‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 111 sur 222 · Macrob., ibidem · texte numérisé non relu

Macrob., ibidem

6. Lib. XXXVII, cap. v; lib. XLI1), cap. il ; lib. XLV, cap. uv. 8. Dissertât. X, § CTJIl, p. C7V.

DE L’HISTOIRE ROMAINE

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« ment bien fondé lorsqu’il reconnaît qu'on ne peut assurer « aucun calcul sur l’espèce d'année qui fut d’abord en usage « à Rome,' puisqu’on ne peut fixer précisément le temps où « s’introduisit l’usage d’intercaler. »

Il faudrait, en second lieu, être bien assuré que les fastes sont sûrs et exacts. Or, on a des preuves bien claires du contraire et par les historiens qui les arrangent souvent d’une manière très-différente, et par les difficultés que nous y rencontrons encore aujourd'hui. Tite-Live se plaint si souvent de leur inexactitude, qu’on ne peut douter, sur son témoignage et sur celui de divers autres, qu’il n’y ait eu beaucoup de consulats intrus et beaucoup d’omis. Sur quoi pouvait-on les arranger et redresser ce qu’ils avaient de défectueux? Il paraît assez qu’on n’avait guères de secours pour y remédier. Dodwell croit 1 que, par le moyen des clous qu’on fichait chaque année dans la muraille du temple de Jupiter Capitolin, on pouvait du moins trouver le nombre des années qui s’étaient écoulées depuis la dédicace de ce temple. Cette dédicace s’était faite sous les premiers consuls, et, en comptant le nombre des clous, on avait celui des années qui s’étaient écoulées depuis la révolution qui avait affranchi Rome de la tyrannie de Tarquin. En comparant ce nombre d’années avec les fastes, on pouvait les corriger sur bien des articles. C’est par cette méthode que Dodwell prétend que Cincius Alimentus, un des premiers historiens, vint à bout de débrouiller la chronologie de Rome, depuis les premiers consuls jusqu'au temps où il écrivait. Si on avait été bien exact à ficher un clou chaque année dans la muraille de ce temple, il est certain qu’on aurait pu, par ce moyen, fixer l'époque du régifuge. Mais Dodwell n’a point fait assez d’attention à ce que dit Tite-Live dans

J . Dissertât. X, gg lxxiv et lxxv.

I GO INCF.HT1TI.HE UES l’HEMIERS SIÈCLES

l’endroit qn'il cite; sans quoi il y aurait vu que ces clous ne pouvaient être d'aucun secours pour la chronologie de Home. Dodwell suppose une chose que Tite-Live ne dit point' : c’est que Cincius Alinientus avait rétabli la chronologie romaine par le moyen de ces clous. Or, Tite-Live se contente de dire que Cincius Alimenlus avait fait beaucoup d'attention à cés sortes de monuments, et avait remarqué que cette coutume de marquer les années par des clous avait été fort en usage dans les anciens temps. Mais il ne dit point que Cincius en ait tiré beaucoup d’avantage pour fixer la chronologie. Au contraire, ce qu'il ajoute dans le même endroit montre évidemment que ces clous ne pouvaient plus être d’aucun secours à cet égard dans le siècle où vivait Cincius. Cet historien nous apprend que cet usage de marquer les années par des clous avait été interrompu fort longtemps, et que ce ne fut que sur la tradition des vieillards qu'on le renouvela : ex seniorum memoria répétition. Or, pour qu'on pût ajuster un calcul juste sur le nombre de ces clous, il aurait du moins fallu avoir aujuste le temps auquel cette coutume avait cessé; mais si, dès la fin du quatrième siècle, il n’y.avaitque les vieillards qui se ressouvinssent que cet usage avait eu lieu, peut-on présumer qu’au milieu du sixième siècle on en ait été mieux instruit?

Il faut môme ajouter qu'après cette interruption dont on ne peut fixer la durée ; après qu’on eut rétabli l’usage de ficher le clou, ce clou ne servit plus à marquer le nombre des années, mais devint une cérémonie religieuse, à laquelle on avait recours dans quelques calamités publiques et pour laquelle on créailsouvenl un dictateur, clavi figendi causa : preuve bien claire qu’on ne pouvait faire aucun fond sur ces clous pour fixer un nombre d’années, et qu’il n’était pas

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