‹ Dissertation sur J.-B. Poquelin-Molière, sur ses anetres, l'epoque de sa naissance qui avait eté inconnue jusqu'a présent; sur son buste et un inscriptionChapitre 28 sur 73 · V. Hé ou Delta · texte numérisé non relu

V. Hé ou Delta

la masse des eaux que la Meyne conduit à Orange, plus encore autrefois qu'à présent, que cette ville a beaucoup perdu de son ancienne splendeur. Arausio, c'est le nom qu'on lui donnait du temps d'Annibal , paraît avoir été la capitale des Cavares avant Avignon , et cette ville était le séjour d'une légion sous les Romains. Polibe ne dit pas que les montagnes, que j'affirme être le rocher de Montfaucon, forment , mais bordent un des côtés de l'île , et c'est le côté que forme le Rhône. C'est ainsi du moins que dom Thuillier a cru devoir expliquer le texte de Polibe, qui, sans cela, aurait été contraire à celui de Tite-Live, où il ne paraît être question que d'une île véritable. D'après cette explication, rien n'est assurément plus clair , ni plus facile à comprendre. Je crois avoir levé tous les doutes sur l'île de Polibe et de Tite-Live. Deux ponts à passer, dans une même journée , sur deux rivières qui peuvent êire considérées comme n'en faisant qu'une seule, et qui ont pour bassin un espace de trente lieues de longueur sur une ' assez grande largeur, qui ont conséquemment assez d'eau pour ne pouvoir être passées à pies joints en cet endroit , comme cela a été dit par quelqu'un qui n'y a sans doute jamais

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été, ces deux ponts, dis-je, ont dû naturellement faire donner le nom d'île au terrain intermédiaire, par une armée qui mettait quatre jours à le traverser, et qui a pu s'exagérer sa grandeur. On ne doit pas être surpris que la possession en fut disputée par les Allobroges, qui autrefois, disait Strabon (i), en parlant d'un tems peu éloigné de celui de Tite-Live, fesaient la guerre avec des armées nombreuses. M. R..., qui a fait la note de la Bibliothèque de Genève (2) , convient que l'île des Allobroges de M. de Luc, la même que celle de Mandajors, n'a pas la forme du Delta d'Egipte, et il reconnaît que, du tems de Polibe, la géographie était extrêmement imparfaite. Cette science , dit aussi M. de Luc (5) , était alors bien éloignée de ce degré d'exactitude qu'elle a atteint de nos jours. Si, donc, M. de Luc est autorisé à n'admettre qu'en partie le texte de Polibe en cette occasion, il m'est permis d'en faire autant. Mon ile, surtout dans la

(i) Lirre IV, i, p. z8 da tome 2 de la traduction française» i

(3) Hist. du Pacage des Alpes , p. 88«

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