‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 172 sur 222 · I . Llvius. lit*. V, cap. xux · texte numérisé non relu

I . Llvius. lit*. V, cap. xux

DE L'HISTOIRE ROMAINE

un marché si ignominieux et pour tirer vengeance de l’état déplorable auquel les Gaulois avaient réduit sa patrie. Pour rendre cette vengeance encore plus éclatante , on nous assure que leur défaite fut si complète, qu'il n'en échappa point un seul Gaulois qui en pût porter la nouvelle dans son pays. C’est de cette manière que Tite-Live rapporte ce grand événement, et il est suivi en cela par tous les historiens romains et par la plupart des historiens grecs.

Cependant Plutarque, qui dans la Vie de Camille 1 suit en ceci Tite-Live, rapporte la chose d’une «lanière bien différente dans son Traité de la Fortune des Romains 2 . Car il y attribue la délivrance des Romains uniquement à leur bonne fortune. C’est sur l'autorité de Polybe qu’il dit que les Gaulois, ayant reçu la nouvelle que les Vénètes avaient fait une invasion dans leur pays qu’ils ravageaient en leur absence, consentirent d’accorder la paix aux Romains et s’en retournèrent chez eux. Je crois que dans ce cas ici l’autorité de Polybe vaut bien celle de Tite-Live; le premier ayant été beaucoup plus voisin de ces temps-là, apportant une exactitude scrupuleuse à vérifier tout ce qu’il écrit, et d'ailleurs n’étant porté par aucun motif à déguiser la vérité. Cet auteur, en deux ou trois endroits de son Histoire , s'exprime avec tant de précision sur les causes de la retraite des Gaulois, qu’on voit bien ou qu’il ignorait absolument la prétendue victoire de Camille, ou qu’il la regardait comme un conte qui ne méritait pas seulement qu’il se donnât la peine de le réfuter.

« Les Gaulois, dit cet historien , étaient alors maîtres de «Rome, excepté du Capitole. Cependant les Romains,

« contre toute espérance, recouvrèrent leur patrie, et li-

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