‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 173 sur 222 · T. Il, p. 325, C · texte numérisé non relu

T. Il, p. 325, C

« rent un traité avec les Gaulois, où ils se soumirent aux « conditions que ceux-ci voulurent leur prescrire *. »

Cet historien se serait-il exprimé ainsi, s’il était vrai que Camille, les armes à la main, leur eût enlevé l'or qu’on était déjà occupé à leur peser? Lui qui écrivait à Rome , sous les yeux des Romains, aurait-il osé passer sous silence . une victoire aussi mémorable, si, de son temps, elle eût été regardée comme bien certaine ? Ne devait-il pas craindre qu’on lui reprochât qu’il supprimait un événement des plus glorieux pour les Romains? Apparemment donc que, de son temps, on n'avait pas encore inventé ce conte, ou que, du moins, on ne l’osait pas encore débiter avec tant de hardiesse.

Ce fut donc volontairement que les Gaulois abandonnèrent Rome ; et bien loin que les Romains les aient inquiétés dans leur retraite, ils leur laissèrent emporter tout le butin qu’ils avaient fait, avec les mille livres d’or au prix desquelles ils avaient racheté leur ville. C’est ce que le même historien nous apprend lorsque, rapportant les différentes guerres qu’il y eut entre les Romains et les Gaulois, il s’exprime de la manière suivante : « Quelque temps après,

« les Gaulois ayant remporté une victoire complète sur « les Romains et sur leurs alliés, et après avoir mis trois « jours à poursuivre les fuyards, ils marchèrent vers Rome,

« qu’ils prirent, excepté le Capitole. Peu après, lesVénètes a ayant fait irruption dans leur pays, cet accident les rap- « pela chez eux, et ils y retournèrent, après avoir fait la « paix avec les Romains et leur avoir rendu leur ville 2 .»

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