‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 192 sur 222 · Diction., article Prættxtati u, rem. B · texte numérisé non relu

Diction., article Prættxtati u, rem. B

DE I/HISTOIBE DOMAINE.

emprunté. « N’est-ce pas une absurdité, dit Polvbe que ce u qu’ils ajoutent, que les sénateurs avaient mené dans le « sénat leurs fils qui avaient au-dessus de douze ans, et «qui, étant instruits du secret des affaires d’Élat, n'en « avaient rien communiqué à leurs parents, quoique tout «cela soit contraire à la vérité et manifestement faux; «à moins qu’on ne veuille que la Fortune, entre autres « choses, n’ait accordé aux Romains d’avoir, dès leur en- « fance, toute la prudence des vieillards? Mais en voilà assez « pour réfuter des écrits tels que ceux de Chéréas et de « Sosile, qui, à mon avis, ne méritent pas le nom d'tiis- « toires, mais plutôt de contes sortis de la boutique d’un « barbier et dignes de la plus vile populace. »

Cesauteurs, que Polybe traite d’une manière si cavalière, étaient, sans doute ceux qui avaient fourni ce conte à Galon le Censeur; et il se trouve enveloppé dans la critique qu’il en fait. En effet, je crois qu’on ne peut disconvenir que Polybe n’ait eu ici en vue ce qu’on débitait de ce Papirius Prætcxtatus, et qu’il n'ait regardé ce conte comme indigne d’avoir place dans ('histoire. Il ne faut pas, cependant, s’imaginer que Caton mérite d'être traité aussi sévèrement que les historiens Chéréas et Sosile, que Polybe traite avec tant de mépris. Ce n’était point dans son Histoire que Caton avait débité ce conte. C’était dans une harangue adressée à des soldats, qui n’y regardent pas

1. nia; S i , xxi riva -poarov, au.* txiv TT.v a7UYV.Tr.TX TC'J auriT vrj XXfuax'.cuai Oxuixaoiov* âua (fi, tcù; oicùî xttî îwJixx xtmv âfiiv, çx«i, tûù; trarîpx; li; tg ouvi^picv* ou:, ixiTi/oora; ti'j. Ji'CcuXio», oùftî t»v xvxvxxi wv GÙtivt irpouaôat ?wv ixcçpr.rhtv o ù t x ) un cSt 1 tuo;, cuti àXr.fli; tari tô 77 x pair*» 0 iiSii' ti jxr„ v., Aià, itjô; roî; aXXct;, r, x : jyr t xx toüto irpoomiixi (‘uu.aioi;, TO ç.pcv«ï» xùto'j; iùScu; ix "jivrr;. II:'.; pi» ou» t« TOiaûra tûv ou-f-jpaixuXTwv, 01 a "Txyit Xatpix; xxi ZùatXo;, oùijèx âv Si'.'. -Xio» Xi-fliv * cù Y*o taropiac, dXXi xouptxxTî xii irxxJiiueu XxXii; , taoi ft Æoxoùai raçu ê'/ti-a xai îù-ixu. 1 ». Poljb., llb. lit, cap. xx, p. 243.

de si près. D’ailleurs on sait que généralement, dans ces sortes de pièces, on ne se pique pas toujours d’une exacte vérité, et il y a bien de l’apparence que Caton cherchait plus à divertir ses auditeurs qu’à les persuader. Ainsi ce conte pouvait très-bien trouver place dans la harangue de Caton, d'où Aulu-Gclle nous avertit qu’il le tire, sans que celte autorité puisse servir à en appuyer la vérité. Je ne crois donc faire aucun tort à la réputation de Caton, en rejetant ce conte sur l’autorité de Polybe qui l’a si solidement réfuté. J’ajoute que le silence de Valèrc Maxime, qui a recueilli un si grand nombre de faits, forme encore un préjugé peu favorable à celui-ci. Il faut qu’il l’ait cru entièrement fabuleux et destitué de toute ombre de vérité, puisqu’il ne lui a point donné place dans son recueil, où l’on en trouve bien d’autres qui ne valent peut-être guère mieux.

III. Ce qu'on nous raconte de la mort de Régulus et des cruels tourments que les Carthaginois lui firent essuyer n’est peut-être pas mieux fondé que le conte que je viens de réfuter. Plusieurs raisons assez fortes me font douter de la vérité de ce fait.

1 . La première est le peu d’uniformité qu’il y a dans les narrations de divers auteurs, sur la nature du supplice qu'on lui fit souffrir après son retour à Carthage. A peine en trouvera-t-on deux qui s'accordent sur les circonstances, de sorte qu’il y a à peu près autant d'opinions différentes sur ce point, que d’auteurs qui en parlent.

Aulu Celle 1 nous a conservé les fragments de deux anciens historiens romains dont les ouvrages ne sont pas parvenus

Page 1