Lib. XUI, ep. lu
5. Félix illa et salubris exemplorum paucitas diligenliam gcriptonim acuit^ etc. Vol. II, p. 470.
litre para 'oie. J'ai dît qu'il n'cxistaît poiiit d'ilnnafes fort anciennes. Mon critique trouve la preuve du contraire dans ce vers de Virgile, où Énée dit à Vénus :
Et vacet Annales nostrorum audire laborum *.
Il dit que Virgile étaitunpoëte trop savant^^rop exact, pour ne pas faire ici allusion à quelque ancien usage; et il a sans doute voulu désigner ici quelque journal exact de ses voyages, qu'Énée portait dans sa poche. Apparemment qu'Énée, se défiant de sa mémoire, avait dressé une relation exacte de la destruction de Troie et de toutes les traverses qu'il avait essuyées dans ses voyages ; et c'est ce que le poëte appelle ici Annales.
Or si, dès le temps d'Énée, les héros ne voyageaient point sans porter avec eux un livre à' Annales , en guise de vade mecum^ il y a bien de l'apparence que ses descendants auront, à son exemple, soigneusement dressé des Annales^ et par conséquent qu'on en dressait cinq siècles plus tard. Voilà une merveilleuse logique, utrc paradoxe. Notre savaut coutinuaut à raisonner sur de si beaux principes, ils le mènent naturellement à conclure que rien n'est plus certain que les temps qui approchent le plus de la fohdation de Rome; et qu'au contraire, plus les événements approchent de nos jours, plus il est facile d'en démontrer l'incertitude. S'il condamne le pyrrhonisme historique, il ne condamne pas le pyrrhonisme en général. Rien, selon lui, de plus juste, de plus légitime, que les doutes qrfe nous