DIEU EST INFINIMENT SAINT ET VÉRIDIQUE
I. Nous entendons par la sainteté de Dieu son opposition formelle au mal moral, la contradiction absolue et essentielle de sa nature avec toute affection et toute opération vicieuse. H n'est pas nécessaire de s'étendre beaucoup pour prouver cet attribut divin (160). La plus grande des imperfections est certainement le péché ; ainsi le plus léger péché, l'ombre même du péché, est essentiellement incompatible avec l'infinie perfection. Connaissant ses perfections , Dieu ne peut pas ne pas les aimer : il est donc dans sa nature de haïr ce qui y est contraire. Et qu'est-ce qui pourrait altérer cette extrême pureté de la sainteté divine ? l'être suprême n'est susceptible ni des faiblesses ni des passions qui induisent les hommes au péché. Enfin, nous disons à ceux qui admettent au moins une loi naturelle , que
cette loi tendant à éloigner l'homme de toute faute , doit avoir un auteur qui ait toute faute en horreur,
II. Une conséquence immédiate et nécessaire de la sainteté de Dieu est sa véracité. Elle consiste en ce que, s'il dit quelque chose, il est sincère; s'il fait quelque promesse, il y est fidèle ( 1 6 1 ) . Le mensonge est un péché, la fausseté un grand vice ; l'être essentiellement saint ne peut donc pas en être infecté. Il résulte^ de là que, s'il est prouvé que Dieu ait parlé, on doit à ses paroles une foi entière, et que ce serait une extravagance autant qu'une impiété d'en douter, puisqu'il ne peut ni recevoir l'erreur, à raison de sa toute^science, ni la communiquer, d'après sa véracité.