IV. Marche d'Jè'rîa à File. d. i
Carthage ( i ). Il est vraisemblable qu'il y séjourna, et que c'est ce quia valu cette dénomination à cette ancienne ville. Peut-être y passa-t-il la première nuit qui lui fut nécessaire pour disposer sa marche, avant d'entrer dans l'île, où il demeura quatre jours. Le troisième; jour depuis le passage du fleuve , le second depuis l'arrivée d'Annibal à l'ile, Scipion vint à Roquemaure, à l'endroit où les Carthaginois;; avaient passé le fleuve, lorsque ce général romain eut pris le parti de retourner dans la Tirrlîénie, c'est-à-dire en Toscane, croyant que les Barbares des Alpes leur opposeraient assez d'obstacles. Ce fut seulement le cinquième jour, c'est-à-dire le lendemain du départ de Scipion, qu'Annibal, prenant sa route de la mer vers l'orient, comme le dit Polibe (2), et cette observation est très-importanie , tra-
(i) Ou plutôt que son nom carthaginois Karlha" hadatlion hadtha , en latin Carthada. Ces noms, dans la langue phénicienne et dans la langue helîraïque , toutes deux fort semblables, signifient la Ville-Neuve. Histoire Romaine , par Rollin. Paris , 1771^ tome 4, page 20.
(2) Antiqnite's de Vaucluse, p. I2g. J'ai rapporté ci-dessus le même passage.
22 IV. Marche d'Aërîa à Vile.
versa Orange et les deux branches de l'Eygues , et tourna à droite, après avoir traversé la seconde branche, ainsi que le font encore aujourd'hui ceux qui veulent aller d'Orange à Nions.
Mais pour admettre celte explication , que les militaires qui connaissent les lieus comprendront facilement, il faut laisser les traductions et recourir aux textes. Une discussion grammaticale est ici absolument nécessaire, M. Letronne a fort bien observé ( i ) que la phrase grecque de Polibe a été mal comprise jusqu'à présent, parce que l'on n'a pas fait attention au mot «§mî dans la phrase P^m&uç ^i
'KoiUffoiftevoÇ EHHS fTTÏ TsTla^ojÇ yî/Ae^a.Ç r^v vo^elav (2);
mais prévenu de l'opinion de M. de Mandajors, qu'il a soutenue avec plus de zèle et d'érudition que de véritable connaissance des localités, il a voulu qu"*^^5 signifiât ici de suite , pour exprimer la hâte avec laquelle il croyait qu'Annibal voulait s'éloigner des Romains. Mais s'il avait
(i) Journal des Sayans, janvier 1819, page 26, note (i).
(2) Folib. III, 49, t. I; p. 49^, dans l'édition de Scbweighaeuser.