Lib. XV, cap. i
5. De veteribu* Græcor. et Romanor . Cyctis, dissertai. X, g ult., p. 678.
DE D’HISTOIRE ROMAINE
toire de tous les roi d’Albe, depuis Énée jusqu’à Romulus; puisque tout ce qu’on en dit n’est fondé sur le témoignage d’aucun auteur, d’aucun monument contemporain , qui seuls peuvent être de bons garants des faits qu’ils appuient. Il doute même que ceux d'Albe aient jamais eu l’usage des lettres. Par la même raison, il rejette tout ce qu’on nous raconte de Romulus, comme n’étant appuyé sur aucun monument contemporain, ni sur le témoignage de quelque auteur qui ail été voisin de ces temps là ; puisque, comme je l’ai démontré, les plus anciens écrivains sur lesquels on puisse fonder la vérité de cette histoire n’ont écrit que plus de cinq siècles après.
Avant Dodwell, le savant géographe Gluvier 1 , non con-. tent de nous faire voir qu’il n’y avait rien de plus douteux que cette fondation de Rome par Romulus, a été encore plus loin et a cru pouvoir prouver qu’Énée n’avait jamais mis le pied en Italie. Bochard a été du même sentiment 2 et l’a appuyé de preuves très-fortes dans une lettre à M. de Segrais, qui fut traduite et publiée en latin par Schelïer. Les raisons par lesquelles Bochard attaquait la venue d’Enée en Italie furent goûtées par la plupart des savants; mais elles ne persuadèrent pas Ryckius, professeur en l’université de Leyde, qui y opposa une savante dissertation qu’il publia avec les notes d’Holsteinius sur Étienne de Byzance. Il a tâché d’y réfuter Bochard et Gluvier; mais comme ceux-ci s’appuyaient du témoignage des auteurs les plus anciens et les plus voisins du siège de Troie, lesquels ne font aucune mention de la venue d’Énée en Italie, Ryckius n’a pu leur opposer que le témoignage d’auteurs beaucoup plus récents et dont, par conséquent, l’autorité a bien moins de poids. Aussi cette dissertation n’a-t-elle pas em-