DES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DU RÈGNE DE ROMULUS
Il n’y a presque aucun événement, aucune particularité du règne de Romulus, que les anciens historiens rapportent d’une manière uniforme. M. de Pouilly, dans sa Dissertation sur l’Incertitude de F histoire romaine 1 , s’est contenté d’indiquer h la marge un assez bon nombre de faits qui se
trouvent rapportés fort diversement pour le fond et pour les , circonstances. Tels sont la mort de fyémus, le triomphe de Romulus, la manière dont Tarpéia fut traitée, la mort de Tatius, celle de Komulus, etc. II suffit de jeter la vue sur ce qu'en racontent les historiens, pour être convaincu que l'incertitude où ils étaient à l’égard de tout ce qui concernait ce règne les obligeait d'avoir recours à tout ce qui se débitait sur ce sujet.
Ils ne s'accordent pas mieux sur d’autres faits auxquels, selon eux, diverses cérémonies religieuses devaient leur établissement, et dont par conséquent la mémoire aurait dù passer sans altération à la postérité : sur l’origine des Lupercales, sur celle de Thalassius, sur celle des Vestal^, sur celle des nonesCâprotines, sur celle des Saturnales, etc., il y a autant de relations différentes que d'auteurs qui en ont écrit. L’examen où je pourrais entrer de ces différents faits me mènerait trop loin et m'engagerait dans des discussions longues et ennuyeuses. Je me contente donc de les indiquer.
Après avoir vu que les Romains avaient adopté et inséré dans leur histoire une fable aussi mal imaginée que l’est celle de la naissance et de l'éducation de Romulus, on ne doit pas trouver étrange que le reste y réponde parfaitement, et que tous les événements du règne de ce prince soient également fabuleux. Tel est l’enlèvement des Sabines, dont le docte Jacques Gronovius a déjà attaqué la vraisemblance 1 par des raisons très-fortes, auxquelles on peut encore en joindre quelques autres.
Si Denys d’Halicarnasse se pique de ne point pécher contre la vraisemblance, ce n’est pas qu’il ail su mettre entre les faits celte liaison nécessaire, laquelle fait que