I. Lib. i , p. co
ï. Dodwell , dinserlat. X.
avertit en aucun endroit ni de l'«>re qu’il suivait, ni de l’époque qu’il assignait à la fondation de Rome. Ce n’est que par la suite de l’histoire que l’on découvre qu'il a suivi l'ère de Caton, aussi bien que Denys d’Halicarnasse. Je crois que Polybe déférait aussi au sentiment de Caton, lorsqu'il dit, avec un air de doute que Denys d’Halicarnasse lui reproche 1 , « qu’il semble que Rome ait été fondée vers la seconde « année de la septième olympiade. » Il ne voulait pas prendre le ton affirmatif sur une- chose qui lui paraissait accompagnée de tant d’incertitude. Mais Denys d'Halicarnasse, qui paraît peu favorable à ce grand historien (en comparaison duquel cependant il ne peut guère passer que pour un habile faiseur de romans), Denys d’Halicarnasse, dis-je, accoutumé à débiter avec une entière confiance les choses les plus incertaines, ose blâmer Polybe d’avoir parlé avec modestie sur ce sujet. Il voudrait qu’il en eût parlé d'un ton aussi assuré que lui : et cependant nous verrons, lorsque nous examinerons plus en détail l’ère de Caton, qu’elle n’est pas mieux fondée que les autres. Je ne sais si Caton avait déjà écrit son Histoire et publié ses recherches sur la chronologie de Rome, lorsque le poète Ennius, son contemporain et son ami, écrivait ses Annales en vers. Ce poète met sept cents ans d’intervalle entre la fondation de Rome et le temps où il vivait 2 ; quoique, selon les calculs ordinaires, il ne devait pas encore y avoir six siècles entiers. Peut-être ne trouva-t-il pas le sentiment de Caton appuyé sur des preuves assez solides pour se croire obligé d’y déférer; et on voit plus d’un siècle de différence entre l'opinion qu’il suivait et celle de Caton. Car il faut remarquer