‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 5 sur 227 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

à Beaufort la gloire d'avoir le premier appliqué les règles de la critique aux légendes recueillies par Tite-Live et Denys d'Halicarnasse.

Nous ne pousserons pas Tamour-propre national jusqu'à soutenir que l'auteur de la Dissertation a défriché entièrement le champ des antiquités ro-. maines, et que TAUemagne n a fait que nous renvoyer nos propres Recouvertes, enveloppées et comme obscurcies par les nuages d'une érudition pédantesque. Cette manière d'envisager les rapports intellectuels des Français et des Allemands noua paraît un contre-sens et une injustice. Dieu merci, la France n'a pas besoin de ces apologies intempérantes ni de ces rodomontades patriotiques. La part qu'elle a. prise et qu'elle prend tous les jours au développement de la civilisation européenne, est assez * belle pour qu'on laisse à d'autres Thonneùr de montrer des aptitudes spéciales, et de lui ravir le prix dans telle ou telle branche des connaissances humaines. Aucune race n'a mieux justifié que la nôtre la prétention à l'universalité, mais cette universalité doit être entendue dans le sens d'une merveilleuse promptitude à s'assimiler les idées du dehors, et d'une intuition vive qui devance parfois les résultats de la plus patiente et de la plus laborieuse investigation. C'est là le secret de notre supériorité sur des races mieux douées à certains égards,

X INTHÛDUCTION.

et j'avoue que, satisfait de cet avantage, je n'ambitionne rien au delà*

Telle n*était pas la pensée du regrettable doyen de la Faculté des lettres, M. J •"Victor Leclerc. Ce savant tenait pour suspect tout ce qui nous venait d'outre- Rhin. De là sa sévérité pour les audaces de Niebuhr, et l'ingénieux paradoxe des Journaux chez les Ro-^ mains^ Qxx il s'efforce de rendre aux grandes Annales Taulhenticité queBeaufort, et, après Ini, l'école aile-' niande avaient ébranlée dans la plupart des esprits* On nous pernqiçttra d'invoqner a l'appui de la thèse sceptique quelques réflexions judicieuses et spirituelles de Mr Sainte-Beuve * :

<' Qu*on se demande ce qu'on atteindrait ohe^ nous de vrai et de positif, si Ton essayait de reconstruire quelques vieilles annales contemporaines de Grégoire de Tours, ou les grandes Chroniques de Saint-Denys, que M. Leclerc compare ingénieuse-ment aux Annales des Pontifes, si l'on essayait de leur rendre crédit moyennant quelque ligne en l'air, quelque à pm prè^ échappé à Voltaire ou à Anquetil, On disait les Annales chez les Romains , comme on dit che?; nous les Vieilles Chroniques; on s'en moquitit, on les invoquait sans les avoir lues. Denys d'Hali*^ caroasse, qui s'y appuie, ne paraît pas les avoir directement consultées. On ne peut d'ailleurs rendre

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