‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 213 sur 227 · Non enim crediderim, Virgilium metri causa scripsisse · texte numérisé non relu

Non enim crediderim, Virgilium metri causa scripsisse

Et vacet Annales nostrorum audire laborum ;

JEn., lib. I, V. 377.

sed in animo habuisse yeros Mneœ Annales non est quod dubitemusi prœsertîm cum poeta sit doctissimus , accùratissimusque , et in omnibus (ère, versibus, antiqui tatis veram imaginem curiosius referre studeat, elc. , p. 4 1 7 ^

formons sur ce qui se passe sous nos yeux. Mais, déporter le pyrrhonisme jusqu'à douter de ce que raconte Fabius Piclor, c'est une profanation, un attentat impardonnable. Enfin il nous assure que , s'il voulait se donner la peine d'entrer dans cette discussion, il lui serait facile de prouver qu'on peut parler avec beaucoup plus de certitude des événements des règnes de Romulus et de Numa que de ceux de notre temps*. C'est grand dommage que notre savant n'ait pas voulu nous communiquer ses idées sur ce sujet, qui ne pouvait qu'être très-intéressant, surtout étant traité par un* aussi habile logicien.

Quoi qu'il en soit, on voit qu'il entre en composition sur u permet dètro le pyrrhonisme. Il nous abandoniie tous les événements qui toire modeme. se passent sous nos yeux; il est môme homme à nous permettre de douter de notre propre existence, pourvu que nous ne doutions pas qu'il n'ait existé un Romulus; pourvu que nous ne formions point de doutes sur l'action de M. Curtius, sur celle de Mucius Scœvola, sur le supplice de Régulus, etc. Ce sont là de ces faits qu'il faut recevoir avec cette soumission due à la vénérable antiquité, et qui doivent être à l'abri de la logique d'un Le Clerc y et du pyrrhonisme d'un La Mothe le Vayer et d'un Bayle.

Voilà quelques échantillons de la logique de mon cen- n est très-fêrine seur. On voit bien qu'il n'y a pas moyen de résister ~p*™^^"»à des arguments si accablants, et qu'il y aurait de la témérité à moi de m'engager dans un combat si inégal. Je crois pourtant avoir lieu de me plaindre de ce qu'il se prévaut un peu trop de la supériorité que son esprit et son érudition •

lui donnent sur moi : ce qui lui fait croire qu'il n'y a point

1. Etenim si utriusque œvî rationes nunc peracrutari, veleraque et pnesenUa contendere, animum induceremus, facile appareret muUo cerUus Romuli aut Nuins qùam plerasque hujus seculi res gestas sciri posse. Vol. 1, p. 66.

de paradoxe, point d'absurdité, qui! ne puisse aisément défendre contre moi, me traite di- Il mo traite, en général, assez cavalièrement; et non content de m'attribuer des défauts communs à tous les Français, comme d'avoir le goût mauvais^ d^ aimer à charger mes marges de citations^ et d'être fort crédule^ on voit encore qu'il me regarde comme un franc ignorant, puisqu'il dit que je ne connais l'histoire romaine que par V Abrégé de Struve. Mais il ne faut pas prendre garde à ces bagatelles. Des savants de ce calibre ne s'amusent pas à peser leurs expressions, lorsqu'ils n*ont affaire qu'à de petits auteurs français.

Il se sert quelquefois d'expressions qui pourraient paraître choquantes à des esprits ombrageux; mais, pour moi, je ne puis m'empêcherdeles rapporter, quand ce ne serait que. pour en régaler ceux qui n'auront pas lu sa critique. Il faut considérer que, zélé comme il l'est pour l'histoire romaine et pour l'antiquité en général, il n'est pas étrange que sa bile s'échauffe quelquefois, et qu'il lui échappe quelques petites expressions pour me qualifier, lesquelles ne paraîtront peut-être pas des plus polies, leii de quelques Par oxcmplo, lorsqu'il dit M c( Que notre censeur s'ap- 'Tvant''*'^*"^* « plaudisse tant qu'il voudra; qu'il se croie bien habile, a j'y consens; mais il n'était pas d'un homme de bien de a venir obscurcir la gloire des anciens par ses chicanes. » Ailleurs, il dit qu'il faut être de la dernière impudence^ pour oser contester la vérité de l'enlèvement des Sabines. Enfin, ceux qui ajoutent foi aux faits les plus incroyables rapportés par les anciens étant des gens pleins de droiture

1. Hifttoriœ igitur romans censor beatus atqùe pulcher sibi videatur, sibique, per me licet, sapiat; laudem duntaxat yeteram scriptomm fais obscarare studiis bonum non addecebat. Vol. I , p. 77.

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