‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 107 sur 222 · Républ. des lettres, juillet · texte numérisé non relu

Républ. des lettres, juillet

péché depuis un savant Allemand 1 de suivre le sentiment de Cluvier et de Bochard, et de l’appuyer encore de nouvelles preuves.

M. Dacier, dans sa traduction de Plutarque, dans une de ses notes sur la Vie de Romulus, avoue : « qu’il est éton- « nant que la plus illustre ville, du monde et la reine de « l’univers ait une origine si obscure, qu’on n’en sait rien « de certain. » Le savant M. des Vignoles, dont l'exactitude se fait admirer dans tout ce qu’il écrit, nous dit 3 que : « la venue d'Énée en Italie est apparemment une fable; « qu’il en est de même des rois latins qui lui succé- « dérent, sans en excepter Romulus ni la fondation de Rome .« qu’on lui attribue ; que, dans la succession de ces rois, « il n’y a ni uniformité parmi les auteurs qui nous l'ont « donnée, ni preuve certaine chez quelqu’un d’entre eux, « et qu’avant que Rome fût fondée par Romulus, comme « on le prétend, il y avait en Italie une ville de Rome et « même deux. »

Le savant Jacques Gronovius 3 , dans une harangue prononcée publiquement à Leyde, a attaqué aussi par de trèssolides raisons l'histoire de la fondation de Rome. Non content de prouver que ce qu'on dit de la venue d’Énée en Italie et que Romulus était un de ses descendants est trèsincertain, il Soutient même que Romulus n’était pas né en Italie. Fondé sur quelque conformitéde nom, il le fait venir d'Orient, et croit qu’il était Syrien d’origine.

Il serait inutile de s’étendre davantage sur ce sujet. On voit bien qu’il n’y a rien de plus problématique que ce qu'on nous débite sur la fondation de Rome ; que les relations des

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