Liyius, lib. I, cap. xxiv
DE L'HISTOIRE ROMAINE. i89
témoin oculaire de tout ce qui s'était passé à cette occasion, il n'en aurait pas mieux pu recueillir jusqu'à la moindre particularité. Pour y donner encore un air plus romanesque, il nous apprend^ que les Horaces et lesGuriaces étaient fils de deux sœurs qui se marièrent et accouchèrent, dans le même temps, chacune de trois jujneaux. Tite-Live a eu tort, en vérité, d'omettre des particularités si singulières et si merveilleuses. Du reste, ces auteurs ne s'accordent sur presqu'aucune des circonstances de la ruine d'Albe, ni sur la manière dont TuUus Hostilius en transporta les habitants à Rome.
Mais Tite-Live a omis des choses bien plus importantes dû règne de Tarquin P"" et qui, si elles sont vraies, le rendent coupable d'une négligence inexcusable. Car, selon Denys d'Halicarnasse^^ ce roi remporta de grandes victoires sur les Toscans; et les douze villes de cette riche province furent obligées de se soumettre à sa domination et de reconnaître leur dépendance en lui envoyant les marques de la souverain' lé, qui consistaient en un siège d'ivoire, un sceptre au bout duquel s'élevait une aigle, etc. Cependant rhistorien latin ne dit pas un mot des avantages que Tarquin remporta sur les Toscans; il ne dit pas seulement qu'il leur ait fait la guerre. Il ne paraît pas naturel qu'il eût passé sous silence un événement si considérable qui soumettait aux Romains une province fort étendue, et des villes riches et puissantes, s'il avait cru que la chose fût bien véritable.
Elle méritait d'autant plus d'être remarquée qu'elle nous donne une idée de la puissance et de l'étendue de ce royaume, bien différente de celle qu'on s'en forme ordinairement. Cependant, ce qui devrait faire croire que Rome était alors