‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 112 sur 222 · I. Lib. Vit, cap. ni · texte numérisé non relu

I. Lib. Vit, cap. ni

DE L'HISTOIRE ROMAINE

possible d’en tirer du secours pour redresser la chronologie. Celle des Romains, depuis ('établissement des consuls, n'est donc guère plus sûre que celle qui est antérieure à celte époque; et puisqu’on ne peut pas fixer avec quelque certitude l’année de cette dernière époque, à plus forte raison sera-t-il impossible d’établir, sur des preuves bien sûres, celle de la fondation de Rome.

Après avoir considéré la chronologie romaine en général et «voir démontré, d’une manière qui me parait évidente, qu’elle ^te peut être juste, puisqu'elle n’est fondée sur aucune preuve solide, je passe à l’examen des deux ères qui, ayant été le plus généralemènt suiuies et qui d’ailleurs ne différant que de deux ans, doivent naturellement paraître les mieux fondées : c’est l’ère de Caton et celle de Varron.

On croit connaître l'ère de Caton par Denys d’Halicarnasse 1 , qui nous apprend qu’il plaçait la fondation de Rome quatre cent trente-deux ans après la prise de Troie. Comme le temps de cette prise est très-incertain, etqu’on lui assigne presque autant d'époques différentes qu’il y a d’auteurs qui en font mention, il n’est guère possible d’asseoir un calcul un peu sûr sur une chronologie si embrouillée. Denys d’Halicarnasse, ayant ajusté la chronologie de Caton à celle d’Ératosthêne, trouve que l’année qu’il assignait à la fondation de Rome concourt avec la première de la VII e olympiade; et comme il met aussi la fondation de Rome sous celte même année, on en conclut qu’il a suivi l’ère de Caton et qu’il n’a fait que l’ajuster à la chronologie grecque. Je suppose donc aussi que si Denys a suivi la chronologie de Caton et que son système est fondé sur les mêmes principes, ils se trouveront également destitués de preuves.

L’un et l’autre posent pour fondement de leur chrono-

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