‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 153 sur 227 · In Popiicola, p. 106, C · texte numérisé non relu

In Popiicola, p. 106, C

Rome dès la seconde année après qu*on eut secoué le joug de la domination de Tarquin , sous le second consulat de Valérius Publicola et celui de Titus Lucretius. Denys d'Halicarnasse ne met ce siège qu'en Tannée suivante, sous le troisième consulat de Yalèrius Publicola et le second de M. Horatius. Au lieu de ce dernier, Tite-Live met P. Lucretius comme collègue de Publicola dans son troisième consulat.

Je passe légèrement là-dessus; car si je voulais faire sentir toutes les différences qu'il y a entre ces auteurs , je ne pourrais passer de page entière sans en relever quelqu'une. Il y aurait souvent lieu d'être étonné de voir que Tite-Live passe si légèrement sur quelques événements, ou môme les omet entièrement , pendant que Denys d'Halicarnasse les charge de détails aussi circonstanciés que s'il en eût été le témoin oculaire. Tite-Live a prévenu les reproches qu'on pourrait lui faire à cet égard, en rejetant toute la faute sur le manque d'éclaircissements nécessaires pour démêler la vérité dans ce chaos d'opinions différentes; chacun rapportant les événements à sa manière, sans convenir ni sur le temps, ni sur les circonstances. « Ces temps*, c( dit-il, sont embarrassés de tant de difiScultés, les uns ran- « géant les consulats d'une manière toute différente des (( autres , que dans un si grand éloignement et des évé- Ci nements et des auteurs qui nous les ont transmis, on ne c( peut bien dire ni quels ont été les consuls, ni ce qui est « arrivé chaque année. » Cet historien ne nous cache pas les difiScultés qu'il rencontre, et il nous avertit de l'incertitude de bien jdes événements que Denys d'Haï icarnasse

I. Lib. Il, cap. XXI. — Tanli errores impUcanl tempora, aliter apud alios ordinatis niajrlstralibus ut nec qui concilies, sccunduui quosdaui, iiec (]uid quoqun anno aduni i^it , in larila vuluslato, nun reruin modo, sed cliaui aucloruni ditrcrere posj»is.

rapporte avec autant de confiance que si on n'avait pu y former le moindre doute. Ainsi Tite-Live , sur Tan 280 de Rome *, nous donnant pour consuls de cette année L. iEmilius et Virginius, nous avertit en même temps que quelques Annales nomment Vopiscus Julius au lieu de Virginius ; mais il ne décide pour aucun des deux. Denys d'Halicarnasse ^ donne aussi Vopiscus Julius pour collègue à iEmiiius , mais sans nous avertir qu'il y eût la moindre différence là-dessus dans les histoires.

Il en est de même pour le reste de Tbistoire. Il ne paraît pas que Denys d'Halicarnasse y rencontre la moindre diflSculté , rien qui l'arrête ; au contraire , tout y pa?aît clair et de plain-pied.

Il rapporte, dans un détail fort étendu, bien des choses dont nous ne trouvons rien dans Tite-Live; et les années que celui-ci nous dit n'avoir été marquées par aucun événement digne d'avoir place dans l'histoire, en fournissent à Denys d'Halicarnasse de quoi remplir plusieurs pages. Il est facile de vérifier ce que j'avance, en comparant les narrations de ces deux historiens. Si nous trouvons quelquefois ces deux auteurs d'accord sur un fait, nous les trouverons d'un autre côté contredits par d'autres ; et ce même fait, qui nous paraissait certain sur le témoignage de ces deux historiens, redevient douteux et incertain. Ils conviennent sur le nom du premier dictateur, que l'un et l'autre nomment Titus Lartius , mais ils diffèrent pour l'année. Car Tite-Live ^, qu'Eusèbe, Eutrope et Gassiodore ont suivi, place la première dictature sous l'an de Rome 253 , sous le consulat de Posthumus Cominius et de Titus Lar-

1. Vopiscum Juliiiin in quibusdam pro Virginio Annalibas invenio. Hoc anno (quoscumque consules habuit), etc. Lib. II, cap. Liv.

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