‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 144 sur 227 · Lib. I, in fine · texte numérisé non relu

Lib. I, in fine

celle de deux consuls, ils ne firent que suivre le plan que Servius en avait dressé. Je sais bien que Sigonius prétend' que ce n'est qu'en ce qui concerne les comices des centuries qui devaient leur établissement à Servius, qu.'on suivit ses mémoires, et que cela ne regarde pas la création des consuls. Mais assurément ce savant homme n'avait point fait assez d'attention à ce que Tite-Live avait dit plus haut du dessein qu'avait formé Servius d'établir un gouvernement républicain. Mais M. Grévier a fort bien remarqué la liaison qu'il y a entre ces deux passages.

Tite-Livc et Denys d'Halicarnasse conviennent du moins en ce qu'ils attribuent l'un et l'autre à Servius le dessein d'abdiquer la couronne et de substituer le gouvernement républicain au monarchique. Mais ils diffèrent en ce que l'auteur grec prétend que Servius avait projeté d'établir un gouvernement démocratique; au lieu que, selon Tite-Live, ce gouvernement tenait beaucoup plus de l'aristocratie, quoiqu'il y entrât un peu de démocratie; parce que le peuple donnait ses suffrages pour la création des magistrats, pour l'établissement des lois, etc., mais d'une manière que les nobles, lorsqu'ils étaient unis, prédominaient toujours dans les assemblées générales. Enfin, c'était cette même forme de gouvernement que Brutus , après avoir chassé les rois, proposa, fit approuver et établit à Rome, et qui, dans le fond, ne différait de celui que Servius avait établi de son vivant qu'en ce que l'autorité royale était confiée à deux consuls qui se changeaient tous les ans, au lieu que la dignité royale était à vie; car, du reste, le pouvoir fut d'abord le même.

Toute cette narration est suivie et liée, au lieu que celle de Denys d'Halicarnasse est absolument destituée de vrai-

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