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dans sa nomenclature 5 et lorsqu'il veut faire connaître la situation des Etats que le Pape possédait en France (i), il dit que ces Etats sont bornés au nord par l'Ouvèze (Oi^asicus) ^ l'Eygues (Bicarus)^ et d'autres limites qui le séparent du pays des Aliobroges, aujourd'hui le Dauphîné. Bullet, qui nous a donne de volumineux Mémoires en plusieurs tomes in-folio sur la langue celtique, dit que Car y signifie embouchure, en sorte que Hicar ^ latinisé en BicaruSy veut dire double embouchure. On sent bien que celte étimoiogie n'est qu'une simple conjecture qui seule n'aurait aucune force , et qui ne prouverait rien, si elle ne venait à l'appui du témoignage des auteurs anciens. Mais ce serait prêter soi-même au ridicule que de trouver plaisant que les Celtes employassent leur langue pour former les noms propres , comme si les noms propres n'étaient pas ceux qui conservaient le plus long-tems les anciennes formes du langage. Il est donc fort simple que des peuples aussi voisins de
cini» Lugduni, i658, p. 6 de la Préface. Bicarus , Eygues.
(i) Id. p. I da texte, et 9 de l'ouvrage entier.
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Marseille , aient suivi Texemple de ses habitans en parlant trois langues, le celtique, le latin et le §rec, comme nous l'apprenons de Varron. Lorsque ce savant nous dit qu'on parlait trois langues à Marseille , il nous prouve bien évidemment que les Phocéens y conservaient leur langue, et qu'ils étaient obligés de savoir le celtique pour commercer avec les Celtes, et le latin pour commercer avec les Latins.
C'est ce que nous dit formellement Isidore de Se ville (i), nommé à l'évêché de cette ville Tan 60 1, et qui a composé son Traité des Origines sur des livres que nous n'avons plus aujourd'hui. Je donnerai ici en entier la traduction de ce passage, qui m'a paru curieux. <t Lorsque Cirus se fut emparé des villes mate ritimes de la Grèce, et que les Phocéens, '*i vaincus par lui, étaient livrés à tous les u malheurs qui suivent la conquête, ils jurè- (c rent de s'éloigner si loin de l'empire des (c Perses, qu'ils n'entendraient plus même
(1) Originum, lihri xv, cap. r, âd^ns les Auctores lin^ice îatinœ. Genevœ y 162.2 y page 1189, ligue 48 et suivantes.