V. Ile ou Delta. ^i
décrit (i), et qui lui donne le nom d'Aiguës, ou de la Vigne. Il naît au - dessus de Saint- André-de-Rozans, où il se joint à un autre torrent appelé Lidane. Il reçoit, au-dessous de Rémusat , une petite rivière aussi considérable que lui , dont la source est au-dessus de Chalançon, et qui se nomme l'Oulle. Une autre petite rivière, connue sous le nom de Leynuées, s'unit à lui à Curnier , un peu au-dessus des Piles. Ces quatre torrens, réunis à beaucoup d'autres, forment une petite rivière pendant un cours que ses détours peuvent faire évaluer à près de trente lieues, jusqu'à son embouchure dans le Rhône. C'est environ à trois lieues au-dessus de cette embouchure, qu'il est subdivisé en deux branches, dont l'une va se joindre à une petite rivière, connue sous le nom de la Meyne, et tombe avec elle dans le Rhône à plus de deux lieues de l'autre. Il en résulte une petite île de deux lieues de base sur trois lieues de hauteur, et plus exactement, de six mille romains sur dix, qui occupe environ quatre lieues carrées d'un terrain trèsfertile en blé , où se trouvent renfermées les
(i) Voyez le n°. 121 de cette carte.
42 V. Ile ou Delta:
villes d'Orange et de Caderousse. Je conviens qu'il y a loin de là au Delta d'Egipte , que M. de Luc évalue à une longueur de 96 milles romains sur une base de 76 milles, prise depuis le bras du Nil à Rosette , jusqu'à celui de Damîetle. Cet écrivain ajoute que Polibe connaissait bien celte étendue, puisqu'il avait été en Egipte, dans sa jeunesse, l'an 198 avant notre ère (i). Polibe avait alors huit ans; c'est faire des observations à un âge bien précoce.
On s'est autorisé du mot grec ►>''^»5 qui est celui dont se sert Polibe pour désigner son Delta ^ et qui signifie quelquefois presqu'île, du moins dans la composition des mots, comme dans le Péloponèse, pour faire ce Delta avec deux rivières et des montagnes. M. de Mandajors est le premier des modernes que je sache avoir eu cette opinion. 11 a lu Isara dans les textes de Polibe et de Tite - Live, qu'il a corrigés sans le secours d'un seul manuscrit, et d'Anville a suivi son opinion. Elle a été adoptée par M. de Luc , qui en forme le territoire des AUobroges. Mais Polibe dit, au contraire, que ce fut après être sorti de cette île, qu'Annibal
(i) Hist. du Passage ,d«s Alpes , p. ^jy