IV. Marche d^Aè'ria à Vile
d'Annibal , comme l'a fait Casaubon dans sa version latine (i), ce qui avait fait croire qu'Annibal s'était éloigné du Rhône assez rapidement pour arriver avec toute son armée en quatre jours sur les bords de l'Isère, en. traversant le Roubion et la Drôme^ opinion véritablement absurde pour tous ceux qui connaissent les lieus.
Tite-Live, au lieu de dire comme Polibe « pendant quatre jours de suite , » «l»»^ eVi Tirloc^aç i^ê^«? , s'cst scrvi de l'expression quartis castris ^ qui semble annoncer un quatrième campement, et le traducteur a suivi cette idée ; mais cette expression amphibologique d'un écrivain connu pour ne pas avoir l'exactitude militaire de Polibe, ne doit être [considérée que comme une simple traduction assez mal faite. C'est à l'original qu'il faut s'en tenir, et Polibe, en énonçant que Scipion s'était retiré le troisième jour après le passage jdu fleuve , et qu'Annibal avait ensuite conii- Qué sa route, a suffisamment exprimé que le général carthaginois ne s'est éloigné du Rhône iju'après la retraite du général romain , et
(i) Typis Wechelianis» 1609, P* ^oa.
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conséquemment qu'il a pu l'attendre , ce qu'il est très-naturel de penser.
On observera qu'en lisant attentivement le texte de Polibe et celui de Tite-Live , il sera facile de reconnaître que Scipion, après son débarquement sur les côtes de la Gaule, avait cru trouver Annibal sur la route d'Espagne au Rhône, en sorte qu'il n'était pas sur la rive gauche du Rhône , comme l'ont cru quelques modernes, et qu'il n'avait nul besoin de passer la Durance , soit qu'il eût débarqué en Languedoc, soit qu'ayant débarqué en Provence, il eût passé le Rhône à Ugernum ( Tarascon ) , comme le fesaient les Marseillais pour aller en Espagne par terre. Voyez l'article Pons œrarius dans la Notice des Gaules par d'Anville.
Telle est du moins ma manière de voir ei de comprendre la marche d' Annibal jusqu'È son île. Je ne la donne pour règle à personne en aucune manière. Le correspondant de Annales Militaires prouve assez bien qu Annibal n'a pu s'avancer en quatre jours jusqu'i l'Isère , et cela n'était pas difficile à démontre pour un militaire qui connaît les lieus, et qu sait ce que c'est que de faire mouvoir un armée de cinquante mille fantassins, neuf mill