De Orat,f lib. II, cap. xii
^ 2. VIrg., Mneid,, lib. I, v. 377.
Maximos appellarunt. — a Voici la manière dont se dres- « saient les Annales. Le grand pontife faisait faire tous « les ans une table blanchie, au haut de laquelle il mettait c( les^noms des consuls et des autres magistrats de Tannée. « Ensuite, il y marquait chaque jour tout ce qui arrivait de t< remarquable, tant dans la ville qu'à l'armée, ou sur terre (( ou sur mer. Les anciens ont fait une collection de cet ouc( vrage en quatre-vingts livres, quMls ont intitulée Grandes « Annales^ parce qu'elles avaient été rédigées par les grands c< pontifes. » Ajoutons encore le témoignage de Vopiscus * et de Macrobe^, qui témoignent Tun et Tautre que les grands pontifes étaient chargés de recueillir Thistoire de leur temps.
Quelle ressource pour l'histoire, si un pareil ouvrage, commencé dès la fondation de Rome, eût échappé à la fureur des Gaulois ! Quels mémoires plus sûrs aurait-on pu trouver pour en rétablir l'autorité? Ou plutôt l'histoire ne subsistait-elle pas en son entier ? Je ne puis donc croire que Cicéron et Servius veuillent dire qu'un pareil ouvrage, commencé dès les premiers temps de Rome, et continué jusqu'au pontificat de P. Mucius, existât de leur temps. Ils veulent simplement dire que cette coutume avait été observée, sans déterminer jusqu'à quelle époque remontait ce qu'on en avait de leur temps. Il n'y a rien, dans ces deux passages, qui puisse nous déterminer à fixer au juste à quel temps commençait cette ample collection , ou à quel temps elle se terminait. Il est vrai que du premier coup d'oeil on serait porté à juger très-favorablement de l'histoire romaine , laquelle , si une pareille coutume eût été observée