‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 6 sur 227 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

compte du momeut ni du coniment de la transformatioa de ce» Annales, d'abord tracées $ur bois ou 8ur pierre, et plus tard rédigées en livres, 11 était naturel et nécessaire que, tôt ou tard , ce changement eût lieu. Car que faire de toute» oes table» de bois ou de marbre, de tous ces albums sur mur, où s'écrivait l'histoire de chaque année, durant le» siècles où il n'y avait pa» d'autre Histoire? Elles étaient fort sommaires, je le crois; mai» elles ne laissaient pas de devoir occuper à la longue une étendue fort respectable, si elles tenaient tout ce qu'on nous a depuis raconté de» premier» siècle». U y eut là de bonne heure de quoi encombrer le vestibule et toute la maison du grand-prêtre. Qui fut donc chargé de rédiger en livres ce qui était d'abord en inscriptions? Quelle garantie de fidélité dan» cette révision? A quelle époque? C'est ee qu'aucun texte n'a permia à M, Leclero de conjeç^ turer. »

M, Leclerç avait parlé de la candeur des récit» consignés dan» le» Annales pontificales. M» Sainte--- Beuve répond : « Il m'est impossible vraiment, en songeant à toutes les fables qu'y affichaient les Pontifes, et qui entraient dans l'intérêt aussi de leur politique, de me figurer de quelle candeur partiou^lière il s'agit, si ce n'est que ces Annales étaient tracée» sur une table blanchie, inalbo. u

XII TRODUCT[ON.

Selon le savant doyen, la Louve de Romulus, les Boucliers de Numa, le Rasoir de l'augure, l'Apparition de Castor et Pollux ne prouvent rien contre la certitude historique des premiers siècles de Rome. Autrement il faudrait douter de l'existence même de César, à cause de l'astre qui parut à sa mort, et de tous les prodiges chantés par Virgile.

Ce raisonnement est moins fondé qu'on ne le suppose. L'époque de César, tout avérée et historique (j'emploie les expressions de M. Sainte-Beuve), ne peut être rapprochée des siècles sam histoire^ où l'on ne fait point un pas sans rencontrer une merveille. Enfin, terminons par ce mot profond d'un critique qu'on ne se lasse pas de citer : « L'érudition positive de M. Leclerc a épuisé les pièces restantes du procès, en a tiré tout le parti possible; si Ton doute encore après cela, c'est que le doute est dans le fond même, et qu'il ne se peut éviter. »

Pour nous, en mettant sous les yeux du public le réquisitoire de Beaufort contre Tite-Live et Denys d'Halicarnasse, nous croyoïis être utile à tous ceux qui ne voient pas dans l'histoire de l'antiquité une simple matière à amplifications ,. mais qui sont curieux de contrôler à l'aide d'une raison sévère les traditions acceptées sans examen à d'autres époques par des esprits moins difficiles à contenter.

Quand les origines politiques et religieuses sont

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