’asphyxie; car. surtout dans l’accouchement parles raembres inférieurs, il est contraint à recevoir par la bouche et les narines des glaires ou du sang qui l’empêchent de continuer à respirer.

Telles sont les causes principales qui peuxent faire périr innocemment le fœtus. Sans doute il doit se présenter parfois quelques-uns de ces faits particuliers qui échappent à un exposé général. C’est à la sagacité du médecin et à son vif désir de découvrir la vérité qu’il faut s’en remettre pour tout ce qui fait exception aux règles et aux principes.

Causes criminelles de la mort de Venfant.

Infanticide par omission.

Température. L’enfant, en naissant, est souvent si faible, qu’un changement brusque dans la température nouvelle où il se trouve plongé peut le faire périr. Si donc, par un grand froid , l’enfent a été trouvé nu, ou presque nu, exposé sur une pierre;: si son corps est décoloré, si les gros vaisseaux intérieurs sont gorgés de sang, tandis que les vaisseaux cutanés sont presque vides et contractés, si l’épreuve pulmonaire annonce en même temps que l’acte de la respiration a eu lieu, on en conclura qu’une intention coupable a nécessairement présidé à sa mort: car il tombe sous le bon sens qu’une semblable omission des soins les plus simples n’a pu être involontaire. Il en serait de même si le foetus avait été abandonné dans un lieu trèschaud, soit auprès d’un foyer ardent, soit en été sous l’influence trop vive des rayons solaires , surtout si l’enfant se trouvait placé dans le voisinage d’un placenta en putréfaction, et soumis aux funestes émanations qui s’en exhalent.

Inanition. On ne peut sans danger laisser un enfant qui vient de naître plus de vingt-quatre heures sans nourriture. Une abstinence plus longue exposerait sa vie. Cette mort est devoiiee par lab-

- sence de toute lésion, une aptiiude complète à ïivre, et la yacuité r ’estomac et des intestins, Ce genre d'infanticde est souvent reum précédent; car l'abandon d'un enfant le pr.ve nécessairement de

nourriture. ^

Jsphrocie en naissant. J’ai parlé de ce genre de mort dans l'article précédent. J'ai erposé en même temps les cas ou la mère peut être eicusable. C'est principalement lorsqu’elle est seule, qu el,e éprouve

quelque accident, ou qulelle accouche pour la première fois.

Défaut de ligature du cordon onihitical.-De temps immémorial, on a senti ia nécessité de lier le cordon ombilical avant ou après l’avoir Hippocraie et Galien ont recommandé cette ligature.

Chez des peuples barbares même , cette opération est regardée comme indispensable, les femmes en sont chargées, et plusieurs se servent de leurs cheveux pour la pratiquer. Ainsi font les Kamschadales el les Karagaises. Ce ne fut que vers* la fm du dix-septième siècle que I on mit en question la nécessité absolue de la ligature : beaucoup de recherches et de discussions ont eu lieu sur ce point important; les opinions sont encore partagées. Quoi qu il en soit, il est hors e oute qu’il y a des cas où l’enfant peut périr d’hémorrhagie par defaut de

' ligature du cordon. La question , ce me semble , se trouve par cela

même décidée. Si une femme étant accouchée seule , ^ ^ î

on trouve son enfant mort, et le cordon ombilical sans etre lie, ,11 f.îv erfrailieurs il n y a point de srigne

coupe , ou tenant a larnere-faiX-v-î U ai j i

11, 7 , . 1 ..aQ liPii à cause du seul manque de

d hemorrhaeie, il n y aura pas iieu,, ^ ^

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