‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 37 sur 227 · Lib. IV, cap. v · texte numérisé non relu

Lib. IV, cap. v

5. Provocalionem ad populiim eUani a regibus fuisse, id ita in Ponliûcalibus libris aliqui pulanl, el Feneslella, Epist, CVIll.

Servius nous décrivent, mais est fort au-dessous de Tidée qu'ils nous en donnent. Il ne sert, au contraire, qu'à confirmer ce que Tite-Live, Clodius et Plutarque nous disent de la perte de l'un, et à prouver la supposition djB l'autre, que les pontifes auront substitué au premier.

IV. Il faut surtout nous tenir en garde contre ceux qui voudraient nous faire croire que, toutes les fois que Cicéron ou quelque autre auteur cite des Annales simplement et sans rien ajouter qui détermine, il faut entendre par là les Annales des Pontifes. Ils ont î^ecours à cette supposition, pour nous persuader que ce qui existait de ces Annales remontait fort au delà de la prise de Rome par les Gaulois, et qu'on les trouve citées sur divers faits antérieurs à cette époque. Mais ils avancent cela sans la moindre preuve, car on sait que tous les premiers historiens ont donné ce titre d'Annales à leurs ouvrages, et que c'était en général sous ce nom qu'on désignait l'histoire. Nous n'avons donc aucune raison de croire que lorsque Cicéron donne pour garants des faits qu'il rapporte* Annalium monumenta, il ait voulu désigner par là les Annales des Pontifes^ plutôt que tant d'autres histoires qui portaient ce môme titre. Au contraire, il est aisé de remarquer que tous les auteurs ont soin, toutes les fois qu'ils le* citent, d'y joindre les épithètes qui les distinguent, Anjiales Maximi ou Pontificum Commentariiy etc. Il faut encore moins s'en rapporter à quelques modernes, qui s'imaginent tjue toutes les fois que les auteurs citent de fort anciennes histoires'^, des livres d'une grande antiquité^ il faut entendre par là \q% Annales des Pontifes^ ou des mémoires d'auteurs contemporains. Je prouverai

\, De Finib,j lib. II, cap. xxi. — De Divinat., lib. l , cap. xvii et xnv, 2. Annales veiustissimit anliquissimiy etc.

ci- dessous qu'il ne faut entendre par là que des ouvrages du sixième siècle de Ronue, et qu'au commencement du huitième siècle de Rome on qualifiait souvent de très-anciens des écrits dont les auteur? n'avaient même fleuri que tout à la fin du sixième siècle. ■

V. Comme tout ce que j'ai dit jusqu'ici tend à prouver qu'on ne peut pas inférer des paroles de Gicéron et de Servius qu'il existât de leur temps en entier un ouvrage tel qu'ils nous décrivent les Annales des Pontifes, j'ajouterai, pour écl^ircir encore- davantage toute cette matière, que nous n'en pouvons pas même conclure que, depuis le premier établissement de cet usage, les pontifes aient eu soin, chaque année, de rédiger p^r écrit ces Annales. Gicé*. ron fait remonter cet usage jusqu'aux premiers temps de Rome, ab irtitiô rerum. Peut-être ne veut-il désigner parlà que lé règne de Numa ^ et encore serait-ce en faire* remonter l'origine assez haut. G'était, gp effet, à ce prince que les Romains attribuaient l'établissement de quantité d'usages qui avaient lieu à Rome. Il n'en faut pas conclure qu'iW eussent de meilleurs mémoires sur ce qui concernait son règne , que sw ceux des autres rois et sur les commencements, de la république. Au contrairog^omme ili? ignoraient entièrement Toçigine de plusieufBpfcitumés, lois et cérémonies religieuses, la seule ressource à laquelle leur ignorance leur permît de recourir était d'en attribuer l'établissement à Numa. G* est Scalig«r qui fait cette remarque ^ Mais enfin, ceux qui voudront que Numa ait été l'auteur de cette coutume, ou même la faire remonter jusqu'à Romulus, pourront encore fortifier leur cause du témoignage de Vopiscus, qui en fait remonter l'origine fort haùt^. Quod post

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