I. Lib. VII , cap. m
3. Vid. lib. Il, rap. \\i; lib. III. cap. mil; lib. IV, cap. ixill ; lib. VIII, cap. xl.
DE L'HISTOIRE ROMAINE
Annales, ou Histoire, qu'il consulte, et enfin sur les contradictions qu’il ne saurait concilier, nous rendent toute cette histoire extrêmement suspecte. Et, attendu le peu de soin qu'on a eu de transmettre à la postérité la mémoire des événements dans le temps qu'ils arrivaient, nous sommes fondés, en voyant une histoire suivie de quatre siècles, de rejeter le tout, ou du moins la plus grande partie comme forgée à plaisir.
Joignons à cela que, dans la prise de Rome par les Gaulois, les flammes consumèrent, avec tout le reste de la ville, presque tout ce qu'il pouvait y avoir de monuments publics ou particuliers, les annales des pontifes, et tout ce qui pouvait servir à répandre quelque lumière sur ces temps éloignés. C'est encore le même historien qui nous l'apprend. Je rapporte ce passage en entier, quoiqueassez long, parce qu'il sert à confirmer presque tout ce que j’ai dit jusqu'à présent.
Tite-Live, arrivé au temps où Rome, se trouvant délivrée des Gaulois, donne tousses soins à son rétablissement, s'arrête comme pour reprendre haleine et promet à ses lecteurs quelque chose de plus sûr pour les temps suivants. « J'ai . « rapporté, dit-il, dans les cinq livres précédents, tout ce « qui s'est passé depuis la fondation de Rome jusqu'à sa « prise par les Gaulois. Ces événements sont obscurs, non- « seulement à cause de leur antiquité, qui fait qu'ils échap- « pent à la vue par le grand éloignement d'où on les voit, « mais aussi à cause du peu d’usage qu'on avait de l'écri- « ture, qui est cependant le seul moyen de les sauver de l’ou- « bli. Mais outre cela, grande partie de ce qui se conservait c. dans les livres des pontifes, dans h*s archives de l’État, ou « dans les mémoires des particuliers, est péri dans l'incendie « qui a consumé la ville 1 . »
I . Qu;t' ab rondlla urbc Rmna ad captam earndem, quinque libria exposu i. res qiiuin nimia veliutate obscuras, reluit qute rnagno ex inlervallo vix
Dhiis ce passade on voit deux causes de l'obscurité qui couvrait les premiers temps de l'histoire romaine. La première, l'ignorance où le peuple romain était resté pendant quelques siècles, et le peu de soin qu'on avait de conserver la mémoire des événements dans le temps même qu'ils arrivaient. Haræ per eu tempora liltenv. La seconde, que la plupart des monuments, qui pouvaient servir à donner quelque certitude à l'histoire, avaient été consumés dans l'embrasement de cette ville.
Cette dernière circonstance se confirme encore par le témoignage de Plutarque, dont voici les paroles : « L’/i «■certain Clodius, dans un livre qu’il a intitulé -.Abrégé « chronologique, soutient que tous les anciens monuments « furent brûlés lorsque les Gaulois saccagèrent Home, et « que tous ceux qu'on a présentement ont été supposés 1 . » Je rapporterai un peu plus bas la suite de ce passage.
On voit donc ce que dit Tite-Live confirmé expressément par Clodius, qui ajoute même que toutes les pièces qu'on citait comme antérieures à la prise de Rome avaient été supposées. C'est sur l'autorité de Tilc-Live que le même Plutarque, ou l'auteur du traité de la Fortune des Romains, quel qu’il soit, après avoir parlé de plusieurs événements merveilleux de ces premiers temps, et en dernier lieu de la prétendue défaite des Gaulois par Camille, ou plutôt de leur retraite volontaire selon Polvhe, ajoute : « Mais à quoi bon « nous arrêter sur des temps qui n’ont rien tle clair, rien
eernunlur; luin quod cl rarcr per «*a tempora lilteræ fuere, una ruMoiliu fldHi* inemorlæ rerum gcstnruin: ei quoi! , <*tiam#i quæ in Commenlariis ponlificum, aliisque erant morîu mentis, inc en sa urbe, plenrque inlerierc • Lib. VI , cap. i.