XVIII PRÉFACE
pouvoir mieux juger de la certitude ou de l'incertitude de rhistoire romaine que ceux qui étaient à portée de consulter les monuments qui en restaient, et qui, sur leur autorité, nous ont transmis cette même histoire.
Cela formerait, à la vérité, un préjugé bien fort contre l'opinion que j'entreprends d'établir, si elle était en effet combattue par ce que les historiens les plus accrédités et les plus fameux en disent. Mais, au contraire, ce n'est qu'appuyé de l'autorité des auteurs grecs et romains dont la réputation est le mieux établie, que j'entreprends d'ébranler les fondements sur lesquels l'histoire de ces premiers siècles est appuyée. Ce n'est que sur leur témoignage exprès que je me fonde, et c'est ce qui doit former plutôt un préjugé en ma faveur. Je ne presse point leurs expressions pour y trouver de quoi soutenir mon opinion ; je les prends toujours au sens qu'elles renferment naturellement, et je n'en tire que les conséquences qui en découlent d'elles-mêmes. Ce n'est point non plus par le nombre que je prétends fortifier ma cause. J'ai fait peu de compte de ce que j'aurais pu emprunter de quelques faiseurs d'Abrégés. Je me suis contenté de me munir de l'autorité de Gicéron, de Tite-Live, de Pline, de Tacite et de Suétone, entre les Latins ; de Polybe , de Denys d'Halicarnasse et dePlutarque, entre les Grecs. Ce sont là presque les seuls auteurs sur les témoignages desquels je me fonde. Si on peut leur en opposer de plus graves et de plus dignes de foi, j'avouerai que j'ai tort de me fier aux premiers.
De très-savants hommes ont. montré, il y a longtemps,