VIII INTRODUCTION
« Si, dans ma Dissertation^ dit-il, je n'ai paru occupé qu'à détruire , ici je veux m'efforcer de fixer nos idées. Les doutes légitimes que j'ai fait naître ne donneront que plus de force aux vérités que peut renfermer l'Histoire romaine, et quoique j'en retranche un grand nombre de faits, je crois qu'elle n'en sera que plus intéressante et plus digne de l'attention des personnes qui aiment à mettre de l'ordre et de la précision dans leurs connaissances. »
Ainsi Beaufort ne se renferme point dans un scepticisme absolu. Il nie ou il affirme, suivant que les faits lui paraissent certains ou erronés. Quand on a lu Beaufêrt , dites-vous , F Histoire romaine ne semble plus quvne ruine. Oui , l'Histoire romaine telle que le bon Rollin la racontait à nos bisaïeuls. Mais l'Histoire vraie, THistoire qui s'appuie sur des documents sérieux, Beaufort en a jeté les premières assises, et c'est en suivant la méthode de ce critique excessif q\ïé les Niebuhr, les Mommsen, et chez nous les Michelet, les Duruy, les Ampère ont élevé des monuments plus ou moins durables, mais qui ne ressemblent en rien aux puériles rapsodies de leurs devanciers. En un mot, sans contester le mérite des érudits qui ont ouvert la voie, depuis Laurent Valla au quinzième siècle , jusqu'à Pouilly au dix-huitième, nous pensons qu'on ne peut refuser