Septingentei sunt, paulo plus aut minus, anui
Augusto augurio postquam inc lita coudita Horaa’ st.
Varro, De re Rustica , lib. III, princip.
qu’entre quelques auteurs anciens qui assignent une époque fixe à la fondation de Rome, il ne s’agit pas d'une petite différence d'une ou deux années, telle qu’est celle qu’on remarque entre les ères de Caton, de Varron et celle des fastes du Capitole. Ils diffèrent souvent de plus d'un siècle. On peut s'en convaincre en jetant les yeux sur un Mémoire de M. Boivin 1 , où toutes ces opinions se trouvent rassemblées. J’y renvoie mes lecteurs.
II. Entre les difficultés que rencontrèrent les premiers historiens dans la chronologie de Rome, il y en avait une qui ne pouvait manquer d’v mettre beaucoup de confusion : c’est qu’on n’y avait aucune ère fixe d'où l’on comptât les années. On les comptait par consulat; et comme ces consulats n’ont pas toujours été marqués avec exactitude, et qu’on y en a même intrus de faux, on ne pouvait pas faire assez de fond sur les fastes, qui n'avaient été dressés que longtemps après.
Rome ne jouissait pas à cet égard du même avantage que diverses villes d'Italie qui avaient leur ère, laquelle commençait au temps de leur fondation. On pourrait en alléguer quelques exemples, et Scaliger cite un marbre de la ville d’iNTERAMNA 2 où on voit qu’elle comptait les années de l’ère de sa fondation. Fabius Piclor cl les historiens qui sont venus après lui ont suivi la méthode des Grecs, qui était de désigner les années par le nom de leurs magistrats. Cette méthode était sujette à bien des inconvénients, et n’était pas à beaucoup près aussi sûre et aussi commode que l'autre.
III . Il faut observer en troisième lieu que, quand les Romains auraient eu des fastes très-exacts depuis le détrônement de Tarquin le Superbe et l’établissement des consuls, on n’en
1 , Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. III, p. 40.
î, Scaliger, De Emrndat. temp p. 385.
DK L'UISÏOIHE DOMAINE. IÜ7
pourrait pas lixer avec plus de certitude la véritable époque de la fondation de Home, puisqu’il n'y a rien de plus incertain que la durée des règnes des sept prétendus rois, et même que toute leur histoire. Tout ce qu’on débile sur ce sujet est destitué de preuves et n’est fondé sur aucun monument authentique ni contemporain. Censorinle reconnaît ingénument et avoue qu’on ne- peut appuyer d’aucune autorité la durée de deux cent quarante-quatre ans qu’on assignait ordinairement aux règnes de sept rois 1 . C’est une difficulté qui ne se peut lever; et Scaliger convient que ce n’est que pour la commodité du calcul qu’on a adopté le sentiment qui détermine cette durée de deux cent quarantequatre ans, quoique entièrement destitué de preuves. Le célèbre Newton, en voulant assujettir la chronologie à un calcul réglé et mathématique, a cru devoir diminuer de beaucoup la durée de ces sept règnes, et a prouvé que l'histoire ne fournit point d’exemple que les règnes de sept rois aient duré un aussi long espace de temps que celui qu’on assigne aux sept rois de Home. Je n’examine point s'il est fondé dans la nouvelle chronologie de Home qu’il propose. Je me contente de dire qu'on ne l’a peut-être contredit que parce qu’on n’aime pas à voir déranger la chronologie reçue. Mais, quoique l’on refuse de recevoir ses règles sur d'autres faits, elles servent toujours à répandre de nouveaux doutes sur une histoire qui est d’ailleurs accompagnée de tant d’incertitude.
IV. Enfin, la chronologie de Home est-elle bien sûre depuis l’établissement des consuls? J’ai déjà donné à entendre que je ne la regardais pas comme telle, et je crois qu’il serait aisé d’y trouver encore bien des difiicullés.
1. Cum ab urbis primordio a(l repcs exactes annos 244 fados esse, iienio sil auclor. Censorin., De Vie uuiali, cap. XVII.
Premièrement, on ignore si pendant le troisième, le quatrième et même le cinquième siècle, les Romains ont toujours mesuré leur année d'une manière constante et uniforme. On ne sera pas fâché d’entendre là-dessus le savant M. des Vignoles'. « On ne peut marquer au « juste, dit-il, les années dont se sont servis les anciens « Romains, comme on ne peut marquer au juste le temps « où ils ont commencé à intercaler*. Licinius Macer en al- « tribuc l'origine à Romulus 1 2 3 ; Yalerius Antias à Numa Pontet pilius; Junius à Servius Tullius ouà Tarquin l’Ancien 4 ; « Tuditanus et Cassius aux décemvirs, l’an 304 . Enfin Flavius « dit que ce fut sous le consulat de M. Acilius Glabrio, l’an « 362 de la fondation. Macrobe réfute ces deux derniers « sentiments par le témoignage de Varron, quiavait cité une « très-ancienne loi gravée sur une colonne par les consuls « Pinarius et Furius, l’an 282 de Rome, où il était fait « mention du mois intercalaire. Ce n’est qu’après le milieu « du sixième siècle de Rome que l’on trouve dans Tite-Live « quelques endroits d’où nous apprenons que le mois interet calaire précédait le mois de mars, et commençait vers le te 24 de février, jour anniversaire de l’expulsion des rois 5 . «Cela étant, comment réduire les aunées romaines aux te années juliennes? Et quand il y aurait quelque certi- « tude dans ce que les auteurs nous disent du temps de sa « fondation, quand il régnerait là-dessus une parfaite unité formité entre eux, serait-il plus facile de trouver la vérité table époque de sa fondation? Dodwell® est donc parfaile-