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senna , ayant perdu toute espérance de pouvoir rétablir Tarquin sur le trône, se borna à demander qu'il fût remis en possession de ses biens patrimoniaux.
Cependant Tarquin, mécontent delà paix qui se trailail entre Porsenna cl les Romains, entreprit pour rompre la négociation d’enlever les otages qu’ils envoyaient à Porsenna. Ce roi en fut si irrité, qu’il ordonna à Tarquin et à M3milius, son gendre, de sortir de son camp dès le jour même. C’est ce que raconte Denys d'Halicarnasse, car Titc-Livc et Plutarque ne disent mot de celte dernière circonstance. Le premier 1 ne dit rien non plus ni du dessein de Tarquin d’enlever les otages, ni que Porsenna ail dès lors abandonné la cause de ce roi fugitif. Au contraire, il veut que Porsenna ail encore insisté sur ce que Tarquin fût compris dans le traité; et môme, l’année suivante, il sollicita encore les Romains de le recevoir.
Les récits de ces historiens, qui doivent avoir puisé dans les mêmes sources, se trouvant si peu uniformes, on voit aisément qu’on n’y peut faire aucun fond. Au contraire, Tacite cl Pline paraissent seuls mériter qu’on ajoute foi à ce qu’ils disent, puisqu’il se trouve confirmé par une pièce originale, un traité fait entre Porsenna elles Romains, autorité à laquelle on ne peut opposer rien de solide. Car enfin, de quelles preuves la narration de ces historiens se trouve- t-elle appuyée, si ce n’est de traditions incertaines, et de Mémoires de familles qui ne méritaient aucune créance? Le peu de conformité qui se trouve entre les narrés de ces auteurs nous fournit des doutes très-légitimes sur leurs histoires; à combien plus forte raison en douteronsnous, lorsque nous les voyons convaincus de faux par un traité original que Pline l’Ancien avait lu et dont il rapporte un des articles?