Lib. X11I, cap. u
les affaires d'Ëtat s'écrivaient sur des rouleaux de plomb, au lieu que les particuliers écrivaient leurs Mémoires sur de la toile ou sur de la cire. Postea publica manumenta plumbeis voluminibus ^ mox et privata linteis confici cœpta^ aut ceris. En effet, on ne voit pas que les monu» ments publics se soient jamais écrits sur de la toile. Avant que le plomb fût en usage pour cela, on se servait de planches de chêne à Rome comme à Athènes '; mais dans la suite on se servit de tables de cuivre. C'est ce qui me ferait presque ranger ces Livres de toile entre les Mémoires des familles^ aussi bien que les Mémoires des censeurs^ dont Denys d'Halicarnasse fait mention.
Je rapporte les propres paroles afin qu'on ne confonde) pas les Mémoires avec les Tables des censeurs ^ dont parlent d'autres auteurs. Voici ce que nous trouvons sur ceux-là dans Denys d'Halicarnasse ^ : c( Cela se voit encore par 4eft (( Mémoires qu'on appelle des censeurs^ que les pères c( transmettent aux iils, et ceux-ci de main en maia à leurs « descendants avec autani de soin que des héritages sacrés. <c U y a plusieurs hommes illustres dont les familles ont « été honorées de la dignité de censeur, qui conservent de « pareils Mémoires. »
On voit clairement dans ce passage que ces Mémoires des censeurs n'étaient que des Mémoires particuliers qui se conservaient dans les familles et non dans les archives. Il faut donc prendre garde de ne les pas confondre, sur quelque conformité de nom, avec d'autres pièces dont il est fait mention daffls les auteurs anciens.